Les acquisitions, les dons et les échanges

La BnF conduit une politique active d’acquisition et d’enrichissement de ses fonds par des dons, legs et mécénats. Dans sa politique d’acquisition, on distingue les acquisitions courantes et les acquisitions patrimoniales, toutes deux réalisées sur la base d’une Charte documentaire d’enrichissement des collections actualisée en 2015.

Rapport annexé sur les acquisitions patrimoniales remarquables

Vie de saint François d'Assise, seconde version par Thomas de Celano, années 1230.
Rare manuscrit franciscain. BnF | Département des Manuscrits
Présentation du don Schiller, salle Emilie du Châtelet, site Richelieu
© Guillaume Murat / BnF

Les ressources papier

50 727 monographies au format papier sont entrées dans les collections en 2017 par achat, don ou échange (-5%). Cette baisse est principalement liée à une diminution des dons reçus et acceptés (6 464 en 2017, soit -19% par rapport à 2016). Si les échanges (1 673 reçus en 2017) paraissent en baisse par rapport à 2016, ils progressent de 8% par rapport à la moyenne 2014-2016. La BnF pratique des échanges avec environ 250 bibliothèques partenaires, situées dans une soixantaine de pays, surtout en Europe centrale et orientale. Alors que le budget consacré aux échanges internationaux est le même qu’en 2016, la baisse importante du volume d’échanges de monographies à Tolbiac (-14%) peut trouver plusieurs explications avec des partenariats s’arrêtant et de nouveaux qui ne compensent pas forcément les volumétries.

Les acquisitions constituent, après le dépôt légal, le principal mode d’entrée de monographies imprimées. En 2017, 42 590 livres ont été acquis, en légère baisse (-2%). L’évolution est liée à un changement de support car, dans le même temps, les acquisitions de livres numériques acquis à l’unité ont augmenté. En associant imprimés et numériques, le niveau d’acquisition est stable : 44 845 en 2016, 44 887 en 2017. S’agissant des seuls achats sur support, près de 30% des monographies reçues en 2017 sur le site François-Mitterrand sont mises à disposition en Haut-de-jardin, 14% en libre accès en Rez-de-jardin, 56% ont été orientées vers les magasins du site François-Mitterrand. Les autres sites représentent près de 12% des achats de livres imprimés.

Le désherbage des collections en libre-accès est régulièrement mené afin d’en garantir la fraîcheur et l’attractivité. En 2017, les volumes concernés sont en baisse de 16% : 9 262 monographies ont été retirées du Haut-de-jardin et 3 811 du Rez-de-jardin. Sur ce total, 66% des volumes retirés ont été mis au pilon, 2% ont fait l’objet de dons et 31% ont fait l’objet de réorientations vers les magasins.

Monographies entrées par achats, dons, échanges

Les périodiques

En 2017, 7 432 titres de périodiques imprimés sont entrés dans les collections par achat, don ou échange (8 076 en 2016). Cette baisse régulière depuis 2009 s’explique par le choix de basculer des abonnements papier vers le numérique. La plus grande part des abonnements payants reçus en 2017 a été orientée vers le site François-Mitterrand (85%), en majorité vers les magasins. La part mise à disposition en libre accès en Haut-de-jardin et en Rez-de-jardin est sensiblement équivalente.

Périodiques entrés par achats, dons, échanges

Les ressources numériques

L’offre de ressources électroniques croît. Elle se compose fin 2017 de 240 bases de données génériques et de près de 280 000 livres et périodiques, à la fois par abonnements aux bases de données, par acquisitions pérennes titre à titre, par archives acquises, par licences nationales et par l’intégration de titres gratuits. Cette offre couvre un large spectre disciplinaire avec une forte dominante scientifique et technique, notamment pour les livres et les périodiques, reflétant en cela les évolutions de l'édition. En ce qui concerne les bases de données, le droit, l’économie et la politique représentent 50% du budget 2017 suivis des ressources pluridisciplinaires (22%).

L’intégration, depuis 2013, dans le consortium Couperin permet de bénéficier de conditions tarifaires stabilisées et d’une amélioration des services associés, parmi lesquels l’accès distant. En 2017, quatre nouvelles ressources ont été souscrites : Bibliothèque numérique Dalloz, American Physical Society (APS), American Institute of Physics (AIP) et EDP sciences dans le cadre d’un plan de soutien à l’édition scientifique française. Les contenus accessibles par les licences nationales augmentent au fil des nouvelles ressources acquises : 40 503 livres électroniques et 8 673 titres de périodiques sont accessibles, dans le cadre des 30 ressources acquises.

Les bases de données

Les bases de données recouvrent des modèles économiques diversifiés : abonnements annuels, en pay-per-view (modèle minoritaire utilisé pour 8 bases en sciences et techniques), acquisitions pérennes, ressources acquises en licences nationales, bases gratuites suite à des accords de partenariat ou sélectionnées pour leur pertinence documentaire. En 2017, un réajustement de l’offre– réalisé sur la base de critères documentaires et d’usage, dans le respect de la cartographie de l’offre en Ile-de-France – a permis d’équilibrer la souscription des nouveautés (étalées sur 2017 et 2018) et le désabonnement de certaines ressources (également étalé sur 2017 et 2018).

En 2017, trois nouvelles bases ont été souscrites : la Bibliothèque numérique Dalloz, Reef classique (base des éditions CSTB sur la construction) et Sciences-en-ligne. L’agrégateur de presse PressReader (offre de presse et application de téléchargement d’articles) a remplacé Pressdisplay pour un périmètre d’accès beaucoup plus large (accès illimités, antériorité des articles d’un an au lieu de trois mois et accès sur matériels nomades via le wifi de la BnF). Ces choix documentaires sont motivés par des critères de complémentarité des collections numériques et imprimées, de qualité des contenus éditoriaux, de texte intégral, de diversification de l’offre et de facilité d’accès pour les usagers.

En 2017, l’abonnement à quatre bases de données, peu utilisées et coûteuses, a été interrompu : Encyclopedia of Astronomy and Astrophysics ; International Political Science Abstracts ; Proquest European Business ; Wilson Index to Legal Periodicals.

L’accès distant aux bases de données est proposé lorsque cela est possible : 109 des 240 bases de données sont ainsi accessibles à distance pour les chercheurs munis d’un Pass recherche illimité.

Les livres électroniques

L’achat pérenne de livres électroniques au titre à titre a connu une augmentation très importante en 2017 avec 2 297 titres acquis contre 1 313 en 2016 (+75%). Tous les titres achetés auprès de neuf fournisseurs différents sont accessibles en accès illimité et à distance sauf un (les titres Ebsco Information Service sont acquis pour un à trois accès simultanés seulement). La politique d’achat par bouquet a été abandonnée en 2016 au profit d’une politique plus sélective d’achat au titre à titre. Cette décision a été prise dans le cadre de l’actualisation de la charte documentaire, en particulier des orientations pour le domaine des sciences et techniques.

L’abonnement à des bouquets complète les acquisitions au titre à titre : la BnF souscrit à des plateformes de livres numériques pour publics universitaires (Scholarvox by Cyberlibris, Bibliothèque numérique Dalloz) ou destinées à un plus large public dans un domaine spécifique (Bibliothèque numérique ENI en informatique).

Les périodiques électroniques

Les abonnements à des périodiques électroniques au titre à titre incluent les abonnements couplés avec le papier : 1 701 abonnements électroniques ont été souscrits sur l’année budgétaire 2017. Les départements thématiques du site François-Mitterrand concentrent la majorité des titres : 33% pour les Sciences et techniques, 29% pour la Philosophie, histoire, sciences de l’homme, 17% pour le Droit, économie et politique et 13% pour la Littérature et art.

La filière acquisitions et dons de documents numériques (ADDN)

La filière ADDN a été mise en place pour les acquisitions onéreuses ou les dons de documents nés numériques. Modélisée avec trois départements – Arts du spectacle, Droit, économie, politique et Musique – elle est opérationnelle depuis 2016 pour les fonctionnalités d’entrées et depuis mars 2017 pour la diffusion dans Gallica intramuros.

La filière ADDN a été initiée avec des entrées de photos numériques natives (format JPEG) acquises par le département des Arts du Spectacle. 58 lots de photographies – sur le thème des spectacles de rue – du photographe documentaire Joël Verhoustraeten ont ainsi été traités et versés dans l’entrepôt numérique SPAR en 2016. En 2017, ces acquisitions courantes ont été diffusées dans Gallica. En 2017 toujours, 413 lots rétrospectifs du même photographe ont été versés dans la filière ADDN et diffusés dans Gallica. Pour la première fois, un ensemble de plusieurs milliers de photographies numériques natives (2 810 fichiers JPEG) a donc fait son entrée dans Gallica.

Les documents spécialisés et audiovisuels

En 2017, le nombre de documents audiovisuels acquis à titre onéreux représente un total de 3 415, en légère baisse par rapport à 2016. Les achats et dons reposent majoritairement sur le département de l’Audiovisuel. Toutefois des achats de phonogrammes et multimédias multisupports ont été réalisés en petit nombre par le département des Arts du spectacle pour la Maison Jean-Vilar, ainsi que des cédéroms par le Centre national de la littérature pour la jeunesse. Fait marquant pour 2017, une augmentation de 84% des dons qui s’explique par des entrées massives de phonogrammes, vidéogrammes et cédéroms dans les collections du département des Arts du spectacle. Les entrées des autres documents spécialisés (affiches, estampes, manuscrits, etc.) par achat, don et échange sont détaillées dans le tableau annexé.

Documents spécialisés entrés par achats, donc et autres modes d’entrées.

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