Avant-propos de Laurence Engel, présidente de la BnF

L’année 2016 aura été marquée par la réouverture en décembre de la première partie rénovée du site Richelieu. Renommé « Richelieu - bibliothèques, musée, galeries », le site a pour ambition d’être un pôle d’excellence scientifique consacré à l’histoire des arts et au patrimoine, de moderniser ses services aux lecteurs, d’être ouvert au plus grand nombre et d’affirmer sa dimension muséale au cœur de Paris. Dans le même temps, sur l’autre rive de la Seine, le Haut-de-jardin, espace « tout public » du site François-Mitterrand, a atteint sa pleine maturité en fêtant, cette même année, ses 20 ans de fonctionnement. Ces deux événements rappellent à quel point la relation établie avec le public est, pour la BnF, déterminante. C’est aussi ce que lui renvoient ses usagers. Comme l’ont montré de récentes enquêtes, les lecteurs expriment en effet une satisfaction et un fort attachement pour le lieu, cadre valorisant à la fois le travail intellectuel et l’usager, favorisant l’élaboration d’une grande variété de projets studieux. Ils disent eux-mêmes venir « habiter la BnF », témoignant ainsi de la qualité des liens qu’ils y développent et de leur proximité avec l’institution qui les accueille.

Cette relation se construit bien sûr sur la base des missions spécifiques de la BnF, et qui tiennent à sa dimension patrimoniale, à l’existence de collections aussi précieuses qu’elles sont bien organisées, afin d’en favoriser la diffusion. Une des plus grandes bibliothèques nationales par ses collections encyclopédiques constituées depuis la fin du Moyen Âge, la BnF est aussi un outil extraordinairement moderne. Elle s’emploie en permanence à faire le lien entre conservation des savoirs et création contemporaine, entre patrimoine et technologies pointues, et sur l’ensemble de ces domaines, à déployer les outils les plus performants pour que l’accès aux collections, leur réutilisation, leur appréhension, soient le plus divers et le plus large possible . À cet égard, la BnF peut être comparée à une « raffinerie numérique » : en recevant une quantité importante de documents qu’elle indexe, catalogue, enrichit, elle produit aussi une masse de données et de métadonnées qui peuvent être réutilisées et servir à leur tour pour créer de nouveaux contenus. C’est la mécanique même de ce qu’est une bibliothèque qui se déploie dans le monde physique comme en ligne. Les archives de l’internet collectées par la BnF depuis maintenant deux décennies en sont la parfaite illustration : la BnF a pris rapidement conscience de l’importance patrimoniale que revêtaient ces contenus, souvent uniques et volatils, et de l’importance capitale de ces données pour la recherche, d’aujourd’hui et de demain. Cette année, la Bibliothèque a également organisé son premier « hackathon », permettant à des utilisateurs de concevoir des services et outils innovants de consultation ou de réutilisation de ses collections numériques, marquant par cet événement la volonté de l’institution d’établir une relation nouvelle de « coproduction » avec ses publics.

Le recensement des faits marquants et les focus sur les réalisations de l’année traduisent le dynamisme de la Bibliothèque et de ses agents, sur ses sites physiques, hors les murs et en ligne : les numérisations en 3D de globes conservés à la BnF, un nouveau site pour explorer trois siècles de presse –Retronews-, de nouvelles interfaces pour les catalogues de la BnF, une réflexion sur l’organisation des services et des espaces de la Bibliothèque avec des étudiants en design, des opérations d’enrichissement et de valorisation des collections, des expositions présentées en régions, mais bien sûr aussi la mise en œuvre constante du dépôt légal, le déploiement d’un programme d’exposition et de manifestations qui viennent à la fois favoriser la diffusion des collections et alimenter la réflexion de nos concitoyens, le maintien d’une exigence forte en matière de conservation, une politique de coopération internationale active, etc.

Sur le plan de la fréquentation, l'année 2016 affiche un bilan plutôt favorable. La fréquentation physique, sur tous les sites de la Bibliothèque, incluant la fréquentation des salles de lecture, des expositions, des manifestations, de l’offre pédagogique et des visites, s’élève à environ 1 150 000 visiteurs accueillis, des résultats positifs malgré une fermeture de 3 jours en raison de la crue de la Seine et la fermeture pendant un trimestre du site Richelieu pour réaliser les transferts de collections liés à l’achèvement des travaux de la première phase. Parallèlement, plus de 30 millions de visites sur les sites web BnF ont été comptabilisées, dont plus de 14 millions pour la seule bibliothèque numérique Gallica qui offre l’accès à plus de 4 millions de documents.

Enfin, 2016 a été l’occasion de faire aboutir, après six mois d’une intense réflexion stratégique, un nouveau contrat d’objectifs et de performance. Fondé sur les missions permanentes de l’institution, incarnant ses valeurs, illustrant les enjeux et les défis que la BnF doit relever, ce document fixe, pour les cinq années à venir, les grandes priorités stratégiques de la Bibliothèque et détaille les actions pour les réaliser.