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Les développements de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF, ont permis en 2010 une plus grande ouverture aux fonds sur tout type de support et aux partenaires de la Bibliothèque. Gallica n'est plus seulement une plateforme de consultation des documents conservés à la BnF, mais elle devient un véritable vecteur de la coopération numérique entre la BnF et les autres bibliothèques. L'année 2010 a marqué une étape importante dans l'évolution de Gallica, aussi bien du point de vue de ses contenus, de sa fréquentation, que de son ergonomie et de ses fonctionnalités.
Gallica est une bibliothèque numérique accessible gratuitement sur internet, constituée à partir de documents libres de droits issus des collections de la BnF, des fonds numérisés de bibliothèques partenaires et, depuis mars 2008, dans le cadre d'un partenariat avec le Syndicat national de l'édition, le Centre national du livre et le service du livre et de la lecture, d'une sélection de titres de l'édition contemporaine soumis au droit d'auteur. Par la richesse et la diversité des collections qu'elle propose en ligne, Gallica constitue une des premières bibliothèques numériques au monde.
Le nombre de documents indexés et accessibles, soit directement dans Gallica, soit sur les sites des partenaires de la BnF, s'élève fin 2010 à 1 312 718, contre 972 817 fin 2009, ce qui représente une augmentation de 35%. Ces documents sont originaires des collections de la BnF pour 95%, en provenance des bibliothèques partenaires pour 3%, et fruit des partenariats engagés avec les e.distributeurs pour 2%. Le nombre de documents convertis en mode texte continue de progresser pour atteindre 642 441 documents fin 2010.
Pour les documents issus des collections de la BnF, au 31 décembre, le site propose à la consultation 206 230 monographies, 791 062 fascicules de périodiques, 224 378 images, 10 329 cartes et plans, 6 380 manuscrits, 3 495 partitions musicales, 1 513 documents audiovisuels. La progression la plus forte concerne les documents spécialisés (images, cartes et plans, manuscrits, partitions) dont le nombre a augmenté de 85%, suivis par les documents audiovisuels (+ 43%).
En avril, la BnF et Wikimédia France ont signé un accord de partenariat qui permet à tous les internautes, sur Wikisource, d'avoir accès aux fichiers numériques d'œuvres tombées dans le domaine public issues de Gallica. 1 400 textes en français ont ainsi été intégrés à Wikisource (dont 1 057 avec reconnaissance optique de caractères). Ce partenariat permet aux internautes de participer à la correction ou à la transcription de ces textes, contribuant ainsi à la constitution d'une bibliothèque numérique riche et fiable. 116 contributeurs ont travaillé sur au moins une page du corpus. Plus d'un millier de pages peut être considéré comme entièrement validé depuis le lancement du projet.
L'augmentation continue du nombre de consultations de Gallica depuis sa création s'est accélérée cette année avec une croissance de 85% par rapport à 2009. En 2010, Gallica a reçu près de 7,4 millions de visites et 134,8 millions de pages ont été vues. La durée moyenne d'une visite est de 16 minutes.
| 2008* | 2009** | 2010 | Évolution 2009/2010 | |
|---|---|---|---|---|
| Nombre de visites | 3 133 929 | 4 006 650 | 7 393 924 | + 85% |
* cumul Gallica1 (site historique) et Gallica2 (site actuel)
** cumul Gallica 1 et Gallica 2 jusqu'à mars, site unique Gallica ensuite.
La volonté d'améliorer la visibilité de Gallica via les moteurs de recherche a porté ses fruits ; de tous les modes d'accès, il est celui ayant connu la plus forte progression cette année (+ 216%). L'accès direct (par l'URL) reste cependant le mode d'accès le plus utilisé, suivi immédiatement par les consultations en provenance des moteurs de recherche. Les consultations en provenance de sites affluents[4] continuent également de progresser (+ 75%) grâce notamment à Geneanet, Wikipedia, Lexilogos, 01.net, Facebook, Culture.fr.
Afin de poursuivre cet effort, la BnF et Microsoft ont signé un accord de partenariat en octobre visant à obtenir une meilleure indexation des contenus libres de droits de Gallica par le moteur de recherche Bing, développé par Microsoft. Par cet accord, la société Microsoft s'engage à faciliter l'accès au patrimoine numérisé par la BnF aux utilisateurs de son moteur de recherche Bing (10 millions d'utilisateurs uniques en juillet 2010). De son côté, la BnF met à la disposition de Microsoft les métadonnées (comprenant la vignette illustrative) des documents concernés par l'accord ainsi que la base des Autorités. L'accord prendra effet au printemps 2011 dans le cadre du lancement de Bing en France.
2010 a par ailleurs été l'année des premières actions importantes de valorisation de l'offre documentaire de Gallica auprès des publics, en particulier à travers les réseaux sociaux : ouverture en février de la page Facebook de Gallica (5 848 fans au 31 décembre), création d'un univers Netvibes et mise en place en août du fil Twitter @GallicaBnF (1 434 suiveurs fin 2010). De son côté, le blog Gallica a reçu 117 572 visites en 2010 et la lettre d'information électronique mensuelle « La lettre de Gallica », créée en novembre 2009, totalise désormais 18 706 abonnés.
Le visualiseur Flash, installé en novembre 2009, anticipait une refonte complète de l'environnement de Gallica, en particulier de son identité graphique. Ce fut chose faite avec la nouvelle interface, modernisée et simplifiée, mise en ligne en février 2010. Celle-ci permet une découverte conviviale des services et collections, avec une bonne visibilité de l'enrichissement quotidien, une plus grande place réservée aux documents.
Deux nouvelles versions du site ont ensuite permis d'améliorer les fonctionnalités offertes. En juin, la liste des résultats de recherche a été améliorée et une nouvelle fonction de commande de réimpression (via TheBookEdition) a été ajoutée. En juillet, a été offert un lecteur exportable (ou « widget » de lecture) à insérer simplement sur un site, un blog, ou un univers personnel, avec des options d'affichage paramétrables : le choix du mode de feuilletage (simple ou double page), la taille du lecteur affiché (300, 450 ou 600 pixels), la couleur de fond, l'affichage ou non des flèches de feuilletage, le feuilletage automatique ou manuel, le choix de la première page à afficher, sont aisément paramétrables par l'utilisateur.
L'expérimentation de la mise en ligne de documents sous droits répond au double enjeu de la définition d'une offre légale de contenus numériques pour le livre et de la diversification des contenus de la bibliothèque numérique. Engagée en 2008, en partenariat avec le Syndicat national de l'édition (SNE), le Centre national du livre (CNL) et le ministère de la Culture et de la communication, cette expérimentation repose sur un dispositif incitatif d'aides à la numérisation accordées par le CNL aux éditeurs participants et, pour sa mise en œuvre, sur la conclusion de contrats de licence entre la BnF et les e-distributeurs auxquels les éditeurs confient la diffusion de leurs catalogues numériques. Au travers de ces contrats de licence, les e-distributeurs autorisent la BnF à importer vers ses serveurs les métadonnées décrivant les contenus des ouvrages, à procéder à leur indexation et à leur visualisation dans Gallica.
En 2010, de nouveaux e-distributeurs (Lekti-ecriture, Cairn, Dalloz) ont rendu leurs métadonnées interrogeables via Gallica. Le nombre de documents sous droits a ainsi presque doublé en 2010 : de 17 252 début janvier 2010, il est passé à 32 657 en décembre 2010.
La coopération numérique, priorité de la politique de coopération nationale de la BnF, vise à créer, diffuser, valoriser et préserver les plus vastes ensembles possibles de ressources patrimoniales numérisées, quels que soient la localisation des collections et le statut des contributeurs. Les actions couvrent tout le spectre de la constitution d'une bibliothèque numérique : recensement des gisements documentaires à numériser, sélection des corpus, numérisation concertée, valorisation éditoriale et scientifique des corpus numérisés, multiplication des accès pour la plus large diffusion des ressources numérisées, au niveau local (sites des bibliothèques), régional (portails régionaux), national (Gallica), européen (Europeana) et international.
Pour mener à bien ces actions, à un niveau national ou régional, des réseaux d'acteurs se constituent, agissant en fonction d'objectifs partagés : la BnF, les bibliothèques de l'Enseignement supérieur et de la recherche, les bibliothèques dépendant des collectivités territoriales, les bibliothèques dépendant des ministères et des grands corps de l'État, les bibliothèques des archives et des musées, les bibliothèques de statut divers (associations, fondations, cultes, etc.).
La nécessité de la coopération numérique fait partie des recommandations du « Schéma numérique des bibliothèques » remis le 22 mars par le président de la BnF Bruno Racine à Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la communication, lors du Conseil du livre. Ce rapport a été élaboré par un groupe interministériel constitué d'une vingtaine de représentants du monde des bibliothèques et du livre, sous la direction du président de la BnF. Il couvre quatre thèmes : acquisition de ressources électroniques, numérisation et recensement des collections numérisées, conservation du numérique, évaluation du numérique. Il formule 11 recommandations principales visant à accélérer le développement des services numériques dans les bibliothèques françaises.
La coopération numérique s'incarne dans des programmes pluriannuels de numérisation et de valorisation concertés, qui peuvent être larges ou ciblés. Ces programmes concernent des ensembles quantitativement significatifs et scientifiquement pertinents.
Dans le cadre de la coopération thématique large, la première discipline traitée concerne les sciences juridiques, avec un co-pilotage assuré par la BnF et la Bibliothèque interuniversitaire de Cujas, associant un nombre important d'autres bibliothèques et institutions (universités, administrations, etc.) ayant des gisements documentaires et conduisant des programmes de numérisation dans ce domaine. Une demi-journée d'information sur le programme « Numérisation et valorisation concertées en sciences juridiques » a été organisée en mai 2010. À l'issue de cette rencontre, la BnF et la Bibliothèque de Cujas ont lancé un appel à initiatives de numérisation en sciences juridiques. Ce premier appel 2010-2011 porte sur les sources du droit. Les projets retenus bénéficieront d'un soutien financier. En parallèle, les projets proposés par les grandes bibliothèques partenaires ont été examinés en octobre par le comité de pilotage. Les projets retenus seront intégrés dans le prochain marché de numérisation d'imprimés (2011).
Le 4 juin 2010, la BnF et l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) ont lancé de même un programme national de numérisation en histoire de l'art, archéologie, architecture.
Des programmes de numérisation plus ciblés permettent également l'élaboration de corpus numériques très riches. Une convention de partenariat a été signée entre la BnF et la Fondation de la Résistance en 2009. Elle a pour but de réaliser un programme de numérisation partagée de la presse clandestine parue sur le sol français pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'échange de données entre bibliothèques numériques est une opération importante de coopération numérique. Cet échange suppose une convergence documentaire entre les bibliothèques numériques (complémentarité des collections) et une compatibilité technique (échange de données via le protocole OAI-PMH). Il permet d'enrichir Gallica avec des collections numérisées par d'autres institutions, mais aussi, réciproquement, de signaler les ressources de Gallica sur les portails, les catalogues ou les bibliothèques numériques de partenaires. Ceux-ci peuvent référencer tout ou partie des ressources de la BnF, en récupérant les données descriptives regroupées au sein d'ensembles thématiques créés spécialement pour chaque partenaire le cas échéant.
Sept bibliothèques numériques supplémentaires ont rejoint Gallica en 2010 pour y être moissonnées :
En avril, quatre collections numériques de bibliothèques partenaires sont venues enrichir l'offre de Gallica : celles de la Bibliothèque municipale de Toulouse (photographies et partitions musicales « Agatange »), du Centre de recherche en histoire des sciences et des techniques Alexandre Koyré (Ampère et l'électricité, le naturaliste Jean-Baptiste Lamarck), de la Cinémathèque française (Bibliothèque numérique du Cinéma) et des universités de Lille (offre pluridisciplinaire).
Le nombre de documents moissonnés en provenance de bibliothèques partenaires est ainsi passé de 8 101 début janvier à 36 764. Au 31 décembre 2010, 21 bibliothèques partenaires ont leurs documents numériques référencés dans Gallica, dont 13 ne sont pas des pôles associés documentaires (collaboration non financée).
La coopération numérique passe également par une offre de tiers archivage numérique à partir de SPAR, le système d'archivage numérique de la BnF. Fin 2010, le service de stockage de préservation proposé aux partenaires selon leurs besoins est prêt à être mis en production. Les premiers développements logiciel nécessaires ont été réceptionnés en juin 2010 et ont permis d'ouvrir ce service en septembre 2010. La mise au point de la politique tarifaire est en cours.
[4] Un site affluent est un site à l'origine d'un trafic sur un autre site.