Rapport d'activité 2010

Les publics

Les activités culturelles et éducatives

Exposition TIM, Galerie des donateurs, site François-Mitterrand

Exposition TIM, Galerie des donateurs,
site François-Mitterrand

Les activités culturelles de la BnF participent à la diffusion du patrimoine et des savoirs, en permettant chaque année la présentation au public de documents originaux parmi les plus rares et les plus précieux de ses collections. En 2010, ce sont ainsi près de 4 000 documents qui ont été présentés dans 22 expositions produites dans les espaces de la BnF et grâce aux prêts consentis à 185 expositions à travers le monde. L'augmentation du nombre d'expositions présentées dans les espaces de la BnF (20 en 2009) s'explique par l'ouverture cette année d'une galerie des donateurs, objet d'une programmation soutenue et remarquée.

À cette offre, s'ajoutent des conférences et colloques aux thèmes et formats variés, ainsi que différentes prestations pédagogiques.

Les expositions

Les expositions à la BnF

En incluant la fréquentation des espaces d'exposition en libre accès, le public touché se situe autour de 267 000 pour l'année 2010, soit 175 950 entrées pour les expositions temporaires à accès payant[14] et 95 600 visiteurs estimés pour l'offre culturelle des espaces accessibles gratuitement (allée Julien Cain, Espace découverte, hall des Globes, galerie des donateurs).

Exposition La France de Raymond Depardon

Exposition La France de Raymond Depardon

Avec 21% de visiteurs en moins par rapport à l'année 2009, la fréquentation des expositions temporaires à accès payant est en forte diminution pour la deuxième année consécutive. La diminution s'explique par la fermeture de deux espaces d'exposition sur le site Richelieu dans le courant de l'année 2009 et par la difficulté pour certaines expositions à trouver leur public. Cette baisse globale ne doit faire oublier la fréquentation exceptionnelle qu'a connue l'exposition La France de Raymond Depardon, avec plus de 72 000 entrées pour la seule année 2010. L'exposition, qui présentait une installation de trente-six tirages argentiques en couleur de très grand format, a bénéficié d'une très forte couverture dans les médias nationaux et internationaux.

Sur le site François-Mitterrand, deux expositions ouvertes à l'automne 2009 (La légende du roi Arthur et Ionesco) et quatre nouvelles expositions (Qumrân. Le secret des manuscrits de la mer Morte, La France de Raymond Depardon, Miniatures et peintures indiennes et Hans Hartung) ont été présentées. Fruit d'une importante collaboration internationale, l'exposition Qumrân a permis de rassembler des documents exceptionnels, dont beaucoup n'avaient encore jamais été présentés en France au public : en majorité, des pièces issues des collections de la BnF, mais aussi des trésors empruntés auprès d'institutions à l'étranger, de la Bibliothèque de Cambridge au Musée d'Israël (dont un fragment du rouleau du Temple). Axe de circulation important du site François-Mitterrand, l'allée Julien Cain a accueilli par ailleurs quatre accrochages : une exposition de reproductions (Dessins de presse de Louis-Philippe à nos jours), une exposition de gravures originales (Gilles Aillaud) et deux accrochages de photographies (France 14 et Bourse du talent).

Le Labo BnF

Le Labo BnF

L'année 2010 a vu l'ouverture de deux nouveaux espaces d'exposition en accès libre sur le site François-Mitterrand. Tout d'abord, la galerie des donateurs, à proximité du hall des Globes, qui présente au public des enrichissements significatifs dont bénéficient les collections de la Bibliothèque. Inaugurée au mois de mars avec l'exposition consacrée au caricaturiste de presse Tim, elle a connu depuis un rythme de programmation soutenu : Alain et Jacqueline Trutat, Villemot, Les Amis de la BnF. Le Labo BnF ensuite, premier laboratoire expérimental public des usages des nouvelles technologies de lecture, d'écriture et de diffusion de la connaissance, inauguré en juin 2010 dans le hall Est. En s'appuyant sur les collections de la Bibliothèque, cet espace permanent permet au grand public d'expérimenter les nouveaux dispositifs d'accès, de partage et de contribution au savoir.

Sur le site Richelieu, du fait des travaux de rénovation, seule la galerie Mansart a accueilli des expositions temporaires. À l'exposition Michael Kenna, ouverte à l'automne 2009, ont succédé deux nouvelles expositions : Rose c'est Paris. Bettina Rheims et Serge Bramly et Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843-1860).

L'année 2010 a vu la poursuite d'une collaboration étroite entre l'Opéra Garnier et la BnF, avec la coproduction de deux expositions : Régine Crespin et L'ère Liebermann à l'Opéra de Paris. Enfin, la Bibliothèque de l'Arsenal a accueilli dans ses salons une nouvelle exposition : La Bastille ou « l'enfer des vivants ».

L'ensemble des expositions (hors allée Julien Cain) a mobilisé 3 341 pièces originales, dont 53% issues des collections de la BnF, contre 77% en 2008. Le nombre d'emprunts à l'extérieur est en très forte augmentation par rapport à 2009, même si le nombre de prêteurs diminue cette année. Le poids important des expositions d'artistes contemporains (Bettina Rheims, Raymond Depardon, etc.) explique cette augmentation, car celles-ci reposent presque exclusivement sur des pièces prêtées par les artistes eux-mêmes. Ces expositions sont cependant sources de dons en retour.

Expositions « hors les murs »

Les exposition « hors les murs » recouvrent plusieurs types de projets : reprise intégrale ou partielle par des établissements extérieurs, avec ou sans contrepartie financière, d'expositions produites par la BnF ; expositions élaborées en collaboration avec une autre institution culturelle (française ou étrangère, pôle associé ou non) ; expositions dans lesquelles l'implication de la BnF dépasse le simple prêt d'originaux (conseils scientifiques ou commissariat par un conservateur BnF, apport en médiation tel que la conception de bornes multimédia et d'exposition virtuelle).

Le développement des projets « hors les murs » fait désormais l'objet d'une politique volontariste, avec la création en 2010 d'un poste dédié. Au cours de l'année, la BnF a traité six dossiers « hors les murs » (contre cinq en 2009) :

  • :exposition Traits modernes. Estampes de la Bibliothèque nationale de France. Picasso, Matisse, Miró, Brauner, Lyon, Bibliothèque municipale, du 2 février au 30 avril 2010 ;
  • exposition Chopin à Paris, l'atelier du compositeur, coproduction BnF-Cité de la Musique, du 8 mars au 6 juin 2010 ;
  • exposition L'estampe impressionniste. Trésors de la Bibliothèque nationale de France, coproduction BnF-Musée des Beaux-Arts de Caen, du 4 juin au 5 septembre 2010 ;
  • exposition Science et fiction, aventures croisées, coproduction BnF-Cité des sciences et de l'industrie, du 21 octobre 2010 au 3 juillet 2011 ;
  • exposition Charles Garnier. Un architecte pour un empire, coproduction BnF-École nationale supérieure des Beaux-Arts, du 25 octobre 2010 au 9 janvier 2011 ;
  • exposition Orages de papier. Les collections de guerre des bibliothèques, Paris, Hôtel des Invalides, du 26 octobre 2010 au 16 janvier 2011, coproduction pôles associés BnF-BDIC (reprise de l'exposition présentée à Strasbourg en 2008-2009).

Les prêts pour d'autres expositions

En 2010, la BnF a été sollicitée par 223 demandes de prêt de documents originaux à des expositions. Sur ces 223 demandes, 185 ont abouti à des prêts effectifs, représentant le déplacement hors les murs de 2 218 pièces, contre 2 593 en 2009. La répartition géographique des prêts est la même qu'en 2009 : les prêts à l'étranger l'emportent sur les prêts en région. Comme toujours, c'est le département des Estampes et de la photographie qui reste le département le plus sollicité par les demandes avec 973 pièces prêtées. Viennent ensuite le département des Manuscrits et la Bibliothèque-musée de l'Opéra. Plus d'un millier de photographies, de gravures, de manuscrits, de cartes, de livres précieux issus des collections de la Bibliothèque ont ainsi été présentés dans une soixantaine d'expositions montées dans une quinzaine de pays, en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.

Ces prêts contribuent au rayonnement de la BnF sur la scène culturelle internationale. Ainsi l'exposition Manet et le Paris moderne a présenté au Mitsubishi Ichigokan Museum de Tokyo une trentaine d'œuvres issues des collections du département des Estampes et de la photographie. Le J. Paul Getty Museum de Los Angeles a exposé près d'une centaine de pièces du trésor d'argenterie gallo-romaine de Berthouville conservé au département des Monnaies, médailles et antiques. De nombreux documents ont été prêtés au Musée Sakip Sabanci pour De Byzance à Istanbul, un voyage à travers 8 000 ans d'histoire de la capitale turque.

Quand le nombre des pièces prêtées pour une exposition représente au moins un tiers du total des pièces exposées, le prêt donne lieu à la signature d'un contrat de collaboration qui prévoit notamment un retour en termes de visibilité pour la BnF. En 2010, la BnF a signé 9 contrats de collaboration, contre 13 en 2009.

Les conférences et les colloques

La BnF a accueilli en 2010 plus de 190 manifestations publiques : débats, colloques, conférences, concerts, lectures, dont 52 sont le fruit d'une collaboration avec des partenaires. Au total, les manifestations de la BnF ont accueilli cette année 21 750 personnes, ce qui représente une hausse de la fréquentation de 16% par rapport à l'année précédente. Cette hausse est due cependant en grande partie à l'augmentation de l'offre (24% de manifestations en plus), puisque le taux de remplissage des espaces connaît une légère érosion, avec 65% en 2010. La baisse est notable en particulier pour les jauges moyennes (petit auditorium).

Fondée sur l'ouverture encyclopédique à tous les savoirs, cette programmation s'étend du débat d'idées contemporain à la valorisation des collections pour tous les publics, en passant par la découverte de raretés ou d'inédits mis en scène. Parmi les grandes tendances de l'année, on peut relever la fidélisation du public des Samedis du savoir, consacrés cette année successivement au rire, à la parole et à la gastronomie, le succès croissant du cycle Cinéma de midi autour de documentaires rares issus des collections du département de l'Audiovisuel, et le plébiscite du cycle Un texte, un mathématicien qui rencontre un public d'étudiants toujours plus nombreux et passionnés.

D'autres événements ont rythmé la programmation tout au long de l'année : la poursuite attendue des concerts Inédits de la BnF (avec notamment trois pièces de Gounod et un concert exceptionnel autour de l'art des trouvères) ; le week-end « La BnF à l'heure anglaise », occasion du prêt par la British Library du manuscrit original de la chanson Yesterday des Beatles, ou encore les journées d'étude « Numérisation du patrimoine des bibliothèques et moteurs de recherche », ainsi que les colloques autour de Jules Renard et Clément Janequin.

Depuis 2009, une sélection de conférences est également proposée à la consultation vidéo sur le site internet de la BnF. La post-production étant de plus en plus légère et rapide, l'offre s'est étoffée cette année d'une centaine de contenus accessibles, portant le nombre de conférences en ligne à près de 150. Les conférences sont désormais classées par intervenant, date et thème, disponibles en format vidéo, et prochainement en MP3. Elles ont connu 36 000 visites en 2010, contre 26 000 en 2009. Nombre d'entre elles sont reprises également sur France Culture (émission « Éloge du savoir ») et sur le site internet de Radio France.

Les services pédagogiques

L'année 2010 a été marquée par deux événements importants, porteurs de ressources nouvelles et d'une plus grande visibilité de l'offre pédagogique de la Bibliothèque :

- l'ouverture en octobre d'un nouvel espace pédagogique sur l'emplacement de l'ancien service d'orientation des lecteurs (hall Ouest du site François-Mitterrand), permettant l'implantation des deux malles pédagogiques d'initiation à l'histoire du livre et la mise en place de nouveaux modules d'atelier à composante artistique ;

- la co-organisation avec le ministère de l'Éducation nationale et la Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO) d'un colloque national sur « Les métamorphoses du livre et de la lecture à l'heure du numérique » (22-24 novembre).

La baisse de la fréquentation des activités pédagogiques en 2010 (16 824 élèves et enseignants accueillis, au lieu de 23 510) est d'autant plus sensible que 2009 avait été une année exceptionnelle en ce domaine. En 2010, seule l'exposition La France de Depardon a rencontré un important public d'élèves et d'enseignants (3 996 élèves et 411 enseignants). La hausse sensible cette année des tarifs proposés et la tarification d'activités jusqu'alors gratuites (telles les visites de la Bibliothèque) ont également pu jouer dans ce résultat mitigé.

Le nombre total d'enseignants et de documentalistes accueillis par le service de l'action pédagogique est en légère augmentation en 2010 (3 337 au lieu de 3 243 en 2009), grâce à des formations appréciées autour du livre et de l'écriture, construites en collaboration avec les départements de collections. Autre opération importante sur le long terme : le rassemblement le 10 juin dans le grand auditorium de la BnF de 300 documentalistes de Paris autour de « L'évolution des métiers de la documentation à l'heure du numérique » ; cette journée a ouvert de nouvelles formes de coopération pour traiter notamment les besoins documentaires en matière d'histoire des arts.

Le partenariat avec les médiathèques de l'agglomération de Plaine Commune (93) s'est considérablement développé cette année : une vingtaine de classes ont participé à un projet pédagogique, soit cinq fois plus qu'en 2009. Dix-sept classes de l'agglomération sont venues à la BnF en 2010 pour suivre des ateliers autour de l'exposition La légende du roi Arthur.

La communication externe et la médiation

La communication externe

La délégation à la Communication a organisé le lancement et la communication autour de 15 expositions cette année. Pour quatre d'entre elles, une campagne publicitaire par voie d'affiche a été réalisée. Par ailleurs, neuf partenariats médias ont été négociés sur les expositions au cours de l'année. D'autres événements ont particulièrement mobilisé le service de presse en 2010, comme l'acquisition du manuscrit des mémoires de Casanova, qui a suscité un véritable engouement médiatique en France et à l'étranger : en plus de la presse française écrite, 8 titres de la presse étrangère, 17 radios et 14 télévisions ont relayé l'information. De nombreux interviews et portraits du Président de la BnF ont également été réalisés tout au long de l'année et dans tous les types de médias (Europe 1, France Culture, Canal+, Libération, Le Figaro, Le Monde, etc.)

Le magazine Chroniques de la BnF, tiré à 65 000 exemplaires (28 pages, bimestriel), diffuse à l'extérieur l'actualité de la BnF et concourt à la valorisation de son action culturelle : acquisitions, expositions, manifestations, développement de la numérisation, actions de coopération, etc. Cinq numéros ont été réalisés en 2010. Le magazine est également disponible en ligne à l'adresse chroniques.bnf.fr.

La lettre électronique annonçant mensuellement les actualités culturelles de la BnF est désormais diffusée à 16 000 abonnés et la lettre Actualités du catalogue, sur les nouveautés des produits et services bibliographiques, compte 4 900 abonnés.

Dans le domaine des salons et des manifestations professionnelles, la BnF était présente au Salon du livre (Paris, 26-31 mars), au Salon du livre ancien et de l'estampe (Paris, 16-18 avril), au Congrès de l'ABF (Tours, 20-22 mai), à la 15e édition de La forêt des livres (Chanceaux, 29 août), aux Rendez-vous de l'histoire (Blois, 14-17 octobre) et au Salon du livre et de la presse jeunesse (Montreuil, 1er-6 décembre).

La médiation

Pour favoriser l'appropriation par les visiteurs de l'offre culturelle, des visites guidées des différents sites de la BnF (François-Mitterrand, Richelieu et l'Arsenal), ainsi que des grandes expositions temporaires sont proposées. Sur le site François-Mitterrand, les visites en groupe touchent aussi bien le grand public qu'un public d'étudiants et de professionnels du livre et du bâtiment.

Au cours de l'année 2010, l'ensemble des visites guidées a accueilli 7 370 personnes, groupes ou individuels, contre 5 653 en 2009. Cette forte croissance est due en particulier à la mise en place d'une offre structurée et élargie de visites d'expositions qui a rencontré un public important : 2 039 personnes ont ainsi participé à ces visites, contre 534 en 2009, avec une bonne moyenne de 10 visiteurs par visite. Pour les visites du bâtiment, on note une légère baisse des visites en groupe sur François-Mitterrand, mais une forte augmentation des visites guidées individuelles tous sites confondus (+ 17%).

 

[14] Bien qu'en accès libre, les expositions Bastille ou l'enfer des vivants et Bernard Villemot sont incluses dans ce chiffre.

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