Gallica et la politique de diffusion numérique des collections

Conformément à ses missions, la BnF doit assurer l’accès du plus grand nombre à ses collections. Ouverte en 1997, la bibliothèque numérique Gallica est un des principaux vecteurs de cette mission. Bibliothèque encyclopédique et raisonnée, Gallica offre un accès gratuit à tous types de supports, en mode image et en mode texte : imprimés (livres, périodiques et presse), manuscrits, documents sonores, estampes, photographies, affiches, cartes et plans, monnaies, vidéos etc. Gallica est constituée majoritairement de documents libres de droits – ou dont les droits de diffusion ont été négociés par la BnF avec les ayants droit – issus des collections de la BnF, mais aussi des fonds numérisés de bibliothèques partenaires, faisant de Gallica une bibliothèque numérique collective et le véritable vecteur de la coopération numérique entre la BnF et les autres bibliothèques, et enrichie, depuis 2012, de documents sous droits issus des collections de la BnF et consultables uniquement dans les salles de lecture. La richesse des contenus et le nombre de visites de Gallica ont continué leur croissance, avec près de 500 000 documents mis en ligne en 2017.

Légende ci-après
L'apllication Gallicadabra
© Béatrice Lucchese / BnF

La politique de diffusion numérique des collections de la Bibliothèque s’appuie également sur les programmes partenariaux conduits par la filiale BnF-Partenariats.

L’offre documentaire et les fonctionnalités

L’offre disponible et sa dissémination

Le nombre de documents accessibles dans Gallica s’élève fin 2017 à 4,3 millions. Parmi cette offre documentaire, près de 3,7 millions de documents sont issus des collections de la Bibliothèque et 637 000 des fonds des partenaires, qu’ils soient intégrés dans Gallica ou seulement indexés. L’offre de Gallica reflète les collections patrimoniales nationales dans toute leur diversité avec 370 000 monographies en ligne, près de 2 millions de fascicules de périodiques, 1,5 million d’images, 180 000 objets numérisés, majoritairement des collections de monnaies, ou encore 140 000 cartes et plans, 70 000 manuscrits, 46 000 documents de musique notée, 47 000 documents sonores et 1 000 vidéos.

Gallica intramuros offre dans les emprises de la BnF un accès unifié et facilité à la totalité des collections numérisées de la BnF, du domaine public, sous droits ou en accès réservé (documents numérisés par BnF-Partenariats dans le cadre des accords passés avec les sociétés ProQuest, Memnon Archiving Services / Believe Digital et Immanens pour le projet Retronews). Le nombre de documents de Gallica intramuros s’élève, fin 2017, à un peu plus de 5,1 millions.

L’offre documentaire de Gallica

Le développement des fonctionnalités de Gallica

2017 a vu les développements de nouvelles fonctionnalités ou travaux pour répondre aux attentes des usagers de Gallica et atteindre de nouveaux publics :

  • Gallica et son blog ont désormais des interfaces adaptatives propices aux usages en mobilité ;
  • un audit a été conduit sur le référencement par les moteurs de recherche et a permis d’optimiser le site dans ce domaine ;
  • l’optimisation de la diffusion des vidéos ;
  • le service Gallicarte, issu du premier hackathon de la BnF en 2016, a été intégré dans Gallica. Il permet d’afficher les résultats d’une recherche sur une carte ;
  • les premiers développements pour la création d’un visualiseur IIIF3 dans Gallica ont été lancés. Ce visualiseur permettra de comparer des documents issus de plusieurs bibliothèques numériques dans une même interface ;
  • le travail sur l’accessibilité pour atteindre le niveau AA (norme RGAA) s’est poursuivi. La déclaration de conformité du site gallica.bnf.fr a été établie le 17 septembre 2017 ;
  • les versions mobiles des applications Gallica (iOS et Android) ont été mises à jour. Elles sont désormais compatibles avec les versions récentes des systèmes d’exploitation des appareils mobiles (téléphone, tablette) et donnent accès aux collections sonores ainsi qu’aux vidéos.

À l’occasion du hackathon 2017, la BnF a ouvert Gallica Studio, un espace qui se veut à la fois terrain de jeu, boîte à outils et vitrine pour les réutilisations innovantes et créatives des contenus disponibles dans Gallica. En phase avec les nouveaux usages, Gallica Studio entend placer les gallicanautes et leurs réalisations au cœur de son dispositif. Des tutoriels au test de nouveaux outils en passant par les GIF animés, Gallica Studio est un espace pour transformer, accommoder, améliorer Gallica. Les projets collaboratifs occupent une place centrale.

Gallicadabra, application de lecture sur tablette à destination des enfants, a démarré en début d'année 2017. L'application est téléchargeable gratuitement en version iOS ou en version Android. Elle fonctionne hors connexion et peut être utilisée sans wifi. Une sélection, réalisée par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (CNLJ) de la BnF, a été intégrée dans cette application mobile adaptée au jeune public.

1 000 vidéos dans Gallica

Nouvelle offre de diffusion et réutilisation des données BnF : le site API et jeux de données et Gallica studio

Le développement de la médiation

Des accès structurés aux collections de Gallica (les « Sélections ») ont été conçus afin de faciliter la navigation et de valoriser la richesse et la diversité des fonds numérisés. Fin 2017, plus de 125 corpus sont accessibles.

Trois types d’accès sont disponibles : par types de documents, par thématiques, par aires géographiques. Les corpus peuvent bénéficier d’accès multiples. C’est par exemple le cas pour les corpus autour de la Première Guerre mondiale, qui sont regroupés dans l’accès Histoire, mais sont aussi présents dans les accès par types de documents (journaux de tranchées, chansons, enregistrements de discours etc.) et vont continuer à se déployer dans l’accès France, qui s’est étoffé tout au long de l’année 2017 : les entrées par régions puis par départements s’enrichissent désormais d’entrées par villes (Ex. : Paris, Clermont-Ferrand, etc.). Gallica peut non seulement être consulté, mais aussi réutilisé, par des acteurs territoriaux souhaitant valoriser ces ressources auprès de leurs publics. Les statistiques de consultation font apparaître un grand intérêt des internautes pour la majorité des ensembles documentaires ainsi valorisés. Parmi les corpus mis en ligne en 2017, citons notamment Patrimoine gourmand, réalisé grâce aux fonds numérisés de la BnF et de ses partenaires, Paris par l’image, Photographies de la Société de géographie, ou encore L’Afrique en cartes.

2017 a aussi vu la mise en ligne d’une nouvelle page d’accueil de Gallica, premier niveau de médiation, fortement éditorialisée et faisant l’objet de mises à jour hebdomadaire. Elle vise à mieux faire connaître les pages éditoriales (blog, Sélections). Dix numéros de la lettre d’information de Gallica, qui compte plus de 65 000 abonnés, ont été publiés en 2017. 198 billets de blog (contre 105 en 2016) ont été publiés en 2017, dont environ 35 billets publiés par des partenaires de la bibliothèque numérique. Le blog Gallica a reçu 312 000 visites, soit une augmentation de 90%.

En 2017, la bibliothèque numérique a aussi continué de renforcer sa présence sur les réseaux sociaux : la page Facebook (128 300 abonnés), le fil Twitter (51 300 abonnés) et le compte Pinterest (5 600 abonnés) valorisent les contenus et services de Gallica. Ils s’attachent à mettre en valeur les réutilisations de documents de Gallica par les gallicanautes (hashtag #gallicanautes sur Twitter ; tableau « Trouvailles de gallicanautes » sur Pinterest) et à interagir avec les communautés au travers de rendez-vous.

En 2017, de nombreux gallicanautes ont continué à disséminer les ressources de Gallica. La bibliothèque numérique s’en fait l’écho, à travers des billets de blog, dans la rubrique gallicanautes : parmi les portraits publiés cette année, figurent notamment celui d’Alain Baraton, jardinier en chef du domaine de Trianon et du grand parc du château de Versailles, et celui de l’historien Gérard Noiriel. Une nouvelle rubrique a vu le jour sur le blog Gallica, « l’EPUB de chevet » : il s’agit d’un conseil de lecture rédigé par un usager.

Les Rencontres Gallica (à la BnF) et les Rendez-vous Gallica (hors-les-murs) se sont poursuivis en 2017. Des formats nouveaux ont été expérimentés : Rendez-vous Gallica destinés aux enfants (à la médiathèque Françoise-Sagan dans le cadre de Partir en livres, au musée de la Chasse et de la nature ainsi qu’à la BnF dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, à la bibliothèque François-Villon à Paris, enfin à la médiathèque Michel-Crépeau de La Rochelle) ; rendez-vous Gallica destinés aux professionnels du livre (Archives départementales de la Charente-Maritime) ou encore pour le grand public (concert et sieste sonore Gallica au musée Jean-Jacques Henner et à la médiathèque Michel-Crépeau de La Rochelle). Six ateliers gratuits de linogravure à partir de documents Gallica et quatre visites guidées gratuites de Paris à travers les collections de Gallica ont enfin été proposés au public à l’automne 2017 : l’ensemble de ces ateliers a atteint et parfois dépassé la jauge maximum (8 personnes par atelier de linogravure et 20 personnes par visite guidée. Ces ateliers ont permis de tester des formats appropriables par d’autres (partenaires, enseignants, médiateurs, particuliers), en s’appuyant sur la documentation recueillie dans le blog Gallica (Sur les traces du Paris d’Atget et Promenade au fil de la Seine) ou dans Gallica Studio (tutoriel de linogravure ou d’origami).

Enfin, une vidéo présentant Gallica au grand public a été réalisée en 2017.

La valorisation du patrimoine gastronomique

[3] IIIF (pour International Image Interoperability Framework) est une API standardisée par le consortium IIIF ayant comme objectif de permettre la manipulation homogène d'images indépendamment de leurs localisations physiques et des établissements qui les hébergent.

Les publics de Gallica

En 2017, avec près de 15,8 millions de visites, la consultation de Gallica est en augmentation (+11%).

En ce qui concerne la connaissance des publics de Gallica, différents protocoles d’étude et de recherche mis en place en 2016 ont été menés à bien :

  • dans le cadre du programme « Mettre en ligne le patrimoine : transformation des usages, évolution des savoirs », en partenariat avec le LabEx Obvil et Télécom ParisTech, une étude qualitative exploratoire a été menée auprès de 15 gallicanautes ; une enquête en ligne a été lancée sur le site Gallica avec 7 625 questionnaires complétés (soit presque deux fois que lors de la précédente enquête), et enfin, une étude par vidéo-ethnographie a permis d’observer et d’analyser plus finement les pratiques de 10 utilisateurs avertis ou novices ;
  • par ailleurs, dans le cadre de la convention de partenariat avec Télécom ParisTech, une analyse des traces d’usages de Gallica a été conduite, utilisant des méthodes d’apprentissage automatique (machine learning) pour identifier des parcours-types.

La forte augmentation des réponses au questionnaire, proportionnellement plus importante que celle de l’audience du site depuis 5 ans, vérifie le fort attachement des gallicanautes au service offert. Au sein des 95% de satisfaits, la part des « tout à fait satisfaits » a notablement augmenté pour atteindre 48%. L’augmentation de la consultation est bien due à la conquête de nouveaux publics et non à une augmentation de l’assiduité, la fréquence de visite restant stable. On peut également noter que 38% des répondants disent avoir déjà fréquenté les espaces physiques de la BnF : ce chiffre, élevé par rapport à la perception que l’on a souvent d’usagers « distants », démontre que les offres physiques et numériques se nourrissent l’une de l’autre. La surreprésentation des parisiens parmi les gallicanautes vérifie que la proximité avec les établissements de la BnF a un impact sur l’usage en ligne.

L’âge moyen est nettement plus élevé que celui des salles de lecture et a même augmenté depuis la précédente enquête, passant de 48 à 54 ans ; avec un niveau d’étude toujours supérieur à la moyenne française. Cette captation d’un public plus âgé doit être mise en regard de l’augmentation de la consultation pour effectuer des recherches personnelles et d’une perception accrue du caractère « tout public » de Gallica. La figure du chercheur amateur, assidu dans ses consultations et fortement investi dans des projets de longue haleine, est désormais centrale dans les publics de Gallica. Les consultations de Gallica sont majoritairement le fait de projets de recherche précis, dans le cadre de ses études, de son métier ou d’une recherche personnelle. Ce sont les recherches personnelles qui pèsent au final le plus dans les consultations – mutation importante par rapport à la précédente enquête. Mais, les usages exclusifs de Gallica sont rares (seulement 28%), la plupart des répondants déclarant plusieurs motifs qui croisent usage professionnel/personnel, studieux/ludique.

Évolution notable par rapport à 2011 : la progression, dans l’usage des documents, de la consultation attentive en ligne (66% disent le faire « souvent » ou « à chaque fois »), désormais aussi importante que le téléchargement – effet probable de l’accroissement du confort de lecture et des outils qui lui sont dédiés (zoom). Notons également l’importance désormais du partage des documents de Gallica sur le web : 40 % le font au moins occasionnellement, d’abord sur Facebook.

Ces études permettent à la BnF des réflexions innovantes sur les questions de méthode, d’interprétation et d’analyse des résultats, tout comme sur les dispositifs de communication/valorisation mis en place pour promouvoir ces dispositifs d’enquête auprès des usagers, des partenaires ou d’autres professionnels intéressés. Les modalités du programme d’études sont présentées dans le chapitre 4.4.4 « Les activités scientifiques et de recherche » et les résultats sont publiés sur le site de la BnF.

La fréquentation de Gallica

Gallica, bibliothèque collective

La coopération numérique, priorité de la politique de coopération nationale de la BnF, vise à créer, diffuser, valoriser et préserver les plus vastes ensembles possibles de ressources numérisées, quels que soient la localisation des collections et le statut des contributeurs. Cette entreprise collective répond à un enjeu culturel fort : offrir au citoyen un accès aisé au patrimoine national, régional, local ; rendre plus visibles sur internet la culture et la langue françaises ; mettre de nouveaux matériaux à la disposition de l’enseignement et de la recherche en révélant des sources inédites ou méconnues.

La démarche couvre tout le spectre de la constitution d’une bibliothèque numérique : recensement des fonds à numériser ; sélection des corpus, numérisation, valorisation des corpus ; multiplication des accès pour la plus large diffusion des ressources au niveau local (sites des bibliothèques), régional (portails régionaux), national (Gallica), européen (Europeana) et international. Pour mener à bien ces actions, un écosystème de 382 partenaires numériques s’est constitué autour de la BnF : bibliothèques des collectivités territoriales et de l’enseignement supérieur et de la recherche, bibliothèques dépendant des ministères et des corps constitués, bibliothèques des archives et des musées, bibliothèques de statut divers (associations, fondations, etc.).

Les partenaires de Gallica au 31 décembre 2016

Numériser ensemble

Appliquant à la numérisation partenariale une logique documentaire, la BnF est guidée par plusieurs principes : numérisation d’imprimés en français et dans les langues de France (livres et revues, hors presse), du domaine public ou aux droits négociés, dans le cadre de programmes de numérisation aux principes explicités (signalement systématique au préalable, complémentarité documentaire, recherche de l’exhaustivité des ensembles documentaires), ouverts à toutes bibliothèques et ambitionnant la constitution de corpus thématiques ou d’intérêt régional d’envergure. Il s’agit d’optimiser la numérisation en recherchant une efficacité collective et en produisant un effort partagé dans une démarche complémentaire de celle de la BnF. Tous les programmes de numérisation visent à enrichir Gallica.

Les bibliothèques françaises – pôles associés de la BnF et autres partenaires – sont invitées à participer aux divers programmes de numérisation concertée. Ces programmes sont thématiques (sources du droit ; histoire de l’art ; littérature patrimoniale pour la jeunesse ; Première Guerre mondiale ; sports, lancé en 2017, avec 9 partenaires) ou d’intérêt régional (histoire des territoires). Certains programmes visent à compléter des corpus plus modestes, mais précieux sur le plan documentaire et scientifique (publications des académies et sociétés nationales, des sociétés d’amis d’écrivains, presse clandestine 1939-1945, patrimoine équestre, gastronomie).

La BnF travaille également avec ses partenaires dans le cadre de projets bilatéraux, autour de thématiques variées (histoire économique et sociale, relations internationales, etc.). Parmi les actions remarquables, on citera celles conduites avec une quinzaine de partenaires en sciences et techniques, majoritairement de la sphère de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui permettent la constitution d’un important patrimoine en histoire des sciences (sciences de la vie et de la terre, médecine, physique, chimie, astronomie, météorologie, cours des écoles d’ingénieurs, etc.). La constitution en 2017 du groupement d’intérêt scientifique CollEx-Persée (pour Collections d’excellence) permet à la BnF de situer son action, notamment dans le domaine de la numérisation et des services aux chercheurs, au sein d’un dispositif documentaire renouvelé et redynamisé pour le bénéfice de la recherche. La BnF est membre de ce dispositif aux côtés des opérateurs du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (INIST, ABES, CTLes, etc.) et de dix bibliothèques délégataires têtes de réseaux disciplinaires.

La BnF conduit également des programmes de numérisation pour des ressources non imprimées (grands manuscrits littéraires français, portulans), avec l’objectif de reconstituer virtuellement des ensembles répartis physiquement entre différentes bibliothèques.

Ces programmes de numérisation comportent un volet de valorisation. Les partenaires se voient associés à des actions de structuration de contenus et de médiation numérique. La collaboration s’étend à la publication de billets de blogs thématiques ou événementiels, à la programmation de Rendez-vous Gallica hors les murs. Mention est également faite des richesses numériques des partenaires de la BnF dans la Lettre de Gallica et sur les réseaux sociaux de Gallica.

Certaines bibliothèques peuvent être parties prenantes, aux côtés de la BnF, de programmes européens et internationaux. À ce titre, les portails Patrimoines partagés de la BnF constituent une nouvelle opportunité pour le réseau de coopération. Cette collection numérique de la BnF et de ses partenaires français et étrangers, lancée en 2017, permet de réunir des documents exceptionnels, témoins des interactions entre la France et le monde, de les rendre accessibles et de mieux les comprendre grâce à un accompagnement éditorial. Parmi les partenaires nationaux associés, citons aujourd’hui La contemporaine (ex-Bibliothèque de documentation internationale contemporaine), la Bibliothèque municipale de Nancy, l’Institut catholique de Paris, les Missions étrangères.

Optimiser la diffusion numérique

Gallica a fortement accentué sa dimension de bibliothèque collective. La démarche fédérative, engagée dès le lancement de Gallica, permet de donner accès aux ressources numériques de 382 partenaires (346 fin 2016). Parmi ceux-ci, on distingue quatre types de partenaires : 219 partenaires des territoires (bibliothèques et archives des collectivités territoriales, structures régionales de coopération, sociétés savantes) ; 61 partenaires de l’enseignement supérieur ; 82 autres partenaires (bibliothèques spécialisées essentiellement, avec des statuts variés et rattachées à des tutelles très diverses) ; 20 bibliothèques étrangères.

Soucieuse de garantir à ses partenaires le respect de leur identité numérique, la BnF présente leurs collections dans Gallica avec des mentions de source individualisées. Les partenaires intégrés bénéficient de l’ensemble des fonctionnalités de Gallica. Des pages de présentation des partenaires permettent de valoriser les institutions.

Fin 2017, Gallica diffuse ainsi 636 993 documents de partenaires, soit un accroissement de près de 20% par rapport à l’année précédente. L’entrée des collections des partenaires de Gallica prend plusieurs voies :

  • l’intégration par numérisation dans les marchés de la BnF, dispositif mis en place dès 1997 avec le programme national de numérisation des sociétés savantes. Il a pris une nouvelle ampleur à compter de 2009, et en particulier depuis 2011, avec l’ouverture des marchés successifs de numérisation des imprimés de la BnF aux bibliothèques partenaires pour un tiers de leur volumétrie, sur crédits du Centre national du livre. De 2009 à 2017, près de 17,1 millions de pages d’imprimés ont été numérisées à partir des collections de 341 bibliothèques et organismes documentaires contributeurs. Priorité est donnée aux sélections réalisées dans le cadre des programmes de numérisation concertée. Fin 2017, 206 997 documents de partenaires sont accessibles dans Gallica après avoir été numérisés par la BnF.
  • l’intégration par dépôt de fichiers numériques. Lorsque le partenaire ne dispose pas de bibliothèque numérique, il peut souhaiter la diffusion de ses ressources numérisées dans Gallica. Testée depuis 2010 avec l’entrée de fichiers à l’unité (manuscrits de Rousseau de la bibliothèque de l’Assemblée nationale), l’intégration de masse a été expérimentée en 2013. Au 31 décembre 2017, 42 partenaires ont intégré des documents numériques dans Gallica, pour un total de 62 396 fichiers. L’augmentation importante en 2017 est due à l’intégration des fichiers mis à disposition par la Direction de l’Information légale et administrative (Journal officiel) mais aussi à l’accroissement des apports des partenaires Gallica marque blanche et aux contenus accessibles sur les portails Patrimoines partagés.
  • le référencement des ressources numériques des partenaires de la BnF par interopérabilité OAI-PMH. En 2017, sont indexés dans Gallica les documents numériques de 87 bibliothèques (79 françaises et 8 étrangères). Elles enrichissent Gallica de 367 600 documents. Une partie des ressources a été produite grâce à des subventions de la BnF conditionnées, d’une part, à la mise en ligne rapide des documents dans une bibliothèque numérique et, d’autre part, à l’interopérabilité avec Gallica.

Mutualisation des infrastructures et des services : Gallica marque blanche

La BnF a souhaité mutualiser les moyens qui ont été alloués au développement de Gallica et faire bénéficier ses partenaires de son savoir-faire en proposant une offre de bibliothèque numérique en marque blanche. Cette opération, conduite avec des bibliothèques qui disposent de ressources numériques et souhaitent les diffuser, permet aussi à la BnF d’enrichir les collections numériques nationales et de rendre les documents numériques des partenaires accessibles via ses catalogues. L’année 2015 a été employée à la mise en place de l’offre Gallica marque blanche et les années 2016 et 2017 ont été consacrées à la concrétisation des partenariats et au lancement de nouveaux projets.

Les sites Numistral et La Grande Collecte, premières bibliothèques numériques en Gallica marque blanche, ont continué leur enrichissement documentaire. Numistral, avec près de 100 000 documents, est dorénavant une bibliothèque numérique collective, puisque le site donne accès aux collections numérisées de quatre institutions alsaciennes (Musées de Strasbourg, Société des Amis des arts et des musées de Strasbourg, bibliothèques de l’Université de Strasbourg, bibliothèques de l’Université de Haute-Alsace), ainsi qu’à une sélection des ressources de Gallica sur l’Alsace.

En 2017, deux nouvelles bibliothèques en Gallica marque blanche ont vu le jour :

  • Rotomagus, la bibliothèque numérique de Rouen Nouvelles Bibliothèques. S’inscrivant dans le cadre du label « Bibliothèque Numérique de Référence », Rotomagus a ouvert au public en février et permettra, à terme, la diffusion de 100 000 fichiers numériques. Parmi les documents particulièrement notables, les manuscrits de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet viendront compléter les manuscrits de Flaubert conservés par la BnF et la Bibliothèque historique de la Ville de Paris déjà en ligne dans Gallica. La première mise en ligne de Rotomagus a été basée sur une sélection documentaire issue de Gallica ; les documents numérisés de Rouen sont en cours d’intégration.
  • la Bibliothèque francophone numérique du Réseau Francophone Numérique (RFN). Lancée le 26 avril, la Bibliothèque numérique est un projet international conduit en partenariat par le département de la Coopération et la délégation aux Relations internationales ( 4.1.1). Construite sur la base d’une charte documentaire spécifique qui s’articule autour de 4 grands thèmes illustrant la francophonie (la langue française, les droits de l’homme, l’histoire partagée, les échanges), mais aussi d’entrées par zones géographiques, elle donne accès aujourd’hui à près de 1 400 documents et réunit 9 partenaires, dont les collections sont intégrées (Bibliothèque et Archives du Canada, Bibliothèque et Archives Universitaires d'Antananarivo, Bibliothèque Haïtienne des Pères du Saint-Esprit, Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, Bibliothèque royale de Belgique, Institut Fondamental d'Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop) ou moissonnées (Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Bibliothèque nationale du Luxembourg, Bibliothèque nationale suisse).

L’année 2017 a permis le développement d’une cinquième marque blanche dans le cadre d’une convention signée en 2016 avec le ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE) pour la réalisation de la Bibliothèque diplomatique numérique. Ce projet ambitieux est une illustration réussie de la diversité et de la continuité des actions de coopération numérique entre la BnF et ses partenaires. La bibliothèque du MEAE a en effet d’abord été un partenaire de numérisation qui a intégré ses collections dans le marché de numérisation des imprimés de la BnF (pour 360 000 pages depuis 2011). Les ressources en histoire diplomatique et histoire des relations internationales ainsi produites (2 600 titres) seront accessibles à partir de mars 2018 dans la Bibliothèque diplomatique numérique, complétées par près de 2 000 titres issus de Gallica.

Deux nouvelles conventions ont été signées en 2017 :

  • avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), placé sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation et du ministère de l'Europe et des affaires étrangères ;
  • avec la Ville de Toulouse qui a souhaité recourir au dispositif Gallica marque blanche pour l’évolution de Rosalis, une des plus riches bibliothèques numériques françaises, actuellement moissonnée par Gallica (9 145 documents).

Gallica marque blanche devient donc pour les partenaires de la BnF une solution adaptée à la reprise de bibliothèques numériques nécessitant une évolution structurelle et à la recherche de fonctionnalités évolutives. Sur le plan prospectif, on note en 2017 un accroissement des manifestations d’intérêt pour Gallica marque blanche, notamment de la part des partenaires du réseau de coopération nationale de la BnF qui sont labellisés ou candidats à la labellisation « Bibliothèque Numérique de Référence » du ministère de la Culture, mais aussi de la part d’autres institutions documentaires universitaires et spécialisées. Fin 2017, ce sont donc cinq projets Gallica marque blanche qui sont réalisés, deux en cours, et plus de dix dossiers à l’étude. Comme pour toutes les actions de coopération, le principe d’un co-financement à 50/50 par la BnF et les partenaires, validé mi 2016 par le Service du Livre et de la Lecture, est appliqué.

C’est une offre cohérente et opérationnelle que la BnF est désormais en mesure de proposer à ses partenaires et qui répond à un besoin pour eux de disposer d’une plateforme performante et évolutive de diffusion de leurs collections numérisées. C’est aussi un levier d’enrichissement de Gallica avec des documents à haute valeur patrimoniale, qui bénéficient d’un stockage pérenne.

Disséminer les ressources de Gallica hors de Gallica

En parallèle à la fédération des ressources, la BnF favorise l’enrichissement des bibliothèques numériques françaises, des catalogues et des bases bibliographiques, à partir de sélections de contenus de Gallica réalisées par les partenaires et fournies gracieusement par la BnF. Cette démarche permet de valoriser les ressources numériques de la BnF et d’irriguer le territoire national ; elle permet aux partenaires, dispensés de numériser des documents déjà présents dans Gallica, de concentrer leurs efforts sur la médiation et l’éditorialisation. Entre autres exemples de réutilisations, citons celle du Centre du livre et de la lecture de Poitou-Charentes, qui propose un Gallica Poitou-Charentes, celle de la Fondation Napoléon, qui réalise des bibliographies napoléoniennes thématiques à partir de Gallica ou les bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris qui référencent sur leur site les documents numérisés par la BnF en provenance de leurs collections.

Les projets de BnF-Partenariats de diffusion du patrimoine numérisé

En complément des partenariats de numérisation de corpus documentaires, BnF-Partenariats conçoit des produits et services numériques pour valoriser et diffuser auprès de nouveaux publics le patrimoine de la BnF.

Retronews.fr propose ainsi la consultation et la recherche parmi plus de 6 millions de pages de journaux et explore les événements marquants de la petite et de la grande histoire, commentés par une équipe éditoriale composée de journalistes et de chercheurs. 2,2 millions de visites ont été comptabilisées en 2017.

Les collections sonores, avec 45 000 disques édités pendant la première période des microsillons (1949-1962), numérisés et mis en ligne sur une centaine de plateformes de musique digitale, ont recueilli en 2017 presque 40 millions d’écoutes dont plus de la moitié à l’international.

Une nouvelle collection de livres anciens BnF a été publiée dans le cadre du projet Early European Books sur les thèmes de l’histoire et de la gouvernance des premiers incunables aux imprimés de la fin du XVIIe siècle. Les chercheurs y trouvent notamment des œuvres de trois historiens célèbres de la période médiévale, Grégoire de Tours (538-594), Jean Froissart (1337-1405) et Enguerrand de Monstrelet (1400-1453) et un livre-emblème, écrit en riposte à Machiavel par le diplomate espagnol Diego de Saavedra Fajardo (1584-1648), publié à l’origine en 1640 et traduit ici en français sous le titre Le prince chrétien et politique (Paris, 1668). Les collections BnF sont principalement acquises par des universités américaines.

Les catalogues de livres numériques, comprenant désormais 13 000 titres de la littérature du XIXe, sont accessibles dans l’ensemble du réseau de libraires en ligne. Un nouveau coffret de livres numériques à télécharger « 100 livres d’histoire à (re)découvrir » lancé à l’occasion des Rendez-vous de l’histoire à Blois, conduit le lecteur dans un parcours de l’Antiquité au XIXe à travers une sélection de cent œuvres.

La réimpression d’ouvrages numérisés par la BnF avec le concours de nombreux partenaires se poursuit en 2017 et permet de commander ces fac-similés dans le réseau des libraires.

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