Les activités culturelles et éducatives

Rendre accessible au grand public le savoir et la connaissance, mettre en valeur les collections et leur actualité, découvrir leurs richesses et leur rareté font partie des missions de la programmation culturelle. La Bibliothèque nationale de France a maintenu en 2017 une très importante activité : elle a présenté 12 nouvelles expositions temporaires sur ses sites et 14 expositions hors les murs ou en partenariat. À cette offre importante d’expositions, s’ajoutent des manifestations, conférences, spectacles, colloques et propositions pédagogiques.

Légende ci-après
Laboratoire de Français Langue Étrangère (FLE)
© Béatrice Lucchese / BnF

Les expositions

Les expositions à la BnF

La fréquentation globale des expositions à la BnF est de près de 340 000 visites pour l’année 2017 avec notamment 230 985 visiteurs pour les expositions temporaires dans les galeries d’expositions du site François-Mitterrand, à l’Arsenal ou sur le site de l’Opéra. Enfin, plus de 100 000 personnes (estimation) ont fréquenté les installations de l’allée Julien Cain, espace en accès libre.

Sur le site François-Mitterrand (Galeries 1 et 2), trois nouvelles expositions ont été proposées : Le Monde selon Topor, La Bibliothèque la Nuit et Paysages français, une aventure photographique. L’exposition Le Monde selon Topor a été conçue pour le 20e anniversaire de la mort de Roland Topor, artiste aux multiples facettes. Cette exposition a bénéficié d’un très bon accueil de la presse et du public, avec près de 19 000 visiteurs au total. La Bibliothèque la Nuit est une exposition exceptionnelle pour la BnF à plus d’un titre. Il s’agit de l’accueil d’une exposition produite par le metteur en scène Robert Lepage et sa compagnie Ex-Machina, inspirée de l’ouvrage éponyme d’Alberto Manguel, La Bibliothèque, la nuit. Elle a déjà été présentée deux fois au Québec en 2015 et 2016. La BnF l’a enrichie d'une introduction consacrée à l'imaginaire des bibliothèques, conçue à partir de ses propres collections. Cette exposition innovante est immersive par sa scénographie et ses dispositifs virtuels, le visiteur se retrouvant dans une reconstitution de la bibliothèque d’A. Manguel, avant de pénétrer dans un décor fantastique de forêt dans lequel, assis à une table de bibliothèque et équipé de lunettes de réalité virtuelle, il explore des bibliothèques réelles ou imaginaires. Paysages français, une aventure photographique, répartie sur les deux galeries d’exposition, est une exposition-somme (1 000 œuvres), aux angles multiples : histoire de la photographie, du paysage, histoire culturelle. Ce projet, d’une grande ampleur, a nécessité la coordination de nombreux interlocuteurs, avec une régie des œuvres importante et une gestion des droits exceptionnellement complexe. Des dispositifs nouveaux ont été testés avec notamment un espace de prise de vue dans la salle d’exposition.

La galerie des donateurs, d’accès libre, a permis la mise en valeur de quatre fonds : les archives du compositeur Olivier Messiaen, des dessins d’Eduardo Solá Franco, le fonds de la compagnie Théâtre du mouvement et les collections de Jean Rouch. Cette exposition a été réalisée dans le cadre du Centenaire Jean Rouch, avec le concours de la Fondation Rouch et du comité du film ethnographique et du CNC, parallèlement à l’hommage rendu à la Cinémathèque. Cette exposition a présenté la fabrique de ses films et s’est déployée également dans l’allée Julien Cain.

L’allée Julien Cain, espace en libre accès, a accueilli plusieurs autres expositions en 2017, en particulier l’exposition Sciences pour tous, réalisée à partir de reproductions de collections de la BnF, présentant la vulgarisation scientifique de 1850 à 1900. Elle a remporté un grand succès, avec beaucoup de visites de groupes (visites de Youtubeurs) et s’est vue pérennisée par une exposition virtuelle, ainsi qu’une web série. Puis, les lauréats du concours photographique de la Bourse du Talent 2017 ont été présentés, grâce au partenariat avec Picto.

Deux expositions ont été proposées sur le site de l’Opéra-Garnier : Mozart, une passion française et Patrice Chéreau, mettre en scène l’opéra.

Enfin, à la bibliothèque de l’Arsenal, l’exposition de bibliophilie a été consacrée à Louise-Denis Germain.

Sur le site Richelieu, suite à la réouverture de la première partie rénovée du site, la BnF a ouvert un espace semi-permanent, la rotonde des Arts du spectacle, espace de présentation des collections du département éponyme. C’est un élément important de la visite du parcours du site pendant la deuxième période de travaux. Une rotation des pièces de faible volume a eu lieu en juin (12 pièces).

Fréquentation des expositions temporaires (accès payants et gratuits)

Les expositions hors les murs

L’établissement a présenté 14 expositions en partenariat ou hors les murs, pour plus de 700 000 visiteurs.

Cinq expositions ont été conçues par la BnF et ont accueilli plus de 100 000 personnes : Le Luxe dans l’antiquité, trésors de la Bibliothèque nationale de France, Arles, Musée départemental Arles antique ; Les oiseaux du Nouveau monde, Fontainebleau, Château ; Mantegna graveur, Tours, Musée des Beaux-Arts ; Carte de la partie méridionale de L’Afrique depuis le tropique du Capricorne, par François Levaillant, Saint-Dié-les-Vosges, à l’occasion du festival international de géographie ; Théâtre du pouvoir, Reliures précieuses du Moyen Âge, Paris, Louvre. À Arles, en amont de l’exposition Paysages français, a été présentée Dans l’atelier de la Mission photographique de la DATAR : Regards de 15 photographes.

Plusieurs de ces expositions font partie de la collection « Dans les collections de la BnF », visant à valoriser les collections de l’établissement en régions : à Fontainebleau, Tours, Saint-Dié.

La BnF a participé à neuf expositions en collaboration, en raison du nombre, de la valeur des œuvres prêtées ou de l’implication dans le commissariat scientifique : Camille Pissarro, Impressions gravées, Pontoise, Musée Tavet-Delacour ; Jardins, Paris, Galeries nationales du Grand Palais ; Le Caire monumental dans l’objectif de Beniamino Facchinelli, Paris, Institut national d’histoire de l’art ; Rien n’a jamais commencé, Pierre Mercier, un festival, une exposition, Strasbourg, Musée d’Art Moderne et Contemporain ; Gaston d’Orléans, prince rebelle et mécène, Blois, Château royal ; Une Renaissance en Normandie, le cardinal Georges d’Amboise, bibliophile et mécène, Évreux, Musée d’Art, Histoire et archéologie ; Picasso et la maternité, Le-Puy-en-Velay, Hôtel-Dieu ; Anders Zorn, Paris, Petit Palais ; Bibliothèques royales et impériales à Compiègne, Compiègne, Musée national du palais. Près de 600 000 personnes ont visité ces expositions.

Les prêts à d’autres expositions

La BnF a consenti des prêts pour 167 expositions tant en France qu’à l’étranger, correspondant à 1 828 pièces.

Les collections de la BnF sont enfin présentes dans l’exposition permanente inaugurale du Louvre Abu Dhabi.

Les conférences et les colloques

Dans un environnement parisien à l'offre culturelle abondante, la BnF se singularise par l’ouverture encyclopédique à tous les savoirs et la découverte commentée des patrimoines écrits, artistiques et audiovisuels pour tous les publics. La programmation des conférences couvre un large champ formel et thématique : du débat d’idées contemporain à la valorisation des collections, en passant par la découverte de raretés ou d’inédits mis en scène ou en espace, issus des collections : manuscrits, documents autographes, estampes, objets d'arts… Ces conférences sont ensuite mises en ligne sur le site bnf.fr ainsi que sur des plates-formes externes. Depuis la fin de l’année 2017, plus de 250 conférences sont également consultables dans la bibliothèque numérique Gallica.

La BnF a reçu 34 075 visiteurs pour 300 manifestations publiques en 2017, dont une cinquantaine est le fruit d’une collaboration avec des partenaires, universités, institutions, médias. La progression de fréquentation est importante par rapport aux années précédentes. Cette évolution tient en partie de l’évolution de la programmation. Des manifestations exceptionnelles ont été proposées lors des portes-ouvertes organisées à l'occasion de la réouverture des premières salles du site de Richelieu et plusieurs nouveaux rendez-vous ont été mis en place, notamment un festival BnF – La bibliothèque parlante, les 20 et 21 mai, qui a marqué l’esprit du public mais aussi des personnels de l'établissement qui l'ont vécu comme un moment fédérateur et enthousiasmant – ou encore de nouveaux cycles comme « Archéologie de la Grèce », « Archéologie de la guerre » ou des « masterclasses littéraires » co-produites avec le Centre national du livre et France Culture, ainsi que le cycle « Einstein ». Parallèlement, la fréquentation de rendez-vous tels « Cours méthodiques et populaires de philosophie », « Un texte un mathématicien », « Trésors de Richelieu » s’est maintenue, voire a augmenté.

On peut également signaler parmi les événements marquants de cette année les manifestations associées aux expositions Paysages, Jean Rouch et Topor, le colloque organisé à l'Arsenal autour d'Oscar-Vladislas Lubicz-Milosz, les concerts inédits consacrés à Lully et Telemann ainsi que le cycle Cinéma, réalisé en partenariat avec l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, cette année autour de la thématique Écrire pour le cinéma.

1 000 vidéos dans Gallica

2017, une saison littéraire à la BnF

Fréquentation des principales manifestations culturelles

Les activités pédagogiques

L’action pédagogique de la BnF diffuse et valorise les collections auprès des publics scolaires, soit directement (classes), soit indirectement (enseignants, professeurs-documentalistes, bibliothécaires…). Cette mission prend la forme de visites des sites de la BnF et de ses expositions, d’ateliers thématiques (livre, presse, théâtre…), de formations pour les professionnels, de manifestations pédagogiques (débats et colloques publics) et de publications (dossiers pédagogiques par exemple, repris en ligne sur le portail classes.bnf.fr). Les niveaux scolaires concernés vont de la maternelle au début des études supérieures (classes préparatoires, BTS…).

La fréquentation physique des publics scolaires a progressé en 2017, avec 17 408 élèves et enseignants. La fréquentation physique globale des publics scolaires avait globalement pâti du contexte sécuritaire après les attentats 2015, et à cet égard l’exercice 2016 avait été celui d’une stabilisation (14 000 personnes environ), le tout restant cependant à un niveau inférieur à l’année 2014 (près de 20 000).

Plus de 3 000 personnes ont été reçues dans le cadre des expositions temporaires organisées à la BnF, notamment Paysages français et Pascal. Pour celle-ci, une approche simplifiée du propos historique, scientifique et biographique, s’appuyant notamment sur la manipulation d’une copie de « pascaline » a permis de séduire les classes de primaire et attiré quelque 500 personnes. Dans le second, c’est au contraire la multiplication des formules (visite simple, visite et mise en contexte, visite-atelier, visite « masterclasse » avec des photographes contemporains) qui a contribué au succès pour des niveaux scolaires variés. Deux expositions en allée Julien Cain ont fait l’objet d’une médiation spécifique, Sciences pour tous et Jean Rouch.

L’offre d’ateliers a évolué. Les activités liées aux livres, parmi les plus demandées, ont été regroupées pour davantage de lisibilité : d’une part une approche centrée sur les formes ; d’autre part des moments ou des pratiques particuliers (le livre médiéval, le livre animé). La même démarche est mise en œuvre dans le domaine de la presse avec des ateliers centrés sur des événements (Grande Guerre…) ou sur des pratiques (unes de presse) ou de la cartographie (étude de documents particuliers tels que les globes de Coronelli ou voyages de Marco Polo à travers un atlas catalan, ou histoire des représentations du monde). Des ateliers de recherche documentaire ont été mis en place pour favoriser l’appropriation de réflexes méthodologiques pour des publics divers : collèges, BTS et classes préparatoires.

En parallèle, des activités exigeant plusieurs séances se sont inscrites dans le cadre de projets annuels des classes dans le domaine de l’audiovisuel (création de films d’animation) et du théâtre (« petits conteurs »). De la même manière, le partenariat développé avec la ville de Montrouge s’est traduit en 2017 par des séries d’ateliers avec deux lauréats du Salon d’art contemporain de cette ville, l’un centré sur la notion de décor et de mise en scène, l’autre sur le travail d’archivage, de mémoire et de production du texte.

La fréquentation des ateliers sous toutes leurs formes progresse fortement : 3 300 en 2016, 5 900 en 2017.

D’autres activités, enfin, répondent à une logique de développement à long terme et d’intégration, selon une thématique de diffusion culturelle ou éducative, ou en visant un public spécifique. En 2017, avec le Centre européen des professions culinaires (CEPROC), des apprentis ont réalisé et exposé à la BnF des œuvres inspirées des modèles patrimoniaux conservés à la Bibliothèque. De la même façon, le partenariat entrepris avec la section de design graphique du lycée Jean-Pierre Vernant de Sèvres, qui implique enseignants et élèves sous la forme de visites, de rencontres et d’un concours, est appelé à connaître de nouveaux développements. Enfin, un travail concernant des classes d’élèves allophones de l’académie de Paris a été initié en partenariat avec le Centre Académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants et des enfants du Voyage de ce rectorat. Le projet propose aux classes une visite introductive de la Bibliothèque, complétée par une présentation des ressources du laboratoire de français langue étrangère ; il a aussi débouché sur l’inscription de ces classes à des visites d’expositions et des ateliers.

Les formations dans les territoires en éducation artistique et culturelle, débutées fin 2015, se sont poursuivies en 2017, avec cinq journées organisées à Rouen, Bordeaux, Abbeville, Tours et La Rochelle. Les actions hors les murs continuent de s’étendre avec 2 385 participants (élèves inclus) à ces activités (1 300 en 2016), soit 14% de l’activité.

La valorisation du patrimoine gastronomique

Fréquentation des activités pédagogiques

La médiation, le handicap et la diversification

L’accueil et les ateliers pour tous les publics

Des visites guidées des différents sites de la BnF (François-Mitterrand, Richelieu et bibliothèque de l’Arsenal) ainsi que des grandes expositions temporaires sont proposées. S’ajoutent des offres dédiées aux familles et aux enfants de 3 à 11 ans, à travers des parcours ludiques de découverte de la Bibliothèque sous la forme de jeu de piste et des ateliers pour familles et enfants. Sur le site François-Mitterrand, les visites en groupe touchent aussi bien le grand public qu’un public d’étudiants et de professionnels du livre ou du bâtiment. Au cours de l’année 2017, l’ensemble des visites guidées a accueilli 11 668 personnes, groupes ou individuels. Au sein de cet ensemble, 10 233 personnes ont participé aux visites guidées, pour un parcours découverte de la bibliothèque ou autour des expositions temporaires, et 1 435 personnes ont été reçues en atelier.

La politique d’accueil des publics en situation de handicap

La BnF a inscrit la politique d'accueil des publics en situation de handicap au cœur de ses priorités et de ses missions de service public.

En 2015, la Bibliothèque a déposé en préfecture son agenda d’accessibilité programmée pour le site François-Mitterrand, la bibliothèque de l’Arsenal et l’immeuble du 2, rue de Louvois, celui du site Richelieu étant à la charge de l’OPPIC. Ces programmes définissent les travaux prévus sur les neuf années à venir pour répondre aux normes d’accessibilité réglementaires. Sur le site François-Mitterrand, deux doubles portes coupe-feu permettant l’accès en bibliothèque de recherche à partir du hall principal ont été mécanisées, en test. Si le test est concluant, cette mécanisation sera généralisée sur une partie des autres portes coupe-feu dans les espaces publics dont les portes d’accès aux auditoriums. Sur le site Richelieu, un guidage au sol a été installé pour faciliter les déplacements des usagers déficients visuels. Ce guidage est complété de balises sonores diffusant des informations directionnelles. Le site Richelieu a par ailleurs été équipé de boucles à induction magnétiques permettant l’accueil des usagers malentendants appareillés aux différents points d’information du site. À l’Arsenal, un marché de maîtrise d’œuvre a été passé auprès de l’architecte en chef des monuments historiques pour des travaux de mise en conformité de l’accessibilité de ce site (rampe, ascenseur, sanitaires accessibles…).

En 2017, environ 7 900 visites d’usagers en situation de handicap ont été réalisées dans les salles de lecture (essentiellement sur le site François-Mitterrand) et près de 1 000 d’accompagnateurs.

Concernant l’accueil des lecteurs déficients visuels en salles de lecture, des postes informatiques dédiés ont été installés en cabines des salles de lecture E, M et U sur le site François-Mitterrand. Le poste public déficience visuelle du site Richelieu a lui été redéployé en salle Labrouste le temps de la période des travaux. Les logiciels d’aide à la lecture (jaws et zoomtext) sont disponibles sur ces postes tout comme Vocale Presse permettant l’accès par synthèse vocale à des titres de quotidiens dès leur sortie.

La BnF propose un service de visio-interprétation en langue des signes et transcription instantanée de la parole pour communiquer avec les publics sourds et malentendants. À partir du site internet de la BnF, deux modes de communication sont proposés selon les besoins du lecteur ou du visiteur : la transcription instantanée de la parole par un sous-titrage en temps réel et la visio-interprétation en langue des signes française (LSF). Le service est également disponible sur le site François-Mitterrand, aux différents points d’information, à l’accueil et dans toutes les salles de lecture. Un déploiement du service est prévu sur le site Richelieu en 2018. Par ailleurs, la BnF a choisi de collaborer avec l’association Signes de Sens, spécialisée dans la médiation culturelle auprès du public sourd : en 2017, 3 visites-découvertes du site François-Mitterrand ont eu lieu. Ce partenariat contribue à une meilleure appropriation du contenu des visites par le public sourd. Des supports de communication ciblés ont été expérimentés : vidéo d’annonce en langue des signes, diffusion de l’information sur les réseaux sociaux.

Le service de l’accueil a reçu plus de 300 personnes en situation de handicap en visites guidées de sites et d’expositions temporaires.

La BnF a signé une convention avec l’association les Papillons blancs de Paris qui a pour objectif la création d’une offre de visite en direction du public en situation de handicap mental. Cette collaboration donnera lieu à la création de deux documents d’accompagnements à la visite du site François-Mitterrand écrits en langage facile à lire et à comprendre (FALC). Le service de l’Action pédagogique adapte la plupart de ces ateliers afin de permettre aux élèves en situation de handicap mental de participer aux activités. Des accueils réguliers de classes ULIS (unités localisées pour l'inclusion scolaire) ou IME (institut médico-éducatif) ont lieu ainsi que des projets sur plusieurs séances à la BnF et dans leurs locaux.

Le service de l’Action pédagogique propose aux classes accueillant des élèves en situation de handicap visuel deux ateliers tactiles autour de l’histoire du livre. Ces ateliers sont gratuits et s’adressent aux élèves du primaire au lycée. Un parcours inter structure s’est déroulé au premier semestre 2017 : une classe de 5e de l’Institut national des jeunes aveugles de Paris a ainsi suivi des visites thématiques de découverte des sceaux médiévaux aux Archives nationales, à la BnF et au château de Vincennes. Par ailleurs, à l’occasion de l’exposition Quoi de neuf au Moyen Âge organisée à la Cité des sciences, plusieurs établissements culturels se sont associés. La BnF a dans ce contexte proposé 3 ateliers tactiles sur le manuscrit médiéval. Une attention particulière est accordée aux dispositifs permettant d’améliorer la visite des personnes déficientes visuelles à l’occasion des expositions et deux visites de l’exposition en langue des signes ont été programmées.

L’accessibilité de ses ressources et services numériques constitue une autre des préoccupations de la BnF. La société Atalan, spécialisée dans l’accessibilité du web et la sensibilisation au handicap, accompagne ainsi l’établissement depuis 2014. Cet accompagnement prend plusieurs formes : sensibilisation et transfert de compétences à destination des professionnels et des utilisateurs ; audits et recommandations pour l'amélioration de l'accessibilité des applications existantes et assistance à la conception ergonomique et graphique des nouvelles applications ; support technique aux équipes de développement ; délivrance d'attestations de conformité au référentiel général de l’accessibilité des administrations (RGAA). Dans ce contexte, la BnF a mis en ligne l’attestation de conformité de son site gallica en novembre 2017. Une facette « accessibilité » a par ailleurs été créée dans BnF catalogue général pour accéder aux collections en braille, gros caractères, en langue des signes.

La BnF a reçu par le décret n° 2009-131 du 6 février 2009 la mission d’être l’organisme dépositaire des fichiers numériques des éditeurs ayant fait l’objet d’une demande par un organisme agréé de deuxième niveau. Elle centralise les demandes, sécurise les transferts de fichiers, conserve les documents déposés et les met à disposition des organismes agréés sans limitation de date. Entrée en service en 2010, la plateforme sécurisée de transferts d’ouvrages numériques PLATON permet l’amélioration de l’accès à la lecture aux personnes en situation de handicap, grâce à la collaboration des éditeurs, des organismes agréés et de la BnF. La plateforme connaît une activité dynamique avec 1 142 éditeurs inscrits et plus de 14 000 adaptations au total. La rentrée littéraire accessible, organisée par le Syndicat national de l’édition avec le Centre national du livre et la BnF, a été reconduite en 2017. La promulgation de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP) et son décret d’application du 28 février 2017 étendent le périmètre de l’exception handicap aux « DYS- » (dyslexiques, dyspraxiques…) et font de PLATON une plateforme de mutualisation des fichiers adaptés, déposés et récupérés par les organismes agréés.

La plateforme PLATON propose 41 283 titres éditeurs à la fin de l’année 2017, dont 9 415 titres déposés en 2017. Les manuels scolaires sont concernés depuis mars 2017 par le dispositif, les éditeurs devant les déposer systématiquement dès parution, sans demande préalable des organismes. 327 manuels scolaires ont ainsi été déposés sur PLATON en 2017.

La mission de diversification des publics

La BnF accueille également les publics en difficulté sociale et éloignés de la culture. Elle s’appuie sur un réseau de relais tels que les centres sociaux, les antennes jeunes, les associations d’alphabétisation, de Français Langue Étrangère (FLE) ou encore les services qui développent des actions culturelles en direction des publics hospitalisés, auxquels elle propose des ateliers de découverte des collections, des visites des expositions et tous autres projets à même de faire de la culture un monde partagé. La Bibliothèque est également membre de la Mission « Vivre Ensemble » qui réunit plus de trente établissements culturels.

En 2017, près de 400 relais et 1 300 personnes ont été reçus. Les associations majoritairement accueillies travaillent auprès des apprenants en français (réfugiés, migrants, résidents en hébergements d’urgence, jeunes mineurs étrangers isolés…). Les centres sociaux et associations comme Le Secours Populaire, le Secours Catholique viennent en second. Ces structures accueillent des habitants de banlieue et de quartiers populaires. Puis viennent les Centres de formation, groupements d’établissement Greta, le réseau Écoles de la 2e chance (E2C) et les Missions locales, qui accueillent des jeunes. Ces derniers effectuent une scolarité courte ou sont en échec vis-à-vis de l’école, voire en décrochage scolaire. Les structures qui accueillent ces jeunes sont très en demande de rencontres avec des professionnels. Ces trois types de publics constituent plus de 80% des publics accueillis. La dernière fraction de publics est constituée par les associations culturelles grand public et les publics dits empêchés (handicapés, établissements et service d’aide par le travail), les associations venues dans le cadre des projets zones de sécurité prioritaire, les étudiants en formation de médiation culturelle et les structures relevant du ministère de la Justice. Par ailleurs les projets ZSP programmés sur trois ans (2016-2018) se sont poursuivis en lien avec les associations du XXe arrondissement de Paris et la mairie de Grigny.

Le labo français langue étrangère est un espace dédié à l’autoformation en français. Il est installé en salle G de la bibliothèque du Haut-de-jardin et destiné à toute personne pour qui le français est une langue étrangère et souhaite l’apprendre ou améliorer ses connaissances, grâce à l’utilisation de méthodes accessibles en lignes sur 10 postes informatiques et d’ouvrages proposés en libre accès (anglais, allemand, italien, portugais, turc, japonais, russe, arabe). Le public le plus régulier est constitué d’étudiants non-francophones (boursiers Erasmus ou autres) et de salariés désireux d’approfondir leurs connaissances, dans le but précis de poursuivre un cursus universitaire ou d’obtenir un emploi. Un atelier de conversation en français a été proposé au public étranger à la fin de l’année 2016 et s’est poursuivi en 2017. Cet atelier se déroule tous les mardis en soirée pour un groupe d’une douzaine de personnes. Il est gratuit et ne nécessite pas d’être inscrit comme lecteur à la bibliothèque : 97 ateliers ont eu lieu, accueillant 855 personnes de 48 nationalités différentes (du Japon à l'Iran en passant par le Kosovo, la Moldavie, la Chine, le Vietnam, Brésil et une forte représentation des pays d'Amérique du Sud). Ont également été organisées en 2017, 21 visites du laboratoire FLE.

Les éditions

La BnF est un éditeur public dont le catalogue compte un peu plus de mille titres. On peut distinguer, au sein de la production éditoriale de la BnF, quatre types de publications : des ouvrages scientifiques de référence dont la programmation s’inscrit dans le cadre de sa politique scientifique ; des catalogues d’exposition dont l’exploitation commerciale se prolonge au-delà de l’exposition qui a motivé leur publication et qui sont largement diffusés en librairie ; des ouvrages de valorisation des collections à destination d’un large public, qui contribuent au rayonnement des collections et sont destinées à dégager des recettes ; des produits dérivés, sous forme de cartes postales et de calendriers essentiellement, réalisés avec des partenaires dotés de réseaux de distribution spécialisés.

2017 marque une stabilisation de la production, avec 29 nouveautés (29 en 2016 et 28 en 2015). Dans le domaine des ouvrages scientifiques, on note la parution de deux nouveaux volumes de la Bibliographie de la presse française politique et d’information générale (BIPFPIG) – Eure et Hautes Pyrénées –, des Arabesques de Debussy (coédition Centre de documentation Claude Debussy), des Monnaies celtiques, volume 2 (coédition MAN), de Robert Damien, de l’électeur au lecteur (coédition ENSSIB), de Jean Rouch (coédition Somogy, CNC), des Atlas militaires manuscrits (xviie-xviiie siècles) (coédition ministère des Armées), de La Police des métiers du livre à Paris au siècle des Lumières. L’année 2017 a par ailleurs été marquée par la poursuite du programme de publication numérique des ouvrages scientifiques sur la plateforme Open Edition Books, avec 1 nouvelle mise en ligne (30 titres au total à fin 2017).

Concernant les catalogues d’exposition, 4 titres sont parus : Le Monde selon Topor (coédition Cahiers dessinés), Louise-Denise Germain. Reliures (dans la série « Bibliothèques de bibliophiles »), Mozart, une passion française (coédition ONP) et Paysages français. Une aventure photographique (1980-2017).

Dans le domaine de la valorisation sont parus l’agenda 2018 Promethée moi l’amour, les Contes de Grimm illustrés par Rackham, Richelieu, quatre siècles d’histoire architecturale au cœur de Paris (coédition INHA), Flora Allegoria, Pierre qui roule n’amasse pas mousse et autres proverbes, illustrés par Grandville et commentés par Alain Rey, Le Grand Armorial équestre de la Toison d’Or (coédition Seuil) et deux titres jeunesse, L’Écureuil et Les Deux Coqs (coédition Albin Michel Jeunesse). À noter également, 4 nouveaux titres dans la collection « L’œil curieux » et le lancement d’une nouvelle collection consacrée à la littérature : « Les orpailleurs », avec 3 titres.

La nouvelle formule de la Revue de la BnF, lancée en avril 2016, a réalisé une deuxième année encourageante avec deux numéros respectivement consacrés à la philosophie (n° 54) et au son (n° 55) ; son chiffre d’affaires enregistre une augmentation de 10% par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre d’abonnés se stabilise à 224.

En 2017, sont parus 5 titres en langues étrangères et dix nouveaux contrats de cession ont été signés avec le Japon, l’Angleterre et la Chine.

En net recul par rapport à 2016 (-23,6%), le chiffre d’affaires s’établit fin 2017 à 570 224 € hors taxes. Cette baisse, inédite depuis quatre ans, s’explique principalement par les résultats du catalogue Avedon ainsi que par l’absence de catalogues pour l’exposition La bibliothèque la nuit au printemps et pour la petite galerie à l’automne, Paysages français couvrant les deux galeries). Au final, la ligne catalogues d’exposition, qui représente un peu plus de 400 000 € de recettes annuelles, a généré en 2017 un chiffre d’affaires de 141 241 €. Sur la période, les ouvrages de valorisation enregistrent en revanche une hausse de 25%, tandis que les cessions de droits étrangers font un bond de 302%. Ces performances contrastées valident la stratégie de diversification mise en place début 2013 afin de réduire la dépendance aux résultats des catalogues.

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