Rapport d'activité 2010

Le rayonnement

Les activités européennes et internationales

L'année 2010 fut une année exceptionnelle pour le rayonnement de la BnF, en particulier dans le domaine de la francophonie. Parmi les points saillants de l'activité internationale en 2010, il faut souligner la nouvelle impulsion donnée au Réseau francophone numérique (RFN), l'inauguration à la Bibliotheca Alexandrina d'un espace francophone dédié à la collection de livres offerte en 2009 par la BnF et le renforcement des relations avec l'Asie.

Contribuer à l'essor des bibliothèques numériques européenne, francophone et mondiale

Dans le nouveau paysage culturel dessiné par le numérique, le programme de la bibliothèque numérique européenne Europeana occupe une place essentielle. La BnF continue, aux côtés de ses partenaires nationaux et européens, d'apporter une importante contribution pour accompagner les développements et évolutions de ce portail de diffusion du patrimoine culturel européen. En termes documentaires, ce soutien se traduit par la mise à disposition systématique dans Europeana de l'ensemble de ses collections numérisées diffusées sur Gallica. Plus de 840 000 documents, textes et images, en provenance de la BnF figurent ainsi, fin 2010, parmi les 14 millions d'objets numériques issus des bibliothèques, archives, musées et institutions audiovisuelles, fédérés par le portail européen. Parallèlement au versement de ces contenus, la BnF prend part à des projets collaboratifs au niveau européen visant à enrichir l'offre d'Europeana avec des corpus sur des thématiques spécifiques, et à améliorer les fonctionnalités et les services proposés aux utilisateurs (cf. L'activité de recherche et développement au niveau européen et international). Enfin, en vertu de son statut de membre fondateur d'Europeana, la BnF siège depuis 2009 au Conseil d'administration et a intégré le Conseil des fournisseurs et agrégateurs créé en 2010.

Le portail du Réseau francophone numérique (RFN) (http://www.rfnum.org/), qui associe les principales bibliothèques patrimoniales de l'espace francophone, s'impose lui aussi comme une réalisation phare pour la valorisation du patrimoine documentaire en langue française et de la Francophonie. En 2010, la BnF a pris l'initiative de proposer et d'organiser, avec le concours de l'Organisation internationale de la francophonie, un sommet des membres du RFN. Cette réunion, tenue à Paris au mois de mars, a permis de donner une impulsion nouvelle au Réseau par diverses mesures : adoption d'une charte de gouvernance proposée par la BnF, prise de décisions visant à élargir les contenus au-delà de la presse et à améliorer l'accessibilité et l'ergonomie du portail, intensification des programmes de formation au bénéfice des pays du Sud.

La contribution de la BnF au programme Bibliothèque numérique mondiale (World Digital Library, WDL), développé sous l'égide de l'Unesco, participe de cette même volonté de rapprocher des ensembles documentaires appartenant à des bibliothèques éloignées. Confirmée par le représentant de la BnF à la conférence annuelle des partenaires de la WDL, en juin à Washington, cette contribution portera, d'une part, sur la fourniture de 300 nouveaux documents sélectionnés parmi les trésors de ses collections, et, d'autre part, sur l'expertise mise à la disposition du groupe de travail sur l'architecture du système. La BnF est par ailleurs encouragée à contribuer au développement d'une présence francophone accrue au sein de la WDL, en faisant pleinement bénéficier celle-ci de la coopération numérique tissée avec ses partenaires.

L'essor des bibliothèques numériques multipolaires s'accompagne de l'élaboration de programmes conjoints de numérisation au plan bilatéral. Une convention de coopération avec des partenaires turcs, finalisée en 2010, valide ainsi le lancement d'un projet numérique sur la « Presse ottomane en français ».

Développer des partenariats avec les organisations et institutions culturelles du monde

Europe

Si les relations dans l'espace européen sont marquées en grande partie par le rôle fédérateur d'Europeana, elles s'affirment aussi de façon privilégiée par un dialogue constant avec les bibliothèques nationales et les bibliothèques de recherche du continent.

Dans cet environnement, la Conférence des directeurs des bibliothèques nationales européennes (CENL) joue un rôle de catalyseur. La présence de la BnF est toujours constante au sein de la CENL et de son portail d'accès aux ressources bibliographiques et numériques des bibliothèques européennes TEL/The European Library. C'est naturellement dans le cadre de cette instance de concertation que sont débattues des questions clés pour les bibliothèques, à l'instar des partenariats public/privé, chantier qui a associé étroitement la BnF et la British Library pour la rédaction de recommandations.

La BnF et la British Library se sont également fortement impliquées dans l'élaboration du code international normalisé des noms (ISNI), visant à identifier facilement les contributeurs d'un contenu numérique, et dans la définition du système de gouvernance de ce code (cf. S'investir dans les réseaux professionnels internationaux). Dans le même esprit de collaboration, la BnF et la Deutsche Nationalbibliothek ont conduit une réflexion sur les questions juridiques relatives aux œuvres orphelines dans le cadre du groupe de travail franco-allemand qui réunit, depuis 2009, les deux bibliothèques, les syndicats d'éditeurs des deux pays, les organismes nationaux de collecte et les autorités de tutelle.

La trame des relations avec les partenaires d'Europe centrale et orientale est faite pour sa part d'échanges professionnels et documentaires. En renforcement des liens avec la Roumanie, la BnF a donné en 2010 près de 5 400 livres, dont 4 000 ouvrages d'art et 1 400 ouvrages de littérature, la plupart en français, à la Bibliothèque universitaire/Faculté des arts Constantin Brancusi de Bucarest et à la Bibliothèque départementale du district de Gorj, contribuant ainsi à la diffusion du livre français dans ce pays. Avec les partenaires polonais, outre des visites et entretiens spécialisés, sont désormais réunies les conditions devant permettre la numérisation des estampes de Jean-Pierre Norblin de la Gourdaine (1745-1830), courant 2011, dans le cadre d'une première coopération numérique avec la Bibliothèque nationale de Pologne.

Francophonie

L'action de la BnF dans le champ de la francophonie s'est appuyée, cette année encore, sur des stages et accueils de professionnels étrangers et sur des activités variées : de la sélection de plus de cent titres de presse numérisée à l'été 2010 en vue de leur intégration dans le portail du Réseau francophone numérique à l'organisation de formations en littérature pour la jeunesse.

Dans le champ bilatéral, la BnF a renouvelé sa convention de coopération avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). En Égypte, après l'important don de livres fait en 2009 à la Bibliotheca Alexandrina, les conditions sont désormais réunies pour créer un véritable pôle francophone dans la région (cf. Partager les pratiques professionnelles : visites, formations, expertises et accueils). La coopération avec la Tunisie a également reçu une attention particulière : des contacts avec la Bibliothèque nationale de Tunisie ont permis de lancer l'élaboration d'une nouvelle convention triennale de coopération, que les responsables des deux bibliothèques signeront dès que le contexte politique le permettra. La Bibliothèque nationale de Tunisie a par ailleurs bénéficié, à sa demande, d'une mission de diagnostic technique et organisationnel de son nouveau bâtiment. Parallèlement, un spécialiste de la conservation a apporté son expertise technique au chantier de reconstruction de la bibliothèque de l'Institut des Belles-Lettres de Tunis (IBLA), ravagé par un incendie au mois de janvier. Une mission d'expertise de la BnF s'est rendue également en mars 2010 à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, faisant des propositions en termes de conversion rétrospective des collections et de restructuration des services aux publics.

La préservation à long terme et la diffusion auprès d'un large public d'un patrimoine précieux, souvent menacé de disparition faute de conditions adéquates de conservation, ne sauraient être atteintes sans un important effort de formation au bénéfice des pays du Sud. Tout au long de 2010, la BnF a multiplié les initiatives en termes de transfert des savoirs : séminaire sur les bibliographies nationales africaines à Bamako, préparation d'un stage régional de numérisation à Dakar, mise en place d'un plan de formation pluriannuel au profit de la Bibliotheca Alexandrina.

Il convient de souligner que l'action multilatérale de la BnF s'appuie sur un volet d'aide à la numérisation, présent dans la plupart des conventions signées avec les autres bibliothèques nationales membres du Réseau francophone numérique – dans la limite de ce que permet le développement actuel des structures de chaque partenaire. À cet égard, la coopération régionale, par exemple en Méditerranée, dans les Caraïbes ou encore en Afrique subsaharienne, demeure, en 2010, un mode d'action privilégié pour la BnF en faveur de la sauvegarde du patrimoine documentaire et imprimé francophone.

Enfin, la francophonie est également un espace de solidarité, comme le vérifie le soutien apporté par la BnF à ses partenaires en Haïti à la suite du tremblement de terre de janvier 2010. Aux côtés de nombreuses bibliothèques et associations, la BnF s'est engagée pour contribuer à la reconstruction et à la remise en service des bibliothèques et archives haïtiennes touchées par le séisme. Un important don de 30 000 volumes sur trois ans est en cours de programmation.

Amériques : des réalisations concrètes

La coopération avec les institutions du continent nord-américain, solidement ancrée tant dans le domaine bibliothéconomique et technique que culturel, s'est poursuivie cette année. Elle a été ponctuée par des visites et des échanges avec les directeurs de la New York Public Library, de la Library of Congress, de la Bibliothèque de l'université de Stanford et de la Bibliothèque de l'université d'Harvard. La vitalité des relations avec la Bibliothèque du Congrès, entretenues à travers des contributions conjointes à la Bibliothèque numérique mondiale ou au fichier international virtuel d'autorités, s'est manifestée en 2010 par la finalisation d'un projet de collaboration numérique autour des publications officielles et de leurs échanges dans le cadre des accords intergouvernementaux, et par l'invitation d'un représentant de la BnF à une réunion générale du National Digital Information Infrastructure and Preservation Program (NDIIPP). La BnF rencontre au sein de ce grand organisme de coopération, destiné à assurer la préservation du patrimoine numérique américain, un autre de ses partenaires : la California Digital Library.

Du côté des collaborations avec l'Amérique du Sud, sont à souligner l'accord passé avec la Maison de France de Rio de Janeiro pour le financement de contributions et de traductions qui amélioreront le contenu éditorial du portail La France au Brésil/A França no Brasil, et l'amorce d'une nouvelle tranche de numérisation visant à l'enrichissement de ce portail.

Extrême et Moyen Orient

Les voyages du président de la BnF en Chine et en Corée ont permis de relancer les relations de coopération avec les partenaires de la région et d'envisager de nouveaux projets.

La Bibliothèque nationale de Chine et la BnF poursuivent une importante coopération numérique avec le développement du portail commun des ressources numériques sur les études chinoises. À l'occasion de l'Exposition universelle 2010 à Shanghai, la BnF a fait don de près de 200 livres à la Bibliothèque municipale de la ville. Cette sélection, composée d'abord de livres sur des sujets liés au thème de l'Exposition, tels que l'architecture, l'urbanisme et l'environnement, comprenait aussi des documents représentatifs de l'édition et de la culture françaises et des échanges franco-chinois. Par ce don, la BnF a rejoint la liste des donateurs de la « Bibliothèque des amitiés » et institué un espace français dans la salle de lecture de la Bibliothèque de Shanghai consacrée aux collections de langues étrangères.

Les relations avec la Corée du Sud ont été marquées cette année par la déclaration d'intention commune publiée à l'issue de la rencontre entre les deux chefs d'État en novembre 2010 à Séoul. Le Président de la République et son homologue coréen se sont entendus sur une formule destinée à mettre un point final au contentieux qui opposait les deux États depuis près de vingt ans à propos des manuscrits royaux coréens conservés à la BnF. L'entente à laquelle sont parvenus le Président de la République et son homologue n'a été rendue possible que par la reconnaissance du fait que les 297 manuscrits royaux, tout en représentant le symbole de la continuité de l'État coréen, sont et restent propriété de la France. En contrepartie, la France accepte de prêter cet ensemble à la Corée pour une période de 5 ans renouvelable. La déclaration commune des deux Présidents sera formalisée en 2011 dans un accord conclu entre les deux États ; la BnF et le Musée national de Corée se concertant pour leur part sur les modalités d'application.

À Taipei, en janvier 2010, lors du Salon international du livre dont la France était l'invitée d'honneur, une double exposition En français dans le texte, conçue par la BnF à partir de reproductions de manuscrits conservés dans ses collections, a été présentée à la Bibliothèque nationale centrale de Taïwan et dans l'enceinte du Salon. Elle a été accompagnée pour son lancement de deux conférences du délégué à la diffusion culturelle de la BnF, l'une sur la situation des lettres françaises et les trésors de la BnF, et l'autre sur Gallica et ses nouveautés.

Le développement des relations avec les pays du Golfe arabo-persique s'est concrétisé en 2010 par une coopération avec le ministère de l'Éducation du royaume du Bahreïn pour la création de la bibliothèque numérique de ce pays. La BnF a poursuivi sa participation à l'Agence France-Muséums, chargée de conduire le projet du Musée universel Louvre Abou Dabi. Dans ce cadre, elle a été chargée de piloter ou de contribuer à plusieurs groupes de travail sur divers aspects du projet : accueil, centre de documentation, gestion des ressources humaines, etc.

S'investir dans les réseaux professionnels internationaux

Participation aux réseaux professionnels

La BnF est fortement investie au sein d'une cinquantaine de réseaux de partage d'expériences et de développement de projets communs. Pour certains groupements internationaux, il s'agit d'une implication de longue date : Association internationale des bibliothèques, archives et centres de documentation musicaux (AIBM), Société internationale des bibliothèques et des musées des arts du spectacle (SIBMAS), Consortium des bibliothèques de recherche européennes (CERL) sur les questions du livre ancien, etc. 

Les technologies numériques font l'objet des réflexions développées au sein de forums d'échanges comme l'International Conference on the Digital Preservation (iPRES) ou le Preservation and Archiving Special Interest Group (PASIG), auxquels la BnF participe régulièrement. Ces technologies sont aussi une composante de premier plan de la coopération bibliographique : elles sont au centre de la collaboration avec le Online Computer Library Center (OCLC) sur le fichier d'autorité virtuel international (Virtual International Authority File, VIAF) qui apparie les notices d'autorité issues de plus d'une douzaine de grandes bibliothèques du monde, rédigées avec des normes, langues et écritures différentes et les regroupe en un service unique ; elles rendent possible la contribution de la BnF à WorldCat (base de données bibliographiques en ligne de l'OCLC), concrétisée en 2010 par le versement de toutes les notices bibliographiques de la BnF dans ce catalogue collectif mondial.

L'expertise de la BnF est reconnue dans les organes officiels de normalisation, tant au niveau européen qu'au niveau international. En 2010, elle s'est particulièrement déployée dans les chantiers de révision de la description bibliographique internationale normalisée (ISBD) et de définition du système de gouvernance de l'identifiant international normalisé des noms (ISNI). ISNI est la nouvelle norme internationale qui permet d'identifier les contributeurs d'un contenu numérique. Très attendu par les bibliothèques, l'ISNI vise à dynamiser le référencement des ayants droit impliqués dans la chaîne de création, production, gestion, édition et distribution des contenus sur internet, et également à harmoniser leurs appellations. Afin d'assurer la gestion et la gouvernance de l'ISNI, l'Agence internationale ISNI a été créée en décembre 2010. Elle compte parmi ses six membres fondateurs la Conférence annuelle des directeurs des bibliothèques nationales d´Europe (CENL), représentée par la BnF et la British Library.

La BnF a également piloté en 2010 la préparation d'un rapport technique de l'ISO (TC46/SC8/WG9) relatif aux indicateurs de qualité des archives du web, qui permettra la reconnaissance internationale du statut des archives de l'Internet comme collections à part entière. Présente au congrès annuel de la Ligue des bibliothèques européennes de recherche (LIBER), réuni cette année au Danemark, la BnF y a présenté son expérience en matière d'archivage de l'internet.

L'IFLA et son programme Préservation et conservation (PAC)

L'investissement de la BnF dans les travaux de la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques (IFLA) est constant. Une délégation de la Bibliothèque a participé aux travaux du congrès qui s'est tenu à Göteborg en Suède. Ce congrès et les manifestations associées ont constitué pour la BnF un moment privilégié pour communiquer sur ses grands projets : rénovation du quadrilatère Richelieu, bibliothèque numérique, conservation des collections patrimoniales, description et accès aux collections.

La contribution de la BnF s'affirme également à travers le programme Preservation And Conservation (PAC) de l'IFLA qu'elle héberge depuis 1992. Le PAC a pour objectif principal de promouvoir la préservation et la conservation à long terme des documents de bibliothèques et d'archives, quel que soit leur support, du papier au numérique, en passant par l'audiovisuel. Cette année, le PAC a publié trois numéros de sa revue International Preservation News (IPN). Par ailleurs, les actes de la deuxième conférence du cycle sur la « Préservation face aux quatre éléments », initiée par le PAC et dédiée à l'eau (Prague, 2009), ont été publiés dans la revue Restaurator en décembre 2010. Ce même cycle s'est poursuivi à Pékin, avec une conférence en juin 2010 qui associait le Japon et la Corée. En août, le programme était présent au congrès annuel de l'IFLA pour y organiser une session consacrée au développement durable et à la conservation. Enfin, suite à la catastrophe survenue en janvier à Haïti, le PAC a contribué aux travaux des différentes organisations non gouvernementales qui sont intervenues sur le terrain. La gestion des désastres est un des principaux enjeux du PAC, systématiquement traité dans ses publications et ses conférences.

Partager les pratiques professionnelles : visites, formations, expertises et accueils

L'accueil de professionnels

2010 a été une année féconde en visites professionnelles, en provenance de pays ou d'institutions partenaires, mais également de pays avec qui les relations sont plus ponctuelles, à l'instar du Soudan, de la Libye ou de la Guinée équatoriale. Des visites sur des thématiques ciblées et des entretiens approfondis ont été organisés, individuellement ou pour des groupes, à la demande de professionnels de bibliothèques et d'institutions patrimoniales de plus d'une quarantaine de pays. C'est le cas notamment de dirigeants de la Bibliothèque nationale d'Algérie, de l'Institut pour l'étude des manuscrits anciens d'Arménie, de restaurateurs d'estampes japonais, d'une délégation de l'Association internationale des bibliothécaires et spécialistes de l'information, ou encore de responsables d'archives chinois dans la perspective de la construction d'un centre des Archives de la ville de Pékin.

La numérisation, les méthodes de conservation et les installations de la chaîne sanitaire, le bâtiment et son exploitation, demeurent, avec la bibliothèque numérique et le chantier de rénovation du quadrilatère Richelieu, les principaux sujets d'intérêt pour ces professionnels.

Les formations et expertises proposées

Le dialogue et le partage d'expériences de la BnF avec la communauté professionnelle internationale s'appuie sur une offre de formation spécifiquement conçue. La politique d'accueil de professionnels étrangers pour des stages, collectifs ou individuels, s'est poursuivie, de même que les formations décentralisées auprès des partenaires.

Pour la deuxième année consécutive, le stage international « Ressources audiovisuelles en bibliothèque », organisé conjointement par la BnF et la Bibliothèque publique d'information, a rassemblé des participants de 12 pays : Bulgarie, Cambodge, Canada, Egypte, Espagne, Italie, Lituanie, République Tchèque, Roumanie, Sénégal, Suisse, Togo. Il a permis à une douzaine de professionnels en charge de la gestion de projets de ressources audiovisuelles ou d'animation autour de la musique et de l'image de se familiariser avec les approches et pratiques françaises. Parallèlement à cette formation collective, des professionnels ont été accueillis pour des stages individualisés portant sur des thèmes aussi divers que les techniques de conservation et de restauration des reliures arabes, la maintenance du catalogue, la conversion rétrospective des fonds patrimoniaux, la réorganisation d'un fonds documentaire ou la sauvegarde et numérisation des manuscrits. Ils venaient de Palestine, de Tunisie, du Maroc, de Côte d'Ivoire et du Mali.

Des bibliothécaires de la Bibliotheca Alexandrina en charge de l'encadrement du traitement des livres français, des bibliothécaires de la faculté de droit de l'université de Beyrouth, et bien d'autres professionnels encore, sont venus en 2010 approfondir leurs connaissances au contact des professionnels de la BnF.

Des missions de formation animées par la BnF sont par ailleurs organisées en concertation avec les partenaires, parfois in situ, essentiellement dans le cadre du soutien et de l'accompagnement de projets. Ainsi du plan de formation triennal conçu avec la Bibliotheca Alexandrina pour le traitement du don de livres consenti par la BnF et la mise en place d'un centre de ressources francophones. L'objectif est de développer un pôle régional de formation, dont la première pierre a été posée en 2010 par la signature d'une convention de formation triennale. Avec l'adhésion de nombreux partenaires, dont la BPI, l'ENSSIB et la Bibliothèque municipale à vocation régionale de Marseille, dix actions de formation ont été réalisées en 2010 en France et à Alexandrie touchant une centaine de personnes.

Le séminaire portant sur l'élaboration et la mise en ligne des bibliographies nationales africaines, organisé à Bamako du 22 au 26 novembre, participe de la politique de transmission des savoirs développée par la BnF.

Le programme Profession culture

Sept pensionnaires ont été accueillis en 2010 à la BnF dans le cadre du programme d'accueil de professionnels étrangers Profession culture, soutenu par le ministère de la Culture et de la communication. Ces professionnels, en provenance d'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de Hongrie, du Mali et de Russie, se sont consacrés à l'étude d'un thème, d'un fonds ou d'un projet présentant un intérêt partagé.

Ces séjours, tout en consolidant des relations déjà existantes, avec le Canada par exemple, permettent d'initier une coopération commune telle la collecte et l'archivage du dépôt légal du web, objet du séjour de deux bibliothécaires de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Ils contribuent également à développer des travaux scientifiques précieux pour la BnF, à l'instar de ceux conduits par le pensionnaire américain sur les originaux des monographies locales des fonds chinois, avec en retour des enrichissements apportés au catalogue et un glossaire éclairant, ou encore de la rédaction, par le pensionnaire hongrois, de notices relatives aux imprimeurs-libraires de la Hongrie d'Ancien Régime.

À noter que sur les sept pensionnaires reçus, trois revenaient pour un deuxième séjour en raison de l'intérêt et de l'ampleur de leurs travaux. Il s'agit de la pensionnaire russe qui a poursuivi l'exploration du fonds Montpensier au département de la Musique, du pensionnaire malien qui a travaillé à la description des manuscrits de Tombouctou et du pensionnaire allemand. La richesse des recherches et des travaux menés illustre cette année encore la fertilité des échanges portés par le programme Profession culture.

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