Gallica et la politique de diffusion numérique des collections

Conformément à ses missions statutaires, la BnF doit assurer l’accès du plus grand nombre à ses collections. Ouverte en 1997, la bibliothèque numérique Gallica est un des principaux vecteurs de cette mission. Bibliothèque encyclopédique et raisonnée, Gallica offre un accès gratuit à tous types de supports, en mode image et en mode texte : imprimés (livres, périodiques et presse), manuscrits, documents sonores, estampes, photographies, affiches, cartes et plans, monnaies, vidéos etc. Gallica est constituée majoritairement de documents libres de droits – ou dont les droits de diffusion ont été négociés par la BnF avec les ayants droit – issus des collections de la BnF, mais aussi des fonds numérisés de bibliothèques partenaires et, depuis 2012, de documents sous droits issus des collections de la BnF et consultables uniquement dans les salles de lecture de la Bibliothèque.

Légende ci-après
Les français peints par eux-mêmes : encyclopédie morale du dix-neuvième siècle, tome 3
Gallica – BnF

Grâce à d’importants programmes de numérisation concertée, à des partenariats d’interopérabilité et dorénavant d’intégration et de diffusion de fichiers, Gallica n’est plus seulement une plateforme de consultation des documents conservés à la BnF, mais elle est une bibliothèque numérique collective et le pivot de la coopération numérique entre la BnF et les autres bibliothèques. Les contenus ont continué à s’accroitre, avec près de 280 000 documents mis en ligne en 2016, et la fréquentation des sites Gallica est toujours très élevée avec plus de 14 millions de visites enregistrées, soit près de 40 000 visites par jour.

La politique de diffusion numérique des collections de la Bibliothèque s’appuie également sur les programmes partenariaux conduits par la filiale BnF-Partenariats.

L’offre documentaire et les fonctionnalités

L’offre disponible

Le nombre de documents de Gallica s’élève fin 2016 à près de 4 millions, contre 3,5 millions à fin 2015. Parmi cette offre documentaire, 532 000 proviennent des fonds des partenaires, qu’ils soient directement disponibles dans Gallica ou seulement indexés. L’offre documentaire de Gallica reflète aujourd’hui les collections patrimoniales nationales dans toute leur diversité et toute leur richesse avec près de 350 000 monographies en ligne, environ 1,8 million de fascicules de périodiques, 1,2 million d’images, 180 000 objets numérisés, majoritairement des collections de monnaies, ou encore 100 000 cartes et plans, 60 000 manuscrits, 40 000 documents de musique notée et 35 000 documents sonores.

L’offre documentaire de Gallica

Gallica intra muros offre dans les emprises de la BnF un accès unifié et facilité à la totalité des collections numérisées de la BnF, du domaine public et sous droits. Le nombre de documents s’élève, fin 2016, à un peu plus de 4,6 millions, dont environ 600 000 documents sous droits visibles uniquement in situ.

Le développement des fonctionnalités de Gallica

L’année 2016 a vu les développements suivants aboutir :

  • la mise à jour du moteur de recherche Exalead en version 6, permettant d’améliorer la complétude et la pertinence des résultats. Elle ouvre la voie aux traitements des entités nommés (noms de personnes et de lieux) dans Gallica ;
  • la création du rapport de recherche pour faciliter le dépouillement des résultats d’une recherche en consultant dans de petits extraits de page l’ensemble des occurrences d’un mot dans un document. Il est possible d’exporter ce rapport en PDF ou CSV pour l’imprimer, le conserver et retravailler sur celui-ci régulièrement. Le rapport de recherche est mis à disposition pour chaque document ou groupe de documents (périodiques, ouvrages multi-volumes) via la fonction « Voir tous les extraits dans le rapport de recherche » ;
  • la poursuite du travail sur l’accessibilité pour atteindre le niveau AA (norme RGAA) ;
  • la mise à jour des versions mobiles des applications Gallica, désormais compatibles avec les versions récentes des systèmes d’exploitation des appareils mobiles (téléphone, tablette) ;
  • la création des « Unes du jour » pour consulter quotidiennement une revue de presse datée d’il y a 100 ans.

Le développement de la médiation numérique

Le développement d’accès structurés aux collections de Gallica, conçus afin de faciliter la recherche des internautes et de valoriser la richesse et la diversité des fonds numérisés, a débuté en 2013. À fin 2016, plus de 90 corpus sont accessibles.

Trois types d’accès sont disponibles : par types de documents, par thématiques, par aires géographiques. Selon les ensembles documentaires, les corpus peuvent bénéficier d’accès multiples. C’est par exemple le cas pour les corpus autour de la Première Guerre mondiale, qui sont regroupés dans l’accès « Histoire », mais sont aussi présents dans les accès par types de documents (journaux de tranchées, images, chansons, enregistrements de discours, etc.) et sont destinés à se déployer prochainement par régions dans l’accès « France », qui a continué à s’étoffer tout au long de l’année 2016. Il regroupe désormais plus de 65 000 documents. Gallica permet d’interroger chaque fonds local comme un corpus à part entière, à partir d’une simple url portant sur une requête fédérée pré-remplie. Il peut être non seulement consulté, mais aussi réutilisé par des acteurs territoriaux souhaitant exploiter et partager ces ressources.

Parmi les corpus mis en ligne en 2016, citons notamment « Patrimoine équestre », réalisé grâce aux fonds numérisés de la BnF et de douze de ses partenaires, « France-Brésil », riche de documents provenant de la Bibliothèque Sainte-Geneviève et de la Bibliothèque nationale du Brésil, « L’Europe en cartes », ou « Les consoles de jeux vidéo anciennes ».

Chaque corpus bénéficie d’une valorisation spécifique au moment de sa mise en ligne (billet de blog, relais sur les réseaux sociaux ou rencontre Gallica dédiée, dans les emprises de la BnF et/ou de partenaires extérieurs, à la rencontre de nouveaux publics). Les statistiques de consultation font apparaître un grand intérêt des internautes pour la majorité des ensembles documentaires ainsi valorisés.

La lettre d’information de Gallica, envoyée à 60 000 abonnés, a retrouvé depuis septembre 2016 son rythme de publication mensuel. Pour un meilleur référencement, l’ancien blog Gallica a été fermé après récupération et versement de ses archives dans le nouveau blog. La programmation éditoriale du blog a été structurée de manière à soutenir le rythme de publications et à instaurer des rendez-vous réguliers, en particulier par le biais de séries (par exemple, « Oscar Wilde dans la presse française », en trois épisodes, ou « Héros de la littérature pour la jeunesse », en six épisodes publiés pendant la manifestation « Partir en livres »). En 2016, la bibliothèque numérique a aussi continué à renforcer sa présence sur les réseaux sociaux : la page Facebook (qui a dépassé les 100 000 abonnés en début d’année 2016 pour atteindre 119 000 abonnés en fin d’année), le fil Twitter (44 500 abonnés) et le compte Pinterest (5 000 abonnés) valorisent les contenus et services de Gallica. Ils s’attachent également à mettre en valeur les réutilisations de documents de Gallica par les Gallicanautes (hashtag #Gallicanautes sur Twitter ; tableau « Trouvailles de Gallicanautes » sur Pinterest) et à interagir avec les communautés au travers, notamment, des Énigmes du vendredi et des « Albums de l’invité » sur Facebook et d’une chasse au trésor régulière sur Twitter.

En 2016, l’équipe Gallica a développé de nombreuses opérations en direction des Gallicanautes visant à augmenter la visibilité de la bibliothèque numérique et à engager les internautes à utiliser, partager et diffuser ses richesses. On peut citer :

  • la mise en valeur de numérisations exceptionnelles, comme les globes en 3D ou la numérisation de l’exemplaire de Bordeaux des Essais de Montaigne ;
  • la mise en avant de nouveaux services ou outils ;
  • des opérations de conquête de nouveaux publics, dont #PalaceDay avec le Château de Versailles, #1Mot1Tweet avec les éditions du Robert, la sélection de 75 EPUB versée dans Eduthèque.

Des globes numérisés en trois dimensions

Écran tactile qui permet de voir un globe en 3D © David Paul Carr / BnF

Les publics de Gallica

En 2016, la consultation de Gallica est en léger recul (14,24 millions de visites contre 15,98 en 2015, soit une baisse de 12%). Il convient néanmoins de relativiser cette tendance générale, car l’évolution des statistiques de consultation sur l’année 2016 montre que l’écart entre 2015 et 2016 s’est surtout creusé durant la première moitié de l’année, tandis que les quatre derniers mois ont permis de retrouver des chiffres équivalents à ceux de l’année précédente. La BnF a en effet rapidement réagi à l’évolution de la fréquentation en faisant évoluer son offre technique.

Selon les sites et applications, des différences apparaissent : les sites Gallica (avec 11 987 267 visites, soit -11% par rapport à 2015) et Gallica intra muros (avec 39 455 visites, soit -20%) sont les plus touchés par la baisse, tandis que le site web mobile (1 523 994 visites) voit son utilisation augmenter (+5%). Le recours aux applications Gallica pour iPad et Androïd est quant à lui en légère baisse avec 337 185 visites (-8%). Au total, les visites des versions mobile et application représentent 13% du total de la fréquentation de Gallica. Si l’on ajoute la consultation des autres sites Gallica réalisée sur des supports mobiles (tablettes, téléphones), la fréquentation mobile représente 20% des visites.

L’utilisation du protocole IIIF [3] est en hausse, notamment par des sites référents faisant appel à des images de Gallica pour les intégrer dans leurs propres pages. Les sites référents les plus actifs en 2016 sont : europeana.eu, jessehurlbut.net, projectmirador.org et retronews.fr).

En ce qui concerne la connaissance des publics de Gallica, l’année 2016 a été marquée par la mise en place de différents protocoles d’étude et de recherche dont les résultats seront connus en 2017 :

  • dans le cadre d’une convention de recherche avec le labex Obvil et Télécom ParisTech « Mettre en ligne le patrimoine : transformation des usages, évolution des savoirs ? », un dispositif d’enquêtes croisées, qualitative et quantitative, a été mis en place : à la suite de 15 entretiens avec des Gallicanautes, un questionnaire a été mis en ligne sur Gallica, rencontrant un franc succès avec 7 625 questionnaires complétés ; enfin, pour observer les usages de manière plus complète et concrète, la navigation de 10 usagers de Gallica a été filmée et analysée grâce à des entretiens d’auto-confrontation ;
  • par ailleurs, dans le cadre de la convention de partenariat avec Télécom Paristech, une analyse des traces d’usages de Gallica (logs de connexion) est en cours, utilisant les méthodes de la fouille de données permettant de modéliser des sessions-types d’utilisation de Gallica. Ces analyses doivent permettre d’évaluer la place de la médiation dans la consultation de Gallica et la diversité des fonds consultés.

La fréquentation de Gallica

3 IIIF (International Image Interoperability Framework) désigne à la fois une communauté et un ensemble de spécifications techniques dont l'objectif est de définir un cadre d'interopérabilité pour la diffusion d'images haute résolution sur le web.

Gallica, bibliothèque collective

La coopération numérique, priorité de la politique de coopération nationale de la BnF, vise à créer, diffuser, valoriser et préserver les plus vastes ensembles possibles de ressources patrimoniales numérisées, quels que soient la localisation des collections et le statut des contributeurs. Cette entreprise collective répond à un enjeu culturel fort : offrir au citoyen un accès aisé au patrimoine, national, régional, local ; rendre plus visibles sur internet la culture et la langue françaises ; mettre de nouveaux matériaux à la disposition de l’enseignement et de la recherche en révélant des sources inédites ou méconnues.

La démarche couvre tout le spectre de la constitution d’une bibliothèque numérique : recensement des corpus documentaires à numériser ; sélection, numérisation, valorisation éditoriale et scientifique ; multiplication des accès pour la plus large diffusion des ressources au niveau local (sites et catalogues des bibliothèques), régional (portails régionaux), national (Gallica), européen (Europeana) et international. Pour mener à bien ces actions, un écosystème de près de 350 partenaires numériques s’est constitué autour de la BnF, agissant avec des objectifs partagés de diffusion libre et gratuite du savoir : bibliothèques des collectivités territoriales et de l’enseignement supérieur et de la recherche, bibliothèques dépendant des ministères et des corps constitués, bibliothèques des archives et des musées, bibliothèques de statut divers (associations, fondations, etc.).

Les partenaires de Gallica au 31 décembre 2016

Numériser ensemble

Appliquant à la numérisation partenariale une logique documentaire, la BnF est guidée par plusieurs principes structurants : numérisation d’imprimés en français et dans les langues de France (livres et revues, hors presse), du domaine public ou dont les droits ont été négociés, dans le cadre de programmes de numérisation aux objectifs et principes explicités (signalement systématique au préalable, complémentarité documentaire maximale, recherche de l’exhaustivité des ensembles documentaires constitués), ouverts à toutes bibliothèques et ambitionnant la constitution de corpus thématiques ou d’intérêt régional d’envergure, très visibles sur internet. Il s’agit donc d’optimiser la numérisation en recherchant une efficacité collective et en produisant un effort partagé dans une démarche complémentaire de celle que la BnF mène depuis 2007 en numérisant massivement ses propres collections d’imprimés. Tous les programmes de numérisation soutenus par la BnF visent à enrichir Gallica (cf. Les activités européennes et internationales et La coopération documentaire nationale).

Les bibliothèques françaises – pôles associés de la BnF et autres partenaires – sont invitées à participer à plusieurs programmes de numérisation concertée. Ces programmes sont thématiques (sciences juridiques, lancé en 2008 avec 20 partenaires ; histoire de l’art, lancé en 2010 avec 14 partenaires ; littérature patrimoniale pour la jeunesse, lancé en 2013 avec 11 partenaires ; Première Guerre mondiale, lancé en 2013 avec 9 partenaires) ou d’intérêt régional (histoire des territoires, publications des sociétés savantes). Certains programmes visent à compléter des corpus plus modestes, mais précieux sur le plan documentaire et scientifique (publications des académies et sociétés nationales, presse clandestine 1939-1945, patrimoine équestre).

La BnF travaille également avec ses pôles associés et autres partenaires numériques dans le cadre de projets bilatéraux, autour de thématiques variées (histoire économique et sociale, relations internationales, sports, etc.). Parmi les actions remarquables, on citera celles conduites avec une quinzaine de partenaires en sciences et techniques, majoritairement de la sphère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, qui permettent la constitution d’un important patrimoine en histoire des sciences accessible dans Gallica.

La BnF conduit également des programmes de numérisation concertée pour des ressources non imprimées (portulans, manuscrits), avec l’objectif de reconstituer virtuellement des ensembles répartis physiquement entre différentes bibliothèques. Enfin, certaines bibliothèques peuvent être parties prenantes, aux côtés de la BnF, de programmes européens et internationaux.

On peut encore citer le corpus numérique de référence sur la Caraïbe et l’Amazonie. De régional (Martinique, Guadeloupe, Guyane), le programme de numérisation sur la Caraïbe et l’Amazonie, lancé en 2009 et copiloté par la BnF et l’Université des Antilles, a pris en 2016 une dimension nationale avec l’association au projet de nombreuses bibliothèques patrimoniales métropolitaines. Ce programme de numérisation vise à contribuer à l’histoire des territoires et des sociétés françaises d’Amérique. Il concourt également à une meilleure connaissance de l’histoire des nombreux autres territoires de cet espace tels que la Louisiane, Haïti ou Sainte-Lucie qui ont été français et conservent aujourd’hui encore des traces culturelles de ces relations. Les collections sur la traite, l’esclavage et les abolitions représentent une part significative des opérations réalisées dans le programme de numérisation concertée Caraïbe-Amazonie. Le programme répond ainsi aux attentes de la loi du 21 mai 2001, et plus particulièrement à celles définies dans l’article 2 : « Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent. La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l’esclavage sera encouragée et favorisée. »

Optimiser la diffusion numérique

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Au cours des dernières années, Gallica a fortement accentué sa dimension de bibliothèque numérique collective. La démarche fédérative, engagée dès le lancement de Gallica en 1997, permet aujourd’hui de donner accès aux ressources numériques de 346 partenaires (305 fin 2015). Parmi ceux-ci, on distingue quatre types de partenaires :

  • 213 partenaires des territoires (bibliothèques et archives des collectivités territoriales, structures régionales de coopération, sociétés savantes) ;
  • 55 partenaires de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
  • 72 autres partenaires (bibliothèques spécialisées essentiellement, avec des statuts variés et rattachées à des tutelles très diverses) ;
  • 6 bibliothèques étrangères.

À fin 2016, Gallica diffuse ainsi 532 514 documents de partenaires, soit +30% par rapport à l’année précédente. L’entrée des collections des partenaires de Gallica prend plusieurs voies :

  • l’intégration par numérisation des documents physiques dans les programmes et les marchés de la BnF, dispositif mis en place dès 1997 avec le programme national de numérisation des sociétés savantes. Il a pris une nouvelle ampleur à compter de 2009, et en particulier depuis 2011, avec l’ouverture des marchés successifs de numérisation des imprimés de la BnF aux bibliothèques partenaires pour un tiers de leur volumétrie, sur crédits du Centre national du livre. De 2009 à 2016, près de 15,2 millions de pages d’imprimés ont été numérisées à partir des collections des bibliothèques et organismes documentaires partenaires. Priorité est donnée aux sélections réalisées dans le cadre des programmes de numérisation concertée. L’intégration concerne également des documents à haute valeur patrimoniale numérisés par la BnF dans ses marchés spécialisés ou ses ateliers internes. Deux opérations ont été réalisées en 2016, concernant des documents exceptionnels, aujourd’hui accessibles dans Gallica :
    • la première opération a permis la numérisation en très haute qualité (600 DPI) de l’un des trésors de la Bibliothèque municipale de Bordeaux, l’exceptionnelle édition des Essais de Montaigne annotée de la main de l’auteur. Après sa numérisation au Centre technique de conservation Joël-le-Theule à Sablé-sur-Sarthe, le document a été présenté à la bibliothèque municipale de Bordeaux dans le cadre de l’exposition Montaigne Superstar. Un reportage vidéo a été réalisé à cette occasion, consultable en ligne. Le document est accessible à la fois sur Gallica et sur Séléné, la bibliothèque numérique de la BM de Bordeaux ;
    • la seconde opération a concerné un ensemble de manuscrits de Flaubert conservés à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Ont ainsi été numérisés par la BnF la version manuscrite définitive de l’Éducation sentimentale ainsi que l’ensemble des carnets de travail et de voyage de Flaubert.
  • l’intégration par dépôt de fichiers numériques. Lorsque le partenaire ne dispose pas de bibliothèque numérique, il peut souhaiter la diffusion de ses ressources numérisées dans Gallica. Testée depuis 2010 avec l’entrée de fichiers à l’unité, l’intégration de masse a été expérimentée en 2013. Au 31 décembre 2016, vingt-sept partenaires ont intégré des documents numériques dans Gallica, pour un total de 35 415 fichiers.
  • le référencement des ressources numériques des partenaires de la BnF par interopérabilité OAI-PMH. En 2016, dix nouvelles bibliothèques numériques sont venues rejoindre Gallica, portant à 79 le nombre de bibliothèques dont les documents numériques sont indexés dans Gallica (73 bibliothèques françaises et 6 étrangères). Elles enrichissent Gallica de près de 310 000 documents, d’une grande diversité et d’un fort intérêt documentaire. Une partie des ressources moissonnées a été produite grâce à des subventions de la BnF, qui pose comme condition à son soutien financier d’une part la mise en ligne rapide des documents dans une bibliothèque numérique, d’autre part l’interopérabilité de celle-ci avec Gallica.

Soucieuse de garantir à ses partenaires le respect de leur identité numérique, la BnF présente leurs collections dans Gallica avec des mentions de source individualisées. Les partenaires intégrés bénéficient de l’ensemble des fonctionnalités présentes et à venir de Gallica. Des pages de présentation des partenaires permettent de valoriser les institutions qui diffusent tout ou partie de leurs collections numériques dans Gallica.

Mutualisation des infrastructures et des services : Gallica marque blanche

La BnF a souhaité mutualiser les moyens alloués au développement de sa bibliothèque numérique et faire ainsi bénéficier ses partenaires de son savoir-faire, en proposant une offre de bibliothèque numérique en Gallica marque blanche. Cette opération, conduite avec des bibliothèques qui disposent de ressources numériques et souhaitent les diffuser, permet également à la BnF d’enrichir les collections numériques nationales et de rendre les documents numériques des partenaires accessibles via ses catalogues. Alors que l’année 2015 avait été essentiellement employée à la mise en place de l’offre Gallica marque blanche, l’année 2016 a, quant à elle, été consacrée à la poursuite des partenariats existants et au lancement de nouveaux projets dans un nouveau contexte clarifié et rationalisé.

Les sites Numistral, bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg (BNUS), et La Grande Collecte, portail de diffusion d’une sélection de documents numérisés à l’occasion des opérations de Grande Collecte, pilotées par le Service Interministériel des Archives de France (SIAF), ont été respectivement lancés en 2013 et 2014. En 2016, ils ont continué leur enrichissement documentaire et ont connu des changements techniques et ergonomiques majeurs puisqu’ils ont tous deux basculé sur la nouvelle version de Gallica à l’automne 2016 (La Grande Collecte en octobre puis Numistral en novembre). Le SIAF a profité de ces travaux pour revoir intégralement la page d’accueil de La Grande Collecte. Numistral, quant à elle, a vocation en 2017 à devenir une véritable bibliothèque numérique collective en élargissant son fonds documentaire grâce au moissonnage des ressources des Services Communs de la Documentation de l’Université de Haute Alsace (UHA) et de l’Université de Strasbourg (Unistra).

Parallèlement, 2 nouveaux projets Gallica marque blanche ont été lancés en 2016, avec une date de mise en ligne prévisionnelle à horizon du 1er trimestre 2017 :

  • la bibliothèque patrimoniale du Réseau Francophone Numérique (RFN), projet international soutenu financièrement par l’Organisation Internationale de la Francophonie. Cette bibliothèque numérique, véritable plateforme collaborative, a vocation à rassembler et à diffuser les documents numérisés des différentes institutions membres du RFN. Construite sur la base d’une charte documentaire spécifique qui s’articule autour de 4 grands thèmes illustrant la francophonie (la langue française, les droits de l’homme, l’histoire partagée et les échanges), mais aussi d’entrées par zones géographiques, elle sera la première à bénéficier d’un véritable volet de médiation numérique et d’éditorialisation de son fonds documentaire ;
  • la bibliothèque numérique patrimoniale de Rouen Nouvelles Bibliothèques, Rotomagus. S’inscrivant dans le cadre du label « Bibliothèque Numérique de Référence », ce projet permettra, à terme, la diffusion de 100 000 fichiers numériques. Parmi les documents particulièrement notables, les manuscrits de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet, qui viendront ainsi compléter les manuscrits de Flaubert conservés par la BnF et la Bibliothèque historique de la Ville de Paris et d’ores et déjà en ligne dans Gallica.

Une convention de partenariat Gallica marque blanche a également été signée en 2016 avec le Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International (MAEDI) pour la réalisation de la bibliothèque numérique des Archives diplomatiques. Ce projet, dont la création graphique et le volet éditorial seront intégralement réalisés par le MAEDI, devrait être mis en ligne à la rentrée 2017.

Sur le plan prospectif, on note en 2016 un accroissement des manifestations d’intérêt pour Gallica marque blanche, notamment de la part des partenaires du réseau de coopération nationale de la BnF candidats à une labellisation « Bibliothèque Numérique de Référence », mais aussi de la part d’autres institutions documentaires universitaires et spécialisées. Fin 2016, ce sont donc cinq projets Gallica marque blanche qui sont en cours, et plus de dix dossiers à l’étude. Pour les projets engagés, le principe de co-financement à 50/50 par la BnF et les partenaires, validé mi 2016 par le Service du Livre et de la Lecture, est d’ores et déjà appliqué. C’est une offre cohérente et opérationnelle que la BnF est désormais en mesure de proposer à ses partenaires et qui répond à un besoin pour eux de disposer d’une plateforme performante et évolutive de diffusion de leurs collections numérisées. C’est aussi un levier d’enrichissement de Gallica avec des documents à haute valeur patrimoniale.

Disséminer les ressources de Gallica hors de Gallica et en favoriser la réutilisation

En parallèle à la fédération des ressources, la BnF favorise l’enrichissement des bibliothèques numériques françaises, des catalogues et des bases bibliographiques, à partir de sélections de contenus de Gallica réalisées par les partenaires et fournies gracieusement par la BnF. Cette démarche permet de valoriser les ressources numériques de la BnF, d’accroître la fréquentation de Gallica mais surtout d’irriguer le territoire national ; elle permet également aux partenaires, dispensés de numériser des documents déjà présents dans Gallica, de concentrer leurs efforts sur la médiation et l’éditorialisation. Entre autres exemples de réutilisations, on peut citer celle du Centre du livre et de la lecture de Poitou-Charentes, qui propose un Gallica Poitou-Charentes, ou celle de la Fondation Napoléon, qui réalise des bibliographies napoléoniennes thématiques à partir de Gallica.

En 2016, de nombreux Gallicanautes ont contribué à disséminer les ressources de Gallica. La bibliothèque numérique continue de s’en faire l’écho, à travers des billets de blog, dans la rubrique Du côté des Gallicanautes – l’un a par exemple été consacré à Stéphanie Trouillard, journaliste de France 24 et spécialiste de la Grande Guerre –, mais aussi à travers des vidéos. La saison 2 de la série vidéo « Gallica et moi » a ainsi mis en avant, en 2016 : Antoine Sausverd et son blog Töpfferiana, Alain Rey et sa nouvelle édition du Dictionnaire historique de la langue française, mise à jour grâce à Gallica.

Les projets de BnF-Partenariats de diffusion du patrimoine numérisé

En complément des partenariats de numérisation de corpus documentaires, BnF-Partenariats conçoit des produits et services numériques pour valoriser et diffuser auprès de nouveaux publics le patrimoine numérisé.

L’année 2016 est marquée par le lancement le 30 mars du site média RetroNews. Plateforme d’accès multiples aux archives de presse de la BnF, le site propose la consultation gratuite de plus de soixante journaux et s’enrichit en permanence de nouveaux titres de presse mais aussi de contenus éditoriaux dédiés, rédigés par une équipe de journalistes, d’historiens et d’universitaires. Le déploiement du site depuis le lancement vise prioritairement le secteur éducatif et de l’enseignement supérieur ainsi que le marché professionnel.

RetroNews, un site média pour explorer trois siècles de presse

Copie d'écran de la page d'accueil du site RetroNews

Grâce à un financement d’Apple, 10 000 ouvrages sélectionnés parmi les œuvres numérisées de la BnF ont été convertis dans un format ePub et mis en ligne sur l’Apple store sous la marque Collection XIX, animés mensuellement dans un espace réservé à la collection. En 2017, les livres numériques seront diffusés dans l’ensemble du réseau des librairies en ligne.

Le catalogue BnF collection eBooks compte désormais 3 000 livres numériques, disponibles sur 70 plateformes de libraires. L’éditorialisation de ce catalogue se poursuit après la publication fin 2015 du coffret de livres numériques Anthologies Singulières avec la préparation d’un nouveau coffret sur l’histoire de France.

BnFcollection.com, le service de streaming musique et livres conçu en partenariat avec Arte et Univers Ciné a été lancé en avril et 6 médiathèques et bibliothèques universitaires se sont abonnées en 2016.

Les derniers albums de la collection sonore ont été mis en ligne en août et le catalogue compte désormais 45 000 disques et environ 350 000 morceaux largement diffusés : 25 millions d’écoutes en streaming sur les plateformes commerciales et près de 100 000 téléchargements. En 2016, la diffusion a doublé en suivant la mutation des usages vers le streaming.

Trois collections complètes EEB-BnF sur les 15 000 livres anciens numérisés ont été éditées par ProQuest et ont rencontré en 2016 un vif succès grâce notamment aux travaux d’enrichissement des métadonnées menés en collaboration avec une équipe de chercheurs de l’Universal Short Title Catalogue (University de St Andrews)

Une réflexion globale est en cours sur le déploiement éditorial des marques BnF Collection Livres – intégrant l’ensemble des offres digitales et physiques liées au livre – et BnF Collection Sonore sur les plateformes sociales (Facebook, Twitter, Instagram). Les enjeux sont : la valorisation, la diffusion et la distribution directe de contenus, la constitution d’une base d’audience externe, leur monétisation et la redirection vers les offres digitales et physiques de BnF-Partenariats.