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Couverture du livre sur l'exposition Qumrân :
le secret des manuscrits de la mer Morte
© BnF
L'activité éditoriale de la BnF obéit d'une part à une mission de service public (production d'ouvrages de référence et d'instruments de recherche dont la programmation s'inscrit dans le cadre de la politique documentaire de l'établissement) et d'autre part à une mission de valorisation des collections à destination d'un public plus large (catalogues d'exposition et autres ouvrages s'inscrivant dans un cadre concurrentiel et destinés à la vente en librairie aussi bien qu'à la vente sur sites).
Le chiffre d'affaires s'établit pour 2010 à 603 661 €. Il est en retrait de 12% par rapport à 2009. Malgré ce résultat négatif, la BnF a connu un très grand succès d'édition en 2010 avec la publication du catalogue de l'exposition La France de Raymond Depardon (coédition Seuil/BnF), déjà vendu à 28 000 exemplaires. Cependant, les recettes ne seront perçues qu'à l'occasion du premier arrêté des comptes avec le partenaire, soit début 2012.
Six autres publications ont accompagné les expositions organisées par la BnF en 2010, avec une exigence soutenue en termes de qualité éditoriale et de rigueur scientifique :
Qumrân : le secret des manuscrits de la mer Morte est le premier livre illustré sur ce sujet proposant un bilan de soixante années de recherches établi par les meilleurs spécialistes. Imprimé à 5 000 exemplaires, l'ouvrage a été rapidement épuisé et a fait l'objet d'un retirage en fin d'année 2010. Le catalogue de l'exposition Miniatures et peintures indiennes constitue le premier volet d'un inventaire des collections indiennes du département des Estampes et de la photographie. Ce premier volume sera suivi en 2011 d'un second ouvrage qui traitera des miniatures et peintures d'Inde méridionale. Le catalogue Hans Hartung, qui accompagne une exposition déclinée en trois lieux différents (Paris, Berlin et Genève), a été entièrement réalisé par les équipes éditoriales de la BnF, qui en ont suivi l'édition en deux langues (allemand et français). Primitifs de la photographie (coédition BnF/Gallimard) constitue quant à lui un ouvrage de référence dans son domaine, richement illustré, tout comme La Bastille ou « l'enfer des vivants », qui a bénéficié de la contribution d'historiens renommés (Arlette Farge, Monique Cottret, Robert Darnton, Michel Delon, etc.). Enfin, Rose, c'est Paris s'est vendu à près de 4 000 exemplaires.
La collection de valorisation entreprise avec la Bibliothèque de l'Image s'est enrichie en 2010 d'un nouveau titre consacré au florilège de Nassau-Idstein. Ce livre a fait l'objet de deux éditions séparées, en français et en anglais. La BnF a par ailleurs inauguré un partenariat appelé à se prolonger avec les éditions Officina Libraria : cette première coédition concernait l'ouvrage Des chats passant parmi les livres, hommage aux « chats de papier » de la Bibliothèque. Le livre est décliné en trois langues : français, anglais et italien.
La BnF se propose également de mettre à la disposition du public des textes et documents tenus pour importants. La publication avec les Éditions théâtrales et le Théâtre du Soleil de deux pièces d'Hélène Cixous depuis longtemps indisponibles (La ville parjure ou le réveil des Érinyes et L'histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge) s'inscrit dans cette volonté de rayonnement du patrimoine intellectuel. La parution de l'essai Henry Barraud : un compositeur aux commandes de la radio (BnF/Fayard) relève de la même démarche.
Dans le domaine scientifique, l'année 2010 a été marquée par la parution du premier volume des Jetons des institutions centrales de l'Ancien Régime. Le département des Monnaies, médailles et antiques conserve en effet une collection de jetons d'Ancien Régime sans équivalent dans le monde, qui accueille aussi bien les pièces de cuivre utilisées dans le commerce que les luxueux jetons d'or provenant de la cassette du roi. Un nouveau volume de la Bibliographie de la presse française politique et d'information générale a été livré au cours de l'année. La collaboration avec Brepols en vue de la publication de l'intégralité des cahiers de Marcel Proust s'est poursuivie, donnant lieu à la parution d'un troisième volume consacré au Cahier 71. Comme pour les précédentes livraisons, ce cahier est publié intégralement, sous la double forme d'un fac-similé établi à partir de la numérisation du document (volume I) et d'une transcription qui en rend la lecture aisée (volume II). L'annotation critique et génétique s'efforce aussi bien d'éclaircir les multiples références culturelles que de mettre en évidence les étapes de la création proustienne. Enfin L'estampe au Grand Siècle (BnF/École nationale des Chartes) rassemble un ensemble d'études dédiées à Maxime Préaud.
Les dossiers des trois livraisons de la Revue de la BnF ont successivement porté sur « Chopin à Paris. L'atelier du compositeur », « La prison par écrits » et « Emmanuel Le Roy Ladurie, historien du climat ». Une étude est en cours sur les évolutions possibles de la revue et ses conditions de diffusion. Les résultats de cette étude seront remis en 2011.
Le projet de réforme du département de la Reproduction lancé en 2009 a pour but de développer ses activités commerciales, d'améliorer le service offert aux clients et de simplifier son organisation. 2010 a vu la stabilisation d'un nouveau schéma d'organisation pour le département et l'instruction de nombreux dossiers visant à améliorer le service proposé (vente en ligne, développement de l'infrastructure informatique, relation clientèle, etc.).
Par rapport à 2009, les activités de reproduction ont connu une augmentation conjointe du nombre des demandes (11%), des commandes (8%) et des recettes (19%). Ces dernières s'élèvent à 1 538 538 € (hors impayés) et se répartissent comme suit : 1 269 895 € pour les seuls travaux photographiques et 268 643 € pour la redevance d'utilisation.
2010 a vu par ailleurs la conclusion des premiers contrats de partenariats portant sur la réutilisation commerciale de documents numériques conservés à la BnF.
Les recettes des locations d'espaces ont continué à progresser, avec une augmentation de 10% par rapport à 2009. La politique de prospection plus étendue et systématique, appuyée par une plaquette de promotion présentant les espaces de la BnF, a porté ses fruits. Avec plus de 362 000 € de recettes en 2010 (H.T.), cette année représente la meilleure année depuis le développement de cette activité.
La valorisation du patrimoine de la BnF passe également par des tournages et prises de vues, activités génératrices de recettes pour l'établissement. Cette année encore, de nombreux documentaires pour des diffuseurs français et étrangers ont mis en valeur les collections de la BnF (40% des tournages), en particulier celles des départements spécialisés comme les Manuscrits (documentaire « Hokusai, Sur la mer de l'illusion » pour une télévision japonaise), les Arts du spectacle (« Barrault et Compagnie » pour France 5), la Musique (« Berlioz, la Symphonie fantastique hier et aujourd'hui » pour Arte), les Estampes et la photographie. La BnF est sollicitée aussi par divers tournages qui contribuent à valoriser son patrimoine architectural : ainsi, la Bibliothèque de l'Arsenal est représentée dans le premier long métrage de Saphia Azzeddine ; le site François-Mitterrand attire toujours les longs métrages et les fictions TV. Enfin, les salles de lecture symbolisent le lieu de mémoire et de recherche par excellence pour de nombreux intervenants : ont été interviewés cette année dans nos murs des écrivains (Elie Wiesel, Jean Echenoz, etc.), mais également des chercheurs, hommes politiques ou personnalités, et des conservateurs de la BnF, qui apportent leurs connaissances scientifiques dans de multiples domaines.
Au total, 71 tournages se sont déroulés sur les sites de la BnF (77 en 2009), pour un montant total de recettes de 26 431 €, chiffre en baisse régulière depuis 2007.
Les autorisations de prises de vue photographiques accordées aux photographes ou sociétés extérieures sont en augmentation cette année par rapport à 2009, mais restent à un niveau peu élevé, avec 18 conventions signées pour une recette de 2 272 €.
Ces faibles recettes s'expliquent en partie par l'impossibilité d'accueillir des tournages et la difficulté d'accueillir des photographes durant la période de chantier sur le site Richelieu, d'habitude prisé par les demandeurs.
La cire 213, produit d'entretien des reliures représentatif du savoir-faire dans le domaine de la conservation de la BnF, connaît toujours de bonnes ventes (21 308 € de chiffre d'affaires en 2009, en légère baisse). Les ventes de l'agenda 2010 de la BnF, consacré à la collection Destailleur de dessins sur Paris et les provinces (département des Estampes et de la photographie), ont par contre été décevantes avec 1 650 exemplaires vendus.