Les activités scientifiques et de recherche

La conduite de programmes de recherche en lien avec le patrimoine dont elle a la charge est l’une des missions fondamentales de la Bibliothèque. Cette activité à dimension nationale et internationale repose sur un réseau de partenaires issus du monde de la recherche et de l’enseignement supérieur. Elle prend corps dans la démarche scientifique de ses personnels, dans l’activité des chercheurs qu’elle associe à ses programmes et dans les partenariats qu’elle noue avec des laboratoires, grandes écoles, universités, instituts ou bibliothèques, français et étrangers. La BnF participe aux dispositifs d’excellence de la recherche française en prenant une part active aux appels à projets des LabEx et EquipEx. Afin de faire plus largement profiter la communauté scientifique des résultats de celle-ci et améliorer le signalement de sa production académique, la BnF s’est dotée d’un portail d’archives ouvertes au sein de l’archive ouverte pluridisciplinaire HAL (Hyper Article en Ligne).

Légende ci-après
© Emmanuel Nguyen Ngoc / BnF

Pour conduire sa politique scientifique, l’établissement est doté d’un conseil scientifique, présidé depuis 2015 par Antoine Compagnon, et d’un comité des programmes de recherche.

Parallèlement aux programmes de recherche collectifs ou individuels bénéficiant de subventions externes ou d’un financement, la BnF conduit au quotidien une intense activité de recherche dans les domaines où s’illustre le « cœur de métier » de l’établissement et de ses conservateurs, bibliothécaires, experts : science des bibliothèques, bibliographie, histoire du livre, de l’édition et des média, génétique textuelle, iconographie, numismatique, musique, cartographie, conservation, numérisation, métadonnées et accès aux documents, préservation des données numériques, etc.

La diversité des travaux scientifiques fait écho à la richesse des fonds et à l’éventail des compétences de ses personnels. L’expertise des personnels scientifiques se mesure à l’aune de leurs nombreuses publications d’ouvrages, la direction ou la contribution à des ouvrages collectifs, français et étrangers, la publication de nombreux articles, de comptes rendus de lecture, ainsi que des participations (commissariat, rédaction de notices) à des expositions extérieures. La valorisation des résultats des programmes de recherche prend ainsi la forme de publications imprimées (monographies et articles scientifiques), d’enrichissements de bases de données mais aussi de la participation à des colloques et journées d’études en France et à l’étranger. En plus de leur production scientifique (http://production-scientifique.bnf.fr/), les agents de l’établissement mènent également de nombreuses activités relevant des missions scientifiques autres que la recherche.

Depuis 2016, la BnF publie un carnet de recherche consacré à la recherche menée à la BnF sur la plateforme Hypothèses.org du Centre pour l'édition électronique ouverte : https://bnf.hypotheses.org/. Par ailleurs, la BnF a étoffé sa production d’ouvrages scientifiques au sein de son portail OpenEdition Books offrant 30 ouvrages électroniques (cf. Les éditions).

Les programmes de recherche subventionnés au niveau national

Le plan quadriennal de la recherche

Le plan quadriennal de la recherche constitue une part significative de l’activité de recherche au sein de la BnF. En 2017, le huitième plan de la recherche couvrant la période 2016-2019 s’est poursuivi. Il compte quatorze programmes :

  • Inventaire des incunables de l'Arsenal ;
  • Polices de caractères pour les inscriptions monétaires ;
  • Connaissance et valorisation de la collection Charles Cros : création d’un catalogue raisonné numérique ;
  • Tradition manuscrite et transmission iconographique : les manuscrits à peintures de Kalila wa Dimna à la Bibliothèque nationale de France ;
  • Évaluer l’espérance de vie de bandes magnétiques de stockage informatique ;
  • Les globes anciens conservés en France ;
  • Atelier-laboratoire sur les collections numériques ;
  • Amélioration automatique de l’OCR ;
  • Histoire de la BnF ;
  • Préfiguration d'un service de fourniture de corpus numériques à destination de la recherche ;
  • Pilote d'Interopérabilité des Autorités Archivistiques Françaises ;
  • Trouvailles monétaires ;
  • Bibliographie des éditions parisiennes du XVIe siècle ;
  • La Librairie des rois Charles V et Charles VI.

Les programmes financés par les Investissements d’avenir (CGI)

La BnF est impliquée dans cinq laboratoires d’excellence : ARTS-H2H (Arts et médiations humaines), CAP (Création, arts et patrimoines), PATRIMA (Patrimoines matériels, savoirs, patrimonialisation, médiation) et PP (Les Passés dans le présent) et OBVIL (Observatoire de la vie littéraire). En répondant aux appels à projets internes de ces laboratoires, la BnF peut conduire des programmes de recherche en collaboration avec les unités de recherche qui le constituent. Ainsi, pour l’année 2017, la Fondation des sciences du patrimoine soutient plusieurs projets impliquant la BnF :

Quant au LabEx CAP, ce sont deux projets impliquant la BnF qu’il a sélectionnés en 2017 :

Elle participe également à trois équipements d’excellence : BIBLISSIMA (Bibliotheca bibliothecarum novissima), PATRIMEX (Patrimoines matériels, réseau d’instrumentation multisite expérimental) et ORTOLANG (Outils et ressources pour un traitement optimisé de la langue).

Les programmes de recherche soutenus par l’Agence nationale de la recherche

Plusieurs programmes de recherche associant la BnF comme partenaire principal bénéficient des financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et impliquent d’autres institutions ou organismes de recherche. Pour l’année 2017, cinq programmes étaient en cours :

  • DOREMUS: DOnnées en REutilisation pour la Musique en fonction des Usages, porté par OUROUK, dans le cadre de l’AAP « Contenus numériques et interactions ». Le programme a sollicité une prolongation.
  • ECHO – Écrire l’histoire de l’oral (2014-2017), porté par l’UMR Atelier de recherche sur l’intermédialité et les arts du spectacle (ARIAS). Le projet s’est achevé en juin 2017.
  • HEMEF – Histoire de l’enseignement musical public en France au XIXe (1795-1914), porté par l’équipe Savoirs et pratiques du Moyen Âge au XIXe s. de l’EPHE. Le projet s’est achevé en juin 2017.
  • CURR – Cultures des Révoltes et Révolutions, porté par l’Université de Caen. Le projet s’est achevé en décembre 2017.

La BnF collabore par ailleurs avec les porteurs du projet ANR Transcultur@ qui projettent de réaliser un dictionnaire d’histoire culturelle transatlantique.

Au cours de l’été, l’ANR a publié les résultats de son appel à projets générique 2017. Deux projets impliquant la BnF ont été retenus. Il s’agit du :

  • projet SHAKK, Syrie : conflits, déplacements, incertitudes dans la catégorie "CE26 Innovation - travail" impliquant le département de l’Audiovisuel ;
  • projet FFL, Foucault Fiches de Lecture dans la catégorie "CE38 La Révolution numérique : rapports aux savoirs et à la culture" impliquant le département des Manuscrits.

L’activité de recherche et développement au niveau international

À l’échelle internationale, la BnF prend part à plusieurs programmes collaboratifs de recherche et développement comme par exemple : Corpus Vasorum Antiquorum (CVA), Sylloge nummorum sasanidarum. Signalons le mécénat exceptionnel de la Fondation Polonsky au bénéfice de la BnF et de la British Library pour le catalogage scientifique et la valorisation d’un ensemble remarquable de 800 manuscrits médiévaux enluminés du VIIIe au XIIIe siècle.

La participation à des projets européens de recherche constitue un axe central de sa stratégie en matière d’humanités numériques. Ainsi elle participe au projet NewsEye, retenu par la Commission européenne en 2017 sur le Programme Horizon 2020. Ce projet a pour objectif d’améliorer l’accès à la presse ancienne. Il s’appuie sur les résultats de projets antérieurs – en particulier Europeana Newspapers – en matière de reconnaissance optique de caractères, d’analyse de la structure des articles et de traitement multilingue des contenus. Il proposera une boîte à outils d’analyse à grande échelle des journaux numérisés quelle que soit la langue et la source.

La contribution de la BnF aux programmes de recherche et développement menés avec le soutien de la Commission européenne s’est poursuivie avec la fin du programme Europeana Sounds. Le projet a lancé un appel aux passionnés de musique pour recruter des médiateurs bénévoles susceptibles de mener à bien des opérations de valorisation numérique (création d’expositions virtuelles, écriture d’articles de blog, publication de playlists sur Soundcloud…).

France-Angleterre 700-1200, manuscrits médiévaux de la BnF et de la British Library, un programme de la Fondation Polonsky

L’accueil de chercheurs et les bourses de recherche

La BnF accueille chaque année individuellement de nombreux chercheurs dans le cadre de deux programmes : le plus ancien (1978) permet d’accueillir pendant quatre ans d’anciens élèves des écoles normales supérieures ; le second (2003, complété en 2013 avec la création du statut de « musicien chercheur associé ») s’appuie sur l’appel à chercheurs national lancé chaque année pour l’accueil de chercheurs associés et invités sur une durée de un à trois ans.

La mobilisation de mécènes permet de renforcer et de diversifier ces dispositifs d’accueil de chercheurs, avec l’attribution de bourses de recherche sur des thèmes spécifiques. Un soutien financier de 10 000 euros a été accordé en 2017 à des chercheurs associés qui bénéficient du statut de chercheurs invités.

Début 2017, la Bibliothèque comptait 24 chercheurs individuels sélectionnés dans des appels à projet antérieurs :

  • 3 chercheurs invités BnF : Coline Arnaud. « Analyser de l’influence des mutations économiques, sociales et politiques du tournant du siècle sur la pratique et la diffusion de la pâtisserie ». (Département Sciences et techniques / école doctorale CRIT / UVSQ - Université Paris Saclay) ; Morgane Vasta. « Les discours sur le roman adolescent ». (département Littérature et art-CNLJ / Université de Cergy) ; Manon Montier. « Étude et mise en valeur des collections de la bibliothèque à travers une sélection d’ouvrages illustrés du XIXème siècle autour du théâtre de Shakespeare ». (dép. Littérature et art / Université de Rouen).
  • 1 chercheur invité Fondation Louis Roederer : Audrey Leblanc. « Photographies de Mai 68 à la BnF. Recensement et étude de la constitution des collections sur Mai 68 à la BnF ». (dép. des Estampes et de la photographie).
  • 2 chercheurs invités Mark Pigott : Felix de Montety. « L’Asie centrale dans les collections du dép. des Cartes et Plans et de la Société de Géographie : archives et patrimoine matériel du regard français à l’âge des Empires ». (dép. des Cartes et plans) ; Isabelle Delorme. « Les récits mémoriels en bande dessinée ». (dép. Littérature et art-CNLJ).
  • 1 chercheur invité Claude Maillard : Hugues d'Alascio. « Les boîtes de dérivation » (dép. des Manuscrits / Université Paris Diderot).
  • 1 chercheur invité Daniel Defert : Arianna Sforzini. « Les archives Michel Foucault » (dép. des Manuscrits).
  • 1 chercheur invité Prix de la BnF : Susannah Ellis. « Naissance du code : genre, récit et soi autour des romans et essais de Michel Houellebecq ». (dép. Littérature et art).
  • 1 chercheur invité LabEx Les Passés dans le présent : Sébastien Bontemps. « Regards sur la ville : indexation et géolocalisation des vues topographiques de Paris dans les ressources du département des estampes et de la photographie ». (dép. des Estampes et de la photographie).
  • 3 chercheurs associés 2016 : Azaheh Nilchiani. « Inventaire transversal du fonds de l’IMEB ». (dép. de l'Audiovisuel) ; Florence Salanouve. « Le genre en Bibliothèque et l’approche genrée des bibliothèques à travers l’évolution des stratégies documentaires de la BnF ». (dép. Philosophie, histoire, sciences de l'homme) ; Clément Carpentier. « La Gazette des classes du conservatoire ». (dép. de la Musique).
  • 5 chercheurs lauréats 2015 renouvelés: Héloïse Aumaitre. « Étude et publication du trésor de Meydancıkkale ». (dép. des Monnaies, médailles et antiques / École doctorale 2, Paris Panthéon-Sorbonne) ; Jérémy Delmulle. « Les archives mauristes de Saint-Germain-des-Prés à la BnF ». (dép. des Manuscrits) ; Benjamin Frouin. « Travail sur la Collection Aristide Farrenc (Proposition 13 sur le fascicule p.17) ». (dép. de la Musique / Université Paul Valéry) ; Vincent Rollin. « Notre-Dame – Sainte-Madeleine : inventaire, exploitation scientifique et valorisation des fonds musicaux d’églises déposés à la BnF ». (dép. de la Musique / Université Jean Monnet) ; Camille Desenclos. « Naissance et essor de la cryptographie moderne (XVIe siècle - premier XVIIe siècle): valorisation et étude des fonds cryptographiques conservés à la Bibliothèque nationale de France ». (dép. des Manuscrits).
  • 3 chercheurs lauréats 2014 renouvelés : Sophie Gebeil. « Les archives web de la BnF, une source pour l’histoire des mobilisations mémorielles ». (dép. Philosophie, histoire, sciences de l'homme / Université Aix-Marseille) ; Diane Bouguennec. « Promouvoir la musique classique pour tous : contribution à l’étude de fonds de programmes de concerts français, de l’après-guerre aux années 60 ». (dép. de la Musique / Paris-Sorbonne) ; Vivien Sica. « Témoigner, émanciper : le cinéma de Lionel Soukaz ! » (dép. de l'Audiovisuel / Université de Paris Est Marne-la-Vallée).
  • 3 chargés de recherches documentaires : Morgane Avellaneda. « Chateaubriand, écrivain de presse : action et réaction médiatiques ». (dép. Droit, économie et politique / Université Jean Monnet (Saint-Etienne) ; Camille Riquier. « Inventaire et catalogage des ballets littéraires de Roland Petit et John Neumeier ». (dép. de la Musique / Université de Strasbourg) ; Anne Weddingen. « Catalogue des manuscrits grecs musicaux ». (dép. des Manuscrits / EPHE).

À la rentrée universitaire 2017-2018, la BnF a accueilli de nouveaux chercheurs sélectionnés au cours de l’été :

  • Chercheurs invités BnF : Azaheh Nilchiani. « Inventaire transversal du fonds de l’IMEB ». (dép. de l'Audiovisuel. Référent scientifique : Pascal Cordereix)
  • Chercheur invité Fondation Louis Roederer : Élise Voyau. « Revue amateur et livre de collection : la photographie japonaise des années 1960 et 1970 dans les collections de la Bibliothèque nationale de France ». (dép. des Estampes. Réf. scient. : Dominique Versavel)
  • Chercheurs invités Mark Pigott : Jean-Charles Ray, « “French Touch” - construction discursive ou réalité esthétique ». (dép. de l'Audiovisuel. Réf. scient. : Élodie Bertrand)
  • Chercheurs associés : Anais Ducardonnet. « La vidéo légère au sein de l'espace universitaire dans les années 1970 (le cas de l'université de Vincennes) » (dép. de l'Audiovisuel. Réf. scient. : Alain Carou) ; Elena Tislenko. « Les livres de l'avant-garde littéraire russe face à la censure : une odyssée éditoriale du xxe siècle ». (dép. Littérature et art. Réf. scient. : Françoise Hours) ; Fleur Hopkins. « Pour un inventaire du merveilleux-scientifique dans les collections de la BnF : diffusion des découvertes scientifiques par ses textes et ses images ». (dép. Sciences et techniques. Réf. scient. : Marie Boissière) ; Tommaso Zaccheo. « L'Œuvre de Planchon et de ses collaborateurs au Théâtre National Populaire de Villeurbanne ». (dép. Arts du spectacle. Réf. scient. : Patrick Le Bœuf) ; Claire Fonvieille. « Étude et valorisation des collections : élaboration et analyse des discographies raisonnées de J.-F. Paillard et Claudio Scimone ». (dép. de l'Audiovisuel. Réf. scient. : Pascal Cordereix) ; Anna Schivazappa. « Sonates « pour dessus instrumental » à la mandoline : le cas de Scarlatti ». (dép. de la Musique. Réf. scient. : François-Pierre Goy)

Les centres de recherche de la BnF

Le Laboratoire scientifique et technique de la BnF

La Bibliothèque a développé des techniques appropriées à sa mission de conservation. Aux activités de conservation curative traditionnelle et à la reliure, sont venues s’ajouter des activités nouvelles : la prévention et la préservation, la formation des personnels, la numérisation, la recherche et la veille technologique. Son laboratoire permet une véritable approche scientifique grâce au développement des méthodes d’analyse des matériaux, de leurs conditions de vieillissement et de dégradation.

Le laboratoire de la BnF mène une coopération active avec de nombreuses institutions nationales et internationales ayant compétence dans ce domaine. Il participe à l’activité de recherche de l’établissement, tant dans le cadre de projets coopératifs nationaux, de projets financés par des laboratoires d’excellence, que pour les besoins propres de la BnF, dans le cadre du plan quadriennal de la recherche ou pour répondre à des problématiques internes.

Le Centre d’étude et de publication des trouvailles monétaires

Grand département4 pour la numismatique, le département des Monnaies, médailles et antiques s’est doté en 1978 d’un centre de recherche destiné à étudier, et éventuellement restaurer, les trésors monétaires et les monnaies de fouilles confiées au département. Le résultat des recherches est publié dans la revue spécialisée que la BnF publie depuis 1979, Trésors Monétaires. Dans le cadre du plan quadriennal de la recherche, le projet en cours a pour ambition de doter les Trésors Monétaires d’une base de données qui permette de publier en ligne tous les trésors identifiés par le département. La création d’un démonstrateur dessinant l’architecture de la future base de données en XML/TEI5 est en cours, en partenariat avec le Pôle document numérique (PDN) et le Centre de recherches archéologiques et historiques anciennes et médiévales (CRAHAM) de l’université de Caen. L’intérêt du choix de ce format tient à sa flexibilité : le PDN a depuis plusieurs années développé avec succès la TEI éditoriale qui permet, à partir d’un unique entrepôt de données, de développer des formats d’édition aussi divers qu’une base de données, un site internet ou une édition imprimée. Elle permettra à Trouvailles monétaires de conserver la possibilité d’éditions imprimées des trésors les plus remarquables tout en donnant accès aux trésors plus communs sur la base de données, l’ensemble reposant sur une unique saisie des informations. Le dispositif du plan quadriennal, après avoir financé la publication de la collection imprimée, permet au programme de mener son virage vers une édition électronique.

Le Bibli-Lab : le Laboratoire d’étude des usages du patrimoine numérique des bibliothèques (BnF / Télécom ParisTech)

La connaissance des usages en ligne du patrimoine numérique constitue un axe fort de la politique de recherche de la BnF, notamment grâce aux travaux de ce laboratoire créé en 2013 en partenariat avec l’école Télécom ParisTech, grande école spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication. Le laboratoire a mobilisé une trentaine de personnes, professionnels de la BnF et chercheurs de Télécom ParisTech, croisant de manière inédite les compétences et les disciplines (sociologie, science des données, bibliothéconomie, etc.). Il a permis de mettre en œuvre des méthodes innovantes pour étudier les usages des publics en ligne (apprentissage automatique ou machine learning, cartographie du web, vidéo-ethnographie, etc.) ; et de conduire cinq programmes de recherche communs, dont deux ont reçu le soutien de laboratoires d’excellence (Les Passés dans le présent, Obvil) et un de la plateforme de services « big data » Teralab.

À l’automne 2017, s’est achevé un travail inédit de 19 mois conduit par Adrien Nouvellet, postdoctorant à Télécom ParisTech, sur les logs de connexion à Gallica (cf. Les publics de Gallica) et data.bnf.fr, afin de modéliser les comportements des usagers en ligne. Quatre enseignants-chercheurs de Télécom ParisTech, issus de deux départements (Image, données, signal et Science économiques et sociales), ont assuré l’encadrement scientifique, en dialogue constant avec les équipes de la BnF. Cette approche innovante des usages par les modèles statistiques vient compléter les données d’enquête, en prenant en compte l’ensemble des sessions, y compris hors-normes et furtives. Elle permet d’objectiver les parcours-types des usagers (pour Gallica : entrée ou non par la page d’accueil, usage ou non du moteur de recherche, temps passé à consulter, télécharger, etc.) et éclaire de manière inédite les logiques de rebonds entre Gallica, data.bnf.fr et BnF catalogue général.

Ce travail est une première pour la BnF, mais aussi pour le monde des bibliothèques. Il a déjà fait l’objet de plusieurs présentations en France et à l’étranger. Une journée d’étude, organisée par la BnF, le LabEx Obvil et Télécom ParisTech, le 3 mai 2017 intitulée Quels usages aujourd’hui des bibliothèques numériques ? Enseignements et perspectives à partir de Gallica a permis de présenter une synthèse de ces travaux à plus de 200 professionnels des bibliothèques, chercheurs et représentants d’institutions patrimoniales.

Des unités mixtes de recherche

Enfin, la BnF fait partie de deux unités mixtes de recherche (UMR) dont elle assure la co-tutelle : l’Institut de Recherche en Musicologie (IReMus, UMR 8223) qu’elle héberge par ailleurs au sein du bâtiment Louvois et le Laboratoire Ligérien de Linguistique (LLL, UMR 7270). Signalons que le Laboratoire ligérien de linguistique co-dirigé par Pascal Cordereix, chef du service Son du département de l’Audiovisuel, a vu son agrément CNRS renouvelé en 2017 suite à l’évaluation par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES).

[4] Selon l'article R 422-1 du code du patrimoine, « les grands départements remplissent à la demande du responsable du service des musées de France à la direction générale des patrimoines, des missions d'étude, de recherche et de conseil dans le domaine de l'histoire de l'art et de la conservation des biens culturels. Ils remplissent en outre les missions relatives aux collections placées sous leur responsabilité. »

[5] Extensible Markup Language / Text Encoding Initiative.

Le Comité d’histoire de la Bibliothèque nationale de France

Le Comité d'histoire de la Bibliothèque nationale de France a été créé en mars 1999, afin de conserver, de mettre en valeur et de partager la mémoire commune de l’institution. Ses productions étant de moins en moins nombreuses, la BnF a décidé de procéder à sa rénovation. Le champ d’étude sur la Bibliothèque a été élargi : il intègre l’histoire des collections, des traitements bibliothéconomiques (classification, catalogues, conservation, numérisation…), de ses publics et usages, de ses architectures et sites, de son organisation et de son administration, de ses personnels, de sa relation avec ses tutelles et le pouvoir… Il s’intéresse aux périodes anciennes, comme à la période contemporaine. Il accueille volontiers des travaux comparatifs, des mises en perspectives globales sur l’institution bibliothèque. Il ne néglige pas les questions de représentations sociales et d’imaginaire, en s’intéressant aussi aux éventuelles œuvres de fiction.

Le Comité a été doté d’un conseil scientifique composé de personnalités du monde de la culture, de l’université et de la recherche (Michelle Bubenicek, directrice de l’École nationale des chartes ; Bernadette Dufrêne, professeure Université Paris 8 ; Ariane James-Sarazin, conservatrice du patrimoine ; Jean-Yves Mollier, professeur Université Saint-Quentin-en-Yvelines ; Pascal Ory, professeur Université Paris 1 ; Yann Potin, conservateur aux Archives nationales ; Dominique Varry, professeur à l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques), de sorte à favoriser la contribution d’un nombre plus grand de chercheurs extérieurs et d’étudiants. Il est désormais présidé par la présidente de la BnF.

Dans le cadre de l’appel à chercheurs 2018-2019, la BnF a mis en jeu une bourse jusqu’à 10 000 euros pour encourager la recherche sur des projets courts de classements d’archives liés à l’histoire de l’établissement. Les sujets proposés portent principalement sur l’époque contemporaine.

Le projet « HISTBNF : Histoire de la BnF », inscrit dans le cadre du plan quadriennal de la recherche 2016-2019, a permis de doter le Comité d’histoire de la BnF d’une plateforme pour diffuser et valoriser ses travaux, susciter des partenariats universitaires et dynamiser son activité. Ce site a été développé en 2017 pour une mise en ligne en début d’année 2018. Il s'accompagne de la production d'une lettre d'information pour les personnes intéressées par l'histoire de la Bibliothèque depuis ses origines.

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