Les acquisitions, les dons et les échanges

La BnF conduit une politique active d’acquisition et d’enrichissement de ses fonds par des dons, legs et mécénats. Dans sa politique d’acquisition, on distingue les acquisitions courantes et les acquisitions patrimoniales, toutes deux réalisées sur la base d’une Charte documentaire d’enrichissement des collections, actualisée en 2015.

Rapport annexé sur les acquisitions patrimoniales remarquables

Vie de saint François d'Assise, seconde version par Thomas de Celano, années 1230.
Rare manuscrit franciscain. BnF | Département des Manuscrits
Les Mystères d’Isis : projet de décor par Charles Percier
Gallica / BnF – bibliothèque-musée de l’Opéra

Les ressources papier

53 491 monographies sous format papier sont entrées dans les collections en 2016 par achat, don ou échange. Alors que le nombre d’entrées de monographies avait connu une légère progression en 2015 (1,6%) pour la première fois depuis plusieurs années, il est à nouveau en baisse en 2016 (-12,2%).

S’agissant des seuls achats, 24% des monographies reçues en 2016 ont été mises à disposition en libre accès en Haut-de-jardin, 13% en libre accès en Rez-de-jardin, 54% ont été orientées vers les magasins de stockage du site François-Mitterrand et 9% vers les autres sites. L’essentiel des dons est orienté vers les magasins du site François-Mitterrand (49%) et vers les autres sites (45%). La progression des dons au bénéfice des départements spécialisés constatée en 2015 qui était une conséquence de la réforme du dépôt légal – la fin de la redistribution dont bénéficiaient jusqu’alors ces départements les avait incités à accepter plus de dons – ne s’est pas maintenue en 2016. La BnF pratique des échanges avec environ 250 bibliothèques partenaires, situés dans une soixantaine de pays, surtout en Europe centrale et orientale. En 2016, la reprise d'échanges en Europe occidentale s'est poursuivie (Bibliothèque du Vatican, Université de Salamanque, établissements d'Allemagne, Espagne ou Italie). Le nombre de monographies (incluant les publications officielles) entrées dans les collections par ce biais a augmenté passant de 1 434 ouvrages en 2015 à 1 937 en 2016. Le nombre de titres de périodiques reste stable.

Afin de garantir la fraîcheur et l’attractivité des collections proposées en libre accès, des opérations de désherbage sont conduites : en 2016, les volumes concernés sont quasiment équivalents à 2015. Les baisses qui avaient marqué l’année 2015 par rapport aux années 2014 et plus encore à 2012 et 2013 – années marquées par d’importants mouvements en lien avec la rénovation du Haut-de-jardin – se stabilisent. Ainsi 13 002 volumes de monographies ont été retirés du Haut-de-jardin en 2016 et 3 839 du libre accès du Rez-de-jardin. Sur ce total, 63% des volumes retirés ont été mis au pilon, 4,5% ont fait l’objet de dons et 32,5% ont fait l’objet de réorientations.

Monographies entrées par achats, dons, échanges

En 2016, 8 076 titres de périodiques au format papier sont entrés dans les collections, contre 8 426 en 2015. Cette baisse régulière depuis 2009 s’explique par le choix de basculer une partie des abonnements papier vers leur version numérique. La plus grande part des abonnements payants reçus en 2016 a été orientée vers les magasins de stockage du site François-Mitterrand (47% des titres), la part des titres mis à disposition en libre accès en Haut-de-jardin et en Rez-de-jardin étant sensiblement équivalente (respectivement 21 et 18%), le reste des titres étant orientés vers les autres sites (14% comme en 2015).

Périodiques entrés par achats, dons, échanges

Les ressources numériques

Engagée en 2009, la politique d’acquisitions d’ouvrages numériques (acquisition de fichiers ou accès pérenne) se poursuit et se diversifie. L’année 2016 a permis de consolider la prise en compte des besoins de la BnF dans un nombre croissant de négociations menées par le consortium Couperin qu’elle a rejoint en 2013. Un ajustement de la répartition disciplinaire de l’offre de ressources électroniques a été opéré par désabonnements à certaines ressources et souscription d’abonnements à de nouvelles bases de données. L’intégration de plus en plus marquée dans les négociations menées dans le cadre du consortium Couperin permet de bénéficier de conditions tarifaires stabilisées sur le moyen terme et d’une amélioration des services associés parmi lesquels l’accès distant. En 2016, quatre bases de données ont été souscrites sur la base des négociations Couperin : Cyberlibris, Jstor, Elnet, Bibliothèque numérique ENI.

L’offre numérique continue de croître et compte fin 2016 plus de 240 000 documents électroniques (contre 230 000 fin 2015) : 160 000 livres électroniques dont plus de 100 000 accessibles à distance ; 80 000 revues en ligne dont la moitié accessible à distance ; et plus de 200 bases de données dont une centaine accessibles à distance. Ces bases de données recouvrent des modèles très diversifiés : abonnements annuels, ressources achetées en archives électroniques, bases de données acquises en licence nationale, bases gratuites suite à des accords de partenariat ou encore ressources gratuites sélectionnées pour leur pertinence documentaire :

  • abonnements annuels à des bases de données de périodiques et livres, ou abonnements en « pay-per-view » pour certains titres fondamentaux en sciences et techniques mais avec un faible taux de consultation. Le modèle de « Pay-per-view » est très minoritaire dans les abonnements (6%). En 2016, 8 nouvelles de bases de données ont été souscrites : Anthropology online,Arretsurimage.net, Artstor,Bibliothèque numérique intégrale des éditions ENI,Cyberlibris (collections Eco-gestion, Sciences et SHS),Elnet, Médiapart, Patrologia Orientalis database. Le périmètre d’abonnement de la base JSTOR a été étendu. La bibliothèque numérique des Nations Unies, qui est accessible gratuitement car la BnF est bibliothèque dépositaire, a également été ajoutée aux collections. Ces choix documentaires ont été motivés par des critères de complémentarité des collections à la fois numériques et imprimées de la BnF, de qualité des contenus éditoriaux, et de contenus en texte intégral. En 2016, quatre titres ont été supprimés car ils étaient trop peu utilisés et également présents dans d’autres bibliothèques de référence en Île-de-France ou car d’autres bases pouvaient les remplacer de manière pertinente.
  • achats d’archives numériques : en 2016, la BnF a acquis les 10 collections de la base Early European Books, base de données patrimoniale européenne du XVe au XVIIe siècle.
  • achats de livres numériques au titre à titre : 1 313 ebooks ont été acquis en accès pérenne en 2016, chiffre en forte croissance par rapport à 2015, et le plus important depuis 2012. Pratiquée jusqu’en 2015, la politique d’achat des ebooks par bouquet a été abandonnée en 2016 au profit d’une politique plus sélective d’achat au titre à titre. Cette décision a été prise dans le cadre de l’actualisation de la charte documentaire, et en particulier des orientations arrêtées pour le domaine des sciences et techniques. L’année 2015 a été une année de transition dans ce changement d’orientation.
  • abonnements à des bouquets de livres numériques ; en complément des achats d’accès pérennes à des livres numériques destinés à un public de chercheurs, la BnF a souscrit des abonnements à des plateformes de livres numériques destinés à des publics prioritairement universitaires (Cyberlibris), ou à un plus large public dans un domaine spécifique (Bibliothèque numérique ENI en informatique).
  • abonnements au titre à titre à des périodiques électroniques, couplés avec les abonnements papier ou, de plus en plus, souscrits seuls : 1 597 abonnements électroniques ont été souscrits en 2016.
  • accès à des contenus négociés en licence nationale dans le cadre du projet ISTEX : 8 109 périodiques électroniques et 11 544 livres électroniques sont accessibles dans ce cadre en 2016.

Les documents spécialisés et audiovisuels

En 2016, le nombre de documents audiovisuels acquis à titre onéreux représente un total de 3 395, soit une baisse de 26% par rapport à 2015. Les achats reposent principalement sur le département de l’Audiovisuel. Toutefois des achats de phonogrammes et vidéogrammes en petit nombre sont également réalisés par le département des Arts du spectacle et la Maison Jean-Vilar, ainsi que des cédéroms par le Centre national de la littérature pour la jeunesse. Les entrées par dons sont fluctuantes d’une année sur l’autre. Elles connaissent une hausse très importante en 2016 notamment pour les phonogrammes (108%) et les vidéogrammes (13%).

Les entrées des autres documents spécialisés (affiches, estampes, manuscrits, etc.) par achat, don et échange sont détaillées dans le tableau annexé.

Documents spécialisés entrés par achats, donc et autres modes d’entrées.

Les Troyens d’Hector Berlioz, acquisition et concert exceptionnel

Concert – Les Troyens de Berlioz dans la salle Labrouste à Richelieu © David Paul Carr / BnF