Synthèse de la réalisation des priorités stratégiques

2017, première année du nouveau Contrat d’objectifs et de performance

Le contrat d’objectifs et de performance 2017-2021, signé entre le ministère de la Culture et la BnF, s’inscrit dans la continuité des missions et des valeurs fondatrices de la Bibliothèque. Il veille à adapter les objectifs et les projets de la période aux évolutions de l’établissement et de son environnement ainsi qu’aux transformations des pratiques de ses usagers. Une attention particulière a été portée à sa soutenabilité, notamment au regard des ressources humaines de l’établissement.

Une priorité donnée à la relation aux publics

Le contexte évolutif des usages conduit l’établissement à renforcer son action en direction des publics. La politique des publics inscrite dans le contrat de performance a pour objectif prioritaire de consolider le lien avec ses publics naturels – académiques, scolaires – mais aussi de les diversifier, de diffuser davantage, notamment grâce au numérique, ses collections et ses services. Cette 1ère année de son nouveau contrat de performance a été marquée par des progressions importantes de la fréquentation, à la fois sur place, hors les murs et en ligne, à la fois pour les espaces de lecture et la programmation culturelle et pédagogique, à la fois en nombre de visites et en nombre d’abonnés à ses services.

L’établissement a mis en œuvre le 1er mars une nouvelle tarification, comprenant une simplification des titres et la mise en place d’un Pass lecture/culture illimité à 15€. Le nombre d’abonnements annuels a fortement augmenté : +37% pour la bibliothèque d’étude, +15% pour la bibliothèque de recherche. Cet accroissement concerne les publics traditionnels et les publics non-académiques.

La fréquentation 2017 des expositions a quant à elle dépassé les 230 000 visites. En complément, signalons que la BnF a présenté 14 expositions en partenariat ou hors les murs qui ont accueilli plus de 100 000 personnes. Structurée en nouveaux temps forts – création d’un festival annuel consacré à la lecture, nouveaux cycles de conférences (masterclasses littéraires) –, la programmation culturelle des manifestations a progressé de près de 80%. La médiation envers les publics scolaires (élèves et enseignants) a été adaptée. L’établissement a renouvelé son offre, noué de nouveaux partenariats et accru son action hors les murs, par l’organisation d’événements en région ou par l’intégration de nouveaux modes d’échanges. La fréquentation de l’offre pédagogique a elle aussi fortement augmenté, dépassant l’objectif annuel, après plusieurs années de recul suite aux attentats de 2015 et la mise en place du plan Vigipirate renforcé.

L’audience en ligne de l’établissement n’a enfin jamais été aussi importante, avec un total de plus de 36 millions de visites. Sur les interfaces Gallica, la bibliothèque numérique mettant à disposition plus de 4,3 millions de documents accessibles à distance, le nombre de visites a progressé de plus de 1,7 million. Après avoir connu une baisse d’audience fin 2015 et en 2016, les travaux sur le référencement du site et l’éditorialisation des collections ont permis de s’approcher des 16 millions de visite.

C’est donc sur tous les champs de son offre que la Bibliothèque a renforcé ses liens avec ses publics. Ces résultats qui viennent saluer une démarche volontariste et un fort investissement des équipes soulignent également la pertinence des nouveaux services offerts aux usagers. Signalons à cet égard, du côté du numérique et conformément aux ambitions du contrat, la diversification de l’offre Gallica avec l’intégration de vidéos ainsi que la mise en service de Gallicadabra, application numérique pour les enfants, et du site Gallica studio, destiné à faciliter l’exploitation et la réappropriation du patrimoine numérisé. Ce site présente notamment Gallicarte, projet de géolocalisation des résultats de recherche dans Gallica, qui résulte du prototype développé par l’équipe lauréate du 1er hackathon.

La réouverture au public d’une moitié du site Richelieu après la première phase du chantier de rénovation s’est elle aussi accompagnée du développement de nouveaux services, notamment un service de réservation à distance des documents, déployé progressivement en 2017. La Bibliothèque veille enfin à associer ses usagers à l’évolution de son offre, par des tests et focus groupes, par exemple pour le projet de refonte de son site internet ou par des dispositifs de co-construction : en 2017, un BiblioRemix a rassemblé usagers et professionnels pour réinventer l’aménagement et les services des salles Presse et Audiovisuel de la bibliothèque tous publics, qui sera concrétisé en 2018.

Une attention maintenue à la gestion des collections

Forte des orientations stratégiques de sa charte documentaire et de sa charte de numérisation, la BnF s’est attachée à mettre en œuvre une politique documentaire globale, abordant de manière cohérente les collections physiques et numériques. Une programmation pluriannuelle de numérisation, élaborée en fonction des axes définis dans sa charte et adaptée aux sources de financement pour la numérisation patrimoniale, a été mise en œuvre. Le développement des collections intègre également les documents nés numériques : la Bibliothèque a mis en place une filière d’entrées pour des dons et acquisitions et a poursuivi l’instruction et les tests pour le dépôt légal des documents dématérialisés, enjeu documentaire majeur. Pour la filière Livres, les échanges avec les éditeurs se sont poursuivis afin d’engager un test sur la chaîne d’entrée. Pour la filière Son dématérialisé, les développements pour les dépôts par flux ont démarré en 2017 et un cadre d’échanges avec distributeur et éditeurs a été préparé. Ces travaux préparatoires se prolongent en 2018, dans la perspective de la publication du décret sur le dépôt légal numérique.

Dans le domaine du signalement, la mise en œuvre de la transition bibliographique1 s’est poursuivie et le projet de refonte informatique de l’outil de production du catalogue a été lancé. La réalisation de la nouvelle application et l’élaboration du Fichier national des entités sont prévues en plusieurs étapes, sur une durée globale de 4 ans. Les développements informatiques du futur outil de production, correction et dérivation des métadonnées de la BnF ont débuté fin 2017.

La conservation des collections, physiques et numériques, est un des enjeux majeurs du contrat. Les magasins de conservation sont dans une situation de quasi-saturation et l’établissement instruit et met en œuvre des solutions d’extension de ses réserves à court et plus long terme. Depuis plusieurs années, un plan de densification des espaces existants et de location d’espaces supplémentaires a permis d’éviter une saturation rapide. Depuis 2014, l’établissement a également entrepris de mettre en réserve dans son fonds de roulement des crédits pour un chantier d’envergure d’extension de ses capacités de stockage. Objectif prioritaire du contrat de performance, la Bibliothèque travaille à définir un schéma global d’implantation et de gestion des collections intégré à la stratégie immobilière à long terme de l’établissement. La structure de pilotage de projet a été mise en place en 2017 et le projet a été divisé en deux temps : d’une part, la formalisation de la stratégie de délocalisation des collections dans un nouveau bâtiment situé à Bussy, tout en envisageant des solutions de site tampon dans l’intervalle ; d’autre part, l’inscription de cette réflexion dans la réalisation plus globale d’un schéma directeur immobilier à horizon 2030.

Signalons enfin que l’année 2017 a été marquée par la réalisation des priorités définies dans le contrat d’objectifs et de performance pour le traitement des collections : maintien d’une activité importante en conservation curative et préventive, perfectionnement du plan d’urgence et développement de la numérisation de la presse et des documents hors d’usage. Le nombre de documents traités dépasse de 12% les objectifs initiaux.

[1] Passage progressif de normes fondées sur l’ISBD (International standard bibliographic description) vers un code de catalogage RDA-FR placé sous l’égide de RDA

L’accent sur la coopération et la valorisation scientifique

Troisième axe stratégique de développement, la BnF a conduit en 2017 un grand nombre d’actions de coopération, à l’échelle nationale et internationale, qui favorisent le partage de ses expertises, la mutualisation de ses infrastructures et la coproduction de contenus.

Les actions de la Bibliothèque se déploient dans les territoires. La coopération est documentaire, à travers le Catalogue collectif de France, la numérisation des fonds locaux, les archives de l’internet. Elle est également culturelle et pédagogique. Des journées de formation en éducation artistique et culturelle ont été organisées à Rouen, Bordeaux, Abbeville, Tours et La Rochelle. La BnF a également entamé un cycle de présentations d’œuvres, « Dans les collections de la BnF », afin de faire découvrir et de partager ses richesses patrimoniales, choisies en fonction de leur valeur emblématique mais aussi pour les liens avec les collections locales ou la thématique d’un festival. Ainsi, en 2017, ce sont les oiseaux d’Audubon qui ont été présentés au château de Fontainebleau, à l’occasion du Festival de l’histoire de l’art, des estampes de Mantegna au musée des Beaux-Arts de Tours ou encore une carte d’Afrique du XVIIIe siècle, de grand format, à Saint Dié, lors du Festival de géographie.

L’offre collective Gallica s’est également développée en 2017. La bibliothèque numérique offre désormais l’accès à des collections de plus de 380 partenaires, nationaux ou internationaux. Deux nouveaux sites de Gallica marque blanche ont été mis en service. L’ouverture de la marque blanche Bibliothèque francophone numérique du Réseau Francophone Numérique (RFN) illustre l’action internationale de la BnF en faveur de la protection du patrimoine et de la reconstitution de patrimoines dispersés, de même que la création des premiers portails Patrimoines partagés : France-Pologne et Bibliothèque d’Orient.

Enfin, signalons les transferts de métadonnées avec les éditeurs déclarant les livres entrant par dépôt légal, qui se sont encore accrus, avec la possibilité pour les éditeurs de recevoir par flux des identifiants pour les auteurs. Grâce à la collaboration des éditeurs et des organismes agréés, les services de la plateforme PLATON, qui permet l’accès à la lecture aux personnes en situation de handicap, ont été élargis pour couvrir d’autres types de handicap. Les manuels scolaires sont concernés depuis mars 2017 par le dispositif, les éditeurs devant les déposer systématiquement dès parution, sans demande préalable des organismes ; 327 manuels scolaires ont ainsi été déposés.

Une préoccupation permanente des équilibres humains et financiers

Sur le plan organisationnel, quatrième axe stratégique, l’établissement conduit notamment deux chantiers d’envergure : une mission interne de préfiguration devant aboutir à la création, en 2018, d’une direction des publics chargée de définir et piloter la politique des publics ; une mission externe de réorganisation de la fonction « ressources humaines » et d’accompagnement au changement. Le nouvel organigramme devrait être opérationnel courant 2018. L’établissement a bénéficié de la stabilité de ses effectifs, condition de la mise en œuvre de son contrat d’objectifs et de performance.

Sur le plan budgétaire, la BnF a poursuivi la maîtrise de ses dépenses de fonctionnement et a amélioré le taux de consommation des budgets d’investissement. L’année 2017 affiche un bon niveau de réalisation des mécénats, partenariats et dons. Les campagnes de prospection sont notamment orientées vers la rénovation des espaces patrimoniaux du site Richelieu.

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