Les activités scientifiques et de recherche

La conduite de programmes de recherche en lien avec le patrimoine dont elle a la charge est l’une des missions fondamentales de la Bibliothèque. Cette activité à dimension nationale et internationale repose sur un réseau de partenaires issus du monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. Elle prend corps dans la démarche scientifique de ses personnels, dans l’activité des chercheurs qu’elle associe à ses programmes et dans les partenariats qu’elle noue avec des laboratoires, grandes écoles, universités, instituts ou bibliothèques, français et étrangers. Lauréate à plusieurs reprises des appels à projets labex et équipex auxquels elle a pris part, la BnF s’est engagée sur l’excellence de sa recherche. Afin de faire plus largement profiter la communauté scientifique des résultats de celle-ci et améliorer le signalement de sa production académique, la BnF s’est dotée d’un portail d’archives ouvertes au sein de l’archive ouverte pluridisciplinaire HAL (Hyper Article en Ligne).

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Audrey Leblanc, lauréate 2016 de la Bourse Roederer
© Guillaume Murat / BnF

Pour conduire sa politique scientifique, l’établissement est doté d’un conseil scientifique, présidé depuis 2015 par Antoine Compagnon, et d’un comité des programmes de recherche.

Parallèlement aux programmes de recherche collectifs ou individuels bénéficiant de subventions externes ou d’un financement, la BnF conduit au quotidien une intense activité de recherche dans les différents domaines où s’illustre le « cœur de métier » de l’établissement et de ses conservateurs, bibliothécaires, experts : science des bibliothèques, bibliographie, histoire du livre, de l’édition et des média, génétique textuelle, iconographie, numismatique, musique, cartographie, conservation, numérisation, métadonnées et accès aux documents, préservation des données numériques, etc. La diversité des travaux scientifiques fait écho à la richesse des fonds et à l’éventail des compétences de ses personnels.

L’expertise des personnels scientifiques se mesure à l’aune de leurs nombreuses publications d’ouvrages, la direction ou la contribution à des ouvrages collectifs, français et étrangers, la publication de très nombreux articles, de comptes rendus de lecture, ainsi que des participations (commissariat, rédaction de notices) à des expositions extérieures. La valorisation des résultats des programmes de recherche prend ainsi la forme de publications imprimées (monographies et articles scientifiques), d’enrichissements de bases de données mais aussi de la participation à des colloques et journées d’études en France et à l’étranger (plus de 150 participations recensées en 2016). En plus de leur production scientifique (http://production-scientifique.bnf.fr/), les agents de l’établissement mènent également de nombreuses activités relevant des missions scientifiques autres que la recherche.

Depuis 2016, la BnF publie un carnet de recherche (blogue scientifique) consacré à la recherche menée à la BnF sur la plateforme Hypothèses.org du Cléo : https://bnf.hypotheses.org/. Par ailleurs, la BnF a étoffé sa production d’ouvrages scientifiques au sein de son portail OpenEdition Books offrant 29 ouvrages électroniques fin 2016 (cf. Les éditions).

Les collections Rothschild dans les institutions publiques françaises

Chansonnier cordiforme de Jean de Montchenu | BnF, département des Manuscrits

Les programmes de recherche subventionnés au niveau national

Le plan quadriennal de la recherche

Le plan quadriennal de la recherche constitue une part significative de l’activité de recherche au sein de la BnF. L’année 2016 a marqué le lancement du huitième plan de la recherche qui couvre la période 2016-2019 et concerne treize programmes :

  • Inventaire des incunables de l’Arsenal ;
  • Polices de caractères pour les inscriptions monétaires ;
  • Connaissance et valorisation de la collection Charles Cros : création d’un catalogue raisonné numérique ;
  • Tradition manuscrite et transmission iconographique : les manuscrits à peintures de Kalila wa Dimna à la Bibliothèque nationale de France ;
  • Les globes anciens conservés en France ;
  • Atelier-laboratoire sur les collections numériques ;
  • Post-correction d’OCR pour les ouvrages anciens en exploitant les associations lexicales de l’OCR bruité ;
  • Histoire de la BnF ;
  • Préfiguration d’un service de fourniture de corpus numériques à destination de la recherche ;
  • Pilote d’Interopérabilité des Autorités Archivistiques Françaises ;
  • Trouvailles monétaires ;
  • Bibliographie des éditions parisiennes du XVIe siècle ;
  • La Librairie des rois Charles V et Charles VI.

Les programmes financés par les Investissements d’avenir (CGI)

La BnF a pris part avec succès aux appels à projets des Investissements d’avenir. Elle est ainsi désormais impliquée dans cinq laboratoires d’excellence : ARTS-H2H (Arts et médiations humaines), CAP (Création, arts et patrimoines), PATRIMA (Patrimoines matériels, savoirs, patrimonialisation, médiation) et PP (Les passés dans le présent) et OBVIL (Observatoire de la vie littéraire).

En répondant aux appels à projets internes de ces laboratoires, la BnF peut conduire des programmes de recherche en collaboration avec les unités de recherche qui le constituent. Ainsi, pour l’année 2016, la Fondation des sciences du patrimoine soutient trois projets impliquant la BnF :

  • PATRIMEPH : Patrimonialisation des Ephémères ;
  • CLARO : Analyse des pigments des encres et des filigranes des gravures en Clair-Obscur ;
  • RECCAL : Regards croisés sur les Calotypes (porté par la BnF/EST).

Quant au Labex CAP, ce sont quatre projets impliquant la BnF qu’il a sélectionnés en 2016 :

  • Images de la justice : nazis et collaborateurs en procès dans l’Europe libérée ;
  • Global Art & Périodicals. Généalogies critiques et artistiques, XIXe-XXe siècles ;
  • Digital Millin : l’Italie dessinée de l’Antiquité au Néoclassicisme ;
  • Le Chantier Fantasio : enquête sur un processus de création à l’Opéra Comique.

Elle participe également à trois équipements d’excellence : BIBLISSIMA (Bibliotheca bibliothecarum novissima), PATRIMEX (Patrimoines matériels, réseau d’instrumentation multisite expérimental) et ORTOLANG (Outils et ressources pour un traitement optimisé de la langue).

Les programmes de recherche soutenus par l’Agence nationale de la recherche

Plusieurs programmes de recherche associant la BnF comme partenaire principal bénéficient des financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et impliquent d’autres institutions ou organismes de recherche. Pour l’année 2016, cinq programmes étaient en cours :

  • DEF 19 : Dictionnaire des éditeurs français du XIXe siècle, porté par le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines, dans le cadre de l’AAP « Création, cultures et patrimoines » (DS0804).
  • DOREMUS : DOnnées en REutilisation pour la Musique en fonction des Usages, porté par OUROUK, dans le cadre de l’AAP « Contenus numériques et interactions ».
  • ECHO – Écrire l’histoire de l’oral (2014-2017), porté par l’UMR Atelier de recherche sur l’intermédialité et les arts du spectacle (ARIAS).
  • HEMEF – Histoire de l’enseignement musical public en France au XIX e s. (1795-1914), porté par l’équipe Savoirs et pratiques du Moyen Âge au XIXe s. de l’EPHE.
  • CURR – Cultures des Révoltes et Révolutions, porté par l’Université de Caen.

La BnF a par ailleurs accepté de collaborer avec les porteurs du projet ANR Transcultur@ qui projettent de réaliser un dictionnaire d’histoire culturelle transatlantique.

L’activité de recherche et développement au niveau international

À l’échelle internationale, la BnF prend part à plusieurs programmes collaboratifs de recherche et développement comme par exemple : Corpus Vasorum Antiquorum (CVA), Sylloge nummorum sasanidarum. Signalons le mécénat exceptionnel de la Fondation Polonsky au bénéfice de la BnF et de la British Library pour le catalogage scientifique et la valorisation d’un ensemble remarquable de 800 manuscrits médiévaux enluminés du VIIIe au XIIIe siècle.

La contribution de la BnF aux programmes de recherche et développement menés avec le soutien de la Commission européenne s’est par ailleurs poursuivie en 2016 avec notamment les programmes Europeana Sounds et Europeana DSI (Digital Service Infrastructure) (cf. Un engagement européen toujours aussi résolu).

L’accueil de chercheurs et les bourses de recherche

La BnF accueille chaque année individuellement de nombreux chercheurs dans le cadre de deux programmes : le plus ancien (1978) permet d’accueillir pendant quatre ans d’anciens élèves des Écoles normales supérieures ; le second (2003, complété en 2013 avec la création du statut de « musicien chercheur associé ») s’appuie sur l’appel à chercheurs national lancé chaque année pour l’accueil de chercheurs associés et invités sur une durée de un à trois ans.

La mobilisation de mécènes permet de renforcer et de diversifier ces dispositifs d’accueil de chercheurs, avec l’attribution de bourses de recherche sur des thèmes spécifiques. Un soutien financier de 10 000 euros est accordé à trois chercheurs associés qui bénéficient du statut de chercheurs invités. Sept bourses de recherche ont été attribuées en 2016.

En 2016, la Bibliothèque accueillait ainsi 23 chercheurs individuels :

  • 3 chercheurs invités BnF ;
  • 1 chercheur invité Fondation Louis Roederer ;
  • 2 chercheurs invités Mark Pigott ;
  • 1 chercheur invité Claude Maillard ;
  • 1 chercheur invité Daniel Defert ;
  • 1 chercheur invité Prix de la BnF ;
  • 1 chercheur invité Labex les passés dans le présent ;
  • 1 chercheur invité Mark Pigott ;
  • 3 chercheurs associés 2016 ;
  • 4 chercheurs lauréats 2015 renouvelés ;
  • 3 chercheurs lauréats 2014 renouvelés ;
  • 2 chargés de recherches documentaires.

Les centres de recherche de la BnF

Le Laboratoire scientifique et technique de la BnF

Au fil de son histoire, la Bibliothèque a développé des techniques appropriées à sa mission de conservation. Aux activités de conservation curative traditionnelle et à la reliure, sont venues s’ajouter des activités nouvelles : la prévention et la préservation, la formation et la sensibilisation des personnels, la numérisation, la recherche et la veille technologique. Son laboratoire permet une véritable approche scientifique grâce au développement des méthodes d’analyse des matériaux, de leurs conditions de vieillissement et de dégradation.

Le laboratoire de la BnF mène une coopération active avec de nombreuses institutions nationales et internationales ayant compétence dans ce domaine. Il participe à l’activité de recherche de l’établissement, tant dans le cadre de projets coopératifs nationaux, de projets financés par des laboratoires d’excellence, que pour les besoins propres de la BnF, dans le cadre du plan quadriennal de la recherche ou pour répondre à des problématiques internes.

Le Centre d’étude et de publication des trouvailles monétaires

Grand département[4] pour la numismatique, le département des Monnaies, Médailles et Antiques s’est doté en 1978 d’un centre de recherche destiné à étudier, et éventuellement restaurer, les trésors monétaires et les monnaies de fouilles confiées au département. Le résultat des recherches est publié dans la revue spécialisée que la BnF publie depuis 1979, Trésors Monétaires. En 2016 est paru sous forme imprimée et électronique (http://books.openedition.org/editionsbnf/1554) le tome XXVI consacré aux trésors monétaires romains de France septentrionale au IIIe siècle de notre ère.

Le Bibli-Lab : le Laboratoire d’étude des usages du patrimoine numérique des bibliothèques (BnF / Télécom ParisTech)

La connaissance des usages en ligne du patrimoine numérique constitue un axe fort de la politique de recherche de la BnF, notamment grâce aux travaux de ce laboratoire créé en 2013 en partenariat avec l’école Télécom ParisTech, grande école spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication. Depuis sa création, le laboratoire a impliqué deux départements de Télécom ParisTech (Sciences économiques et sociales ; Traitement du signal et des images) et mobilisé 7 enseignants-chercheurs et 3 postdoctorants.

Deux nouveaux programmes de recherche ont été lancés en 2016 : « Mettre en ligne le patrimoine : transformation des usages, évolution des savoirs ? » (10 mois, avec le soutien du labex Obvil) et « Analyser les traces d’usage de Gallica » (16 mois, avec le soutien du TeraLab, projet ayant pour ambition d’accélérer la recherche et l’innovation dans le domaine numérique des données massives, à l’initiative de l’Institut Mines-Télécom et du GENES, le Groupe des Écoles nationales d’économie et de statistique). Ces deux programmes font appel à des méthodes d’observation et d’analyse innovantes : vidéo-ethnographie pour le premier, fouille de données et modélisation pour le second.

Des unités mixtes de recherche

Enfin, la BnF fait partie de deux unités mixtes de recherche (UMR) dont elle assure la co-tutelle : l’Institut de Recherche en Musicologie (IReMus, UMR 8223) et le Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL, UMR 7270).

4 Selon l'article R 422-1 du code du patrimoine, « les grands départements remplissent à la demande du responsable du service des musées de France à la direction générale des patrimoines, des missions d'étude, de recherche et de conseil dans le domaine de l'histoire de l'art et de la conservation des biens culturels. Ils remplissent en outre les missions relatives aux collections placées sous leur responsabilité. »