Synthèse de la réalisation des priorités stratégiques

Le deuxième contrat de performance de la Bibliothèque nationale de France, signé le 22 mai 2014 par la ministre de la Culture et de la Communication et le président de la BnF, mettait l'accent sur les valeurs de confiance, de partage et d'innovation qui guident la Bibliothèque dans l'exercice de ses missions. L'année 2016 a marqué l'aboutissement de ce contrat, en même temps qu'elle a permis d'engager la préparation d'un nouveau contrat d'objectifs et de performance pour la période 2017-2021. Il s'agit donc d'une année de transition, qui a vu la réalisation d'engagements importants du contrat 2014-2016, et la mobilisation de plus de 200 collaborateurs de la Bibliothèque dans un travail collectif précis, attentif à la faisabilité humaine et à la soutenabilité budgétaire des engagements nouveaux que prend l'établissement.

Les trois grandes priorités stratégiques de la Bibliothèque pour la période 2014-2016 désignaient l'accès aux collections nationales, le partage de ses richesses et de ses savoir-faire et l'optimisation de ses ressources au service de ses missions fondamentales. C'est à ce titre avec une continuité de principe, mais des ajustements stratégiques, que la conception du prochain contrat de performance a été menée et que le document a été adopté lors du premier conseil d'administration de l'année 2017.

Premier des engagements stratégiques du contrat 2014-2016, et étape essentielle dans la vie de l'établissement, l'aboutissement de la première phase du chantier de rénovation du site Richelieu et sa réouverture au public ont marqué l'année 2016. Renommé « Richelieu - bibliothèques, musée, galeries », afin de mettre en avant la diversité des propositions qui y sont faites sur le plan scientifique et culturel, réunissant dans un même lieu la bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, celle de l'École nationale des Chartes et la BnF en une part importante de ses départements, le site rénové a pour ambition d'être un pôle d'excellence scientifique consacré à l'histoire des arts et au patrimoine, d'élargir et de moderniser ses services aux lecteurs, d'être ouvert au plus grand nombre grâce à une offre documentaire et culturelle repensée, et d'affirmer sa dimension muséale au cœur de Paris. Le projet scientifique et culturel conçu par la BnF pour le site a été actualisé en 2016 pour faire écho à ce nouvel ensemble. C'est aussi une mise à niveau des services offerts aux lecteurs, notamment sur le plan numérique, que cette réouverture a permis d'assurer.

Plus largement, l’année 2016 a vu la Bibliothèque poursuivre ses efforts de modernisation des services aux lecteurs : déploiement du wi-fi, promotion de ses offres et services, simplification de ses conditions d’accès (avec une réforme importante de sa politique tarifaire, anticipant sur les orientations fixées dans le contrat de performance pour 2017-2021). Les premiers éléments constitutifs d’une nouvelle politique culturelle ont également connu une formalisation : c’est ainsi, par exemple, que la BnF a organisé un premier hackathon, permettant à des utilisateurs de concevoir des services innovants de consultation ou de réutilisation, de développer des outils à partir de ses collections, et instituant une relation nouvelle avec un public jusque-là peu habitué de la bibliothèque.

Le numérique continue par ailleurs de constituer un axe stratégique majeur pour la BnF. Il s'agit d'intégrer pleinement le numérique dans le patrimoine national et d'en assurer durablement l'accès aux publics. Cette stratégie s'inscrit bien sûr dans les choix faits en matière de numérisation. En matière de constitution et de mise à disposition des collections numériques, se sont ainsi poursuivis au cours de l'année les programmes de numérisation des imprimés, de la presse et des documents spécialisés ainsi que les projets conduits avec des opérateurs privés par BnF-Partenariats. Plus de 27 millions d'images numérisées ont été produites, en forte progression par rapport aux années précédentes, l'année 2016 étant la première année pleine du marché de masse des imprimés, hors période de lancement. La bibliothèque numérique Gallica, avec 4 millions de documents consultables à distance, issus des collections de la BnF ou de ses 346 partenaires (plus de 500 000 documents) constitue un outil majeur de visibilité et de diffusion du patrimoine national.

2016 a par ailleurs permis de finaliser la charte de numérisation et de définir, dans ce cadre, la programmation pour 2017-2021. Ensembles exceptionnels pour lesquels une numérisation exhaustive est envisagée à l'échéance 2021 ; supports pour lesquels l'état de conservation (hors d'usage, microformes, presse) nécessite un effort de numérisation accru pour les rendre disponibles aux publics ; et ensembles plus vastes (livres, revues, images…) pour lesquels la Bibliothèque se donne pour objectif d'atteindre la complétude de corpus définis en leur sein (grands textes et grands auteurs ; ensembles disciplinaires cohérents…) ou qui font l'objet de demandes particulières, notamment de communautés scientifiques : tels sont les trois grands axes prioritaires de numérisation, marquant une évolution après une décennie consacrée prioritairement à la numérisation de masse des ouvrages imprimés.

Mais la stratégie numérique a également permis en 2016, au-delà de la seule question de la numérisation des collections, de mettre l'accent sur la nécessaire articulation entre les collections numériques et les collections physiques, pour en affirmer et en construire la cohérence. La BnF a dans cette perspective mis en place en 2016 un dispositif pour faciliter l'entrée dans ses collections – par dépôt légal, acquisitions et dons – des documents nés numériques. À ce titre, les travaux de conception des filières de collecte, de stockage et de communication aux lecteurs des documents numériques, qu'il s'agisse des livres numériques relevant du dépôt légal comme des acquisitions et dons de documents nés numériques, ont connu des avancées importantes. Les premiers tests ont été réalisés en 2016, permettant de vérifier la validité de la chaîne d'entrée pour le dépôt légal. Le démarrage opérationnel est en attente des textes juridiques d'application, en cours d'élaboration au ministère de la Culture et de la Communication. L'instruction concernant les dispositifs techniques pour le son dématérialisé a également démarré. Enfin, plusieurs documents sont entrés dans les collections grâce à la mise en production de la filière d'entrée Acquisitions et Dons de Documents Numériques. Une étape importante a donc été franchie pour assurer le développement d'une vision unifiée et plus complète de la constitution des collections nationales.

Enfin, la stratégie numérique vise également à conforter le travail bibliothéconomique de la BnF, axe stratégique déterminant pour la visibilité et la communication des collections tant physiques que numériques. La Bibliothèque a ainsi fait évoluer sa production bibliographique pour mieux répondre aux usages du web. En 2016, de nouvelles versions de son Catalogue général, du Catalogue archives et manuscrits et du Catalogue collectif de France ont été développées, simplifiant l'accès aux collections en s'intégrant aux usages de recherche sur le web. Le site data.bnf.fr continue de s'accroître et a dépassé en 2016 les 4 millions de visites. Cette adaptation se traduit aussi par la poursuite de la récupération des données des éditeurs par les déclarations de dépôt légal, par la dérivation de notices bibliographiques pour les ouvrages étrangers acquis et par le processus d'évolution des normes au sein du groupe de normalisation « transition bibliographique ».

Parallèlement, la BnF a poursuivi ses activités traditionnelles et les axes engagés depuis 2014. On relèvera ainsi le caractère exceptionnel de l'année 2016 en matière d'acquisitions patrimoniales majeures, avec notamment l'acquisition de plusieurs Trésors nationaux ou œuvres d'intérêt patrimonial majeur : le Bréviaire de Saint-Louis de Poissy, les archives d'Édouard Glissant, le Trésor de Cuts, un manuscrit exceptionnel des Troyens de Berlioz. Les partenariats, nationaux et internationaux, se sont également poursuivis, traduisant la politique ambitieuse développée par la BnF au titre de la coopération. Au titre de la coopération nationale, on notera le déploiement de l'accès aux archives du dépôt légal du web dans 11 bibliothèques de dépôt légal imprimeur en régions, illustration du fort accent numérique donné à la politique de coopération de la BnF.

Ces différentes actions, comme l'amplification des formes de médiation scientifique, pédagogique et culturelle, traduisant la volonté résolue d'ouverture de la Bibliothèque à un public toujours plus large, au service de l'accès au savoir et à la culture, ont trouvé dans les résultats de fréquentation obtenus en 2016 les premiers signes d'un impact positif. L'année 2016 affiche en effet un bilan plutôt favorable pour la fréquentation de la Bibliothèque. La fréquentation physique, sur tous les sites de la BnF, incluant la fréquentation des salles de lecture, des expositions, des manifestations, de l'offre pédagogique et des visites, est en progression par rapport à 2015 et s'élève à environ 1 150 000 visiteurs accueillis. Cette progression correspond à une amélioration de la fréquentation de la programmation culturelle, tandis que la fréquentation des espaces de lecture a été maintenue à un niveau stable par rapport à 2015 malgré une fermeture de 3 jours en raison de la crue de la Seine et la fermeture pendant un trimestre du site Richelieu pour réaliser les transferts de collections liés à l'avancement des travaux. Parallèlement, plus de 14 millions de visites ont été comptabilisées en 2016 pour la bibliothèque numérique et l'enquête réalisée sur les utilisateurs de Gallica a conclu à un taux de satisfaction de 95%, remarquable dans le domaine numérique.

L'ensemble de ces développements s'est fait dans le contexte de ressources sensiblement stables.

L'année 2016 affiche un bon niveau de réalisation des mécénats, partenariats et dons, qui s'élèvent à plus de 5,3 M€. L'objectif d'améliorer sur le triennal 2014/2016 le montant de mécénats levés au cours du triennal 2011/2013 a été largement dépassé. Ces recettes ont permis de financer des acquisitions patrimoniales, des projets de numérisation et de valorisation culturelle et permettent également d'assurer des chantiers de rénovation. En 2016, la BnF a ainsi initié sa 4e souscription publique pour la rénovation de la salle Ovale, à Richelieu. L'objectif a été fixé à 500 000 €. Les recettes commerciales enregistrent également des résultats en progression, en particulier les éditions, et ce pour la 3e année consécutive, ainsi que la reproduction des collections grâce à l'important chantier de modernisation des offres et services conduit ces dernières années au département de la Reproduction. Les efforts de maîtrise des dépenses de fonctionnement courant continuent de leur côté de porter leurs fruits, en particulier à la faveur de la mutualisation des contrats de maintenance des différents sites. Ainsi, le montant des dépenses 2016 de maintenance des sites et des équipements, de maintenance informatique et d'infogérance, de logistique et d'exploitation (hors fluides) s'inscrit en diminution par rapport aux dépenses moyennes 2011/2013.

Enfin, il faut relever que, en vue de l'application de la GBCP, la BnF a conduit une importante réorganisation de ses fonctions budgétaires et financières et que le travail de certification des comptes a été conduit : les commissaires aux comptes ont certifié sans réserve les comptes 2015, et sans réserve et sans observation les comptes 2016, ce qui témoigne d'une régularité et d'une sincérité très avancées.