Les collections Rothschild dans les institutions publiques françaises

Le programme « Les collections Rothschild dans les institutions publiques françaises », démarré en 2006, est arrivé au terme de son activité de recensement pour aboutir à une phase de publication et valorisation de ces travaux de recherche.

Légende ci-dessous
Chansonnier cordiforme de Jean de Montchenu
BnF, département des Manuscrits

Conduit par l’INHA, en partenariats avec le musée du Louvre, la BnF et le Service des musées de France, il a permis le recensement et l’étude des œuvres d’art issues des collections de la famille Rothschild. Outre le répertoire de toutes les donations de la famille Rothschild entrées dans les institutions publiques françaises de 1873 à nos jours, le programme avait pour but de permettre l’accès à l’ensemble de ces dons grâce à un portail, dont la réalisation a été confiée à l’INHA. Ce programme a bénéficié de l’engagement et du soutien de la famille Rothschild.

Des collections remarquables

Le portail http://collections.rothschild.inha.fr/ établit la cartographie des 120 000 œuvres d’art données par la famille Rothschild à plus de deux cents institutions publiques toutes géolocalisées. Présentant les biographies des donateurs et dresse l’arbre généalogique de la famille Rothschild, il donne surtout accès par des liens aux différents inventaires disponibles en ligne comme BnF archives et manuscrits, le catalogue général et la base Médailles et antiques de la BnF, mais aussi les bases des autres établissements comme Joconde, Agorha, la base des arts graphiques du Louvre ainsi que la base Museum+ du Louvre. Outre les collections des principaux partenaires du projet, la base répertorie également environ 6 000 notices d’œuvres de la Villa Ephrussi de Rothschild de Saint-Jean-Cap-Ferrat et quelque 500 notices se référant à la salle des curiosités de la Fondation nationale des arts graphiques et plastiques (FNAGP, ancienne Fondation Salomon de Rothschild). Réunir ces inventaires présentant tous des formats de description spécifiques, et les enrichir, a été un véritable défi, relevé et atteint.

Sur les 120 000 œuvres issues de la famille Rothschild, plus de 25 750 documents de toute nature – livres, dessins, gravures, autographes, manuscrits, médailles – relèvent des collections de la BnF. En vue d’un meilleur signalement de ces collections, des chantiers de correction et de rétroconversion ont été conduits. Le personnel scientifique des différents départements accueillant des collections Rothschild a également signé des contributions remarquées sur ces collections. Peuvent ainsi être citées celles sur les albums de photographie légués à la Bibliothèque, sur le legs de la baronne Adèle, sur les collections d’autographes d’Henri de Rothschild ou encore sur les manuscrits de la donation de la baronne Salomon de Rothschild. Néanmoins, une part des collections échappe au signalement en ligne, surtout des objets (monnaies, fers à dorer), pour lesquels n’existent que des inventaires internes.

Rencontres et publications

Ce portail se veut aussi un outil de valorisation de ces collections et présente des sélections d’œuvres accompagnées de notices détaillées, en lien avec l’actualité culturelle. Le 24 novembre, s’est tenue une rencontre à l’INHA, permettant aux chercheurs impliqués dans ce programme, parmi lesquels des scientifiques de la Bibliothèque, de présenter chacun une œuvre phare des collections qu’ils avaient étudiées.

Dans le même temps paraissait une volumineuse somme en trois importants volumes coédités par le musée du Louvre, la BnF et les éditions d’art Somogy. Cet ouvrage propose une vision synthétique des collections rassemblées par les différentes générations de la famille, tout en remettant en perspective chaque don. Ces trois volumes consacrés à ce mécénat artistique hors du commun témoignent de la diversité et de la pluralité des goûts et des choix des différents collectionneurs et en offrent un panorama chronologique. L’ouvrage est lauréat du prix Bernier 2016, décerné par l’Académie des Beaux-Arts.

Les caractéristiques de ce programme montrent que la recherche en histoire de l’art a besoin de se déployer dans un temps long. Surtout, ses résultats illustrent de manière exemplaire, les liens entre l’exigence de la publication scientifique des résultats de la recherche et la nécessité de leur large diffusion dans le public.