De World of Warcraft à Paris Games Week : à la BnF, le patrimoine est aussi ludique !

Objet culturel inventif et populaire, le jeu vidéo a fait son entrée dans les collections de la BnF il y a près de 25 ans par l’extension du dépôt légal aux documents multimédias. Cette mission de collecte et de conservation du patrimoine vidéoludique restant méconnue, le département de l’Audiovisuel a mené en 2016 des opérations de valorisation destinées à favoriser l’utilisation des collections tant par les chercheurs que par un public plus large à qui une offre est destinée en Haut-de-jardin et à enrichir ces collections.

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Paris Games week
© Guillaume Murat

4 min 12 s

Le jeu vidéo à l'honneur

La société Blizzard Activision a sollicité la BnF pour accompagner la sortie le 31 août 2016, de la nouvelle extension Legion de son jeu mondialement connu (près de 12 millions de joueurs) World of Warcraft. Le collectif d’artistes ARTtitude a réalisé, sur une des tours du site François-Mitterrand, un affichage aux dimensions inédites de l’un des personnages emblématiques du jeu, Illidan. Le département de l’Audiovisuel a vu dans cette sollicitation l’occasion de valoriser ses activités autour des jeux vidéo. Grâce à un partenariat fructueux avec ARTtitude et Blizzard, des actions ont pu être conduites en synergie, durant une semaine, dans les espaces tous publics de la Bibliothèque : exposition sur WoW organisée par Blizzard, distribution de posters des principaux personnages du jeu édités ARTtidude, live painting, table ronde avec des chercheurs et des fans du jeu dont la chanteuse Juliette qui préside le fonds d’aide au jeu vidéo du CNC. Le département de l’Audiovisuel a exposé une sélection de jeux anciens d’héroic fantasy, thématique propre au jeu de Blizzard. Il était proposé aux visiteurs de jouer à certains de ces jeux, soit sur console pour les plus récents, soit en émulation pour les plus anciens, principe adopté par la BnF pour garantir une consultation pérenne. L’ensemble de l’opération a connu un retentissement important au travers, notamment, des réseaux sociaux dans les milieux des joueurs qui ont pu découvrir le rôle de la BnF dans ce secteur.

À la rencontre des professionnels et des joueurs

La Paris Games Week, l’un des principaux salons grand public de jeux vidéo en Europe (près de 300 000 visiteurs), a constitué un second temps fort des opérations de communication de l’année 2016. En effet, pour l’instruction d’un nouveau décret destiné à mieux encadrer le dépôt légal des documents numériques, la BnF a rencontré, au printemps 2016, le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), par ailleurs organisateur de la Paris Games Week. Le SELL a proposé à la BnF de participer à ce salon qui s’est tenu du 27 au 31 octobre. Durant cinq jours, les équipes du département de l’Audiovisuel se sont relayées pour tenir un stand avec le renfort de personnels d’autres composantes de la BnF, en particulier le Centre national de la littérature pour la jeunesse (CNMJ). Afin de valoriser le savoir-faire de la BnF en matière d’émulation, les nombreux visiteurs pouvaient jouer à des titres anciens emblématiques et découvrir, via Gallica, une exposition virtuelle des consoles conservées au sein de la collection Charles Cros du département de l’Audiovisuel. Des jeux étaient également exposés sous vitrines pour présenter la richesse et la diversité des supports entrés à la BnF ainsi que son expertise en matière de conservation. Deux jeux concours ont été organisés, l’un via les réseaux sociaux permettant de remporter des entrées au salon, l’autre dans le salon lui-même pour faire gagner des cartes annuelles d’accès aux espaces du Haut-de-jardin et aux expositions assorties d’une visite des espaces dédiés à la conservation et à la consultation du patrimoine vidéoludique.

La participation de la BnF à ce salon a créé la surprise et a bénéficié d’une couverture médiatique exceptionnelle : reportage au journal de 20 h de TF1, interviews et chroniques diffusées sur RTL et France culture… Parallèlement, les réseaux sociaux, blogs, fils Twitter et comptes Facebook se sont fait largement l’écho de cette présence.

La Paris Games Week – et en particulier son espace Jeux made in France – mais aussi la Game Connection, salon professionnel organisé simultanément, ont permis des rencontres fructueuses avec de multiples éditeurs et studios de création, avec d’autres institutions – Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), Cité des sciences et de l’industrie – ou associations de rétrogaming ainsi qu’avec des écoles de jeux vidéo présentes sur le salon.

À l’automne 2016, afin de faire connaître ses activités aux acteurs du jeu vidéo indépendant, le département de l’Audiovisuel a également participé à deux manifestations plus ciblées : les Indie games play organisés par le Syndicat national des jeux vidéo (24 et 25 octobre, intervention de présentation du dépôt légal) et la première édition, en novembre, au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), du festival IndieCade Europe qui célèbre les meilleurs jeux indépendants de l’année.

Le succès de ces opérations de visibilité a largement contribué à positionner la BnF comme un acteur majeur de la conservation du patrimoine vidéoludique. Avec 15 000 titres, elle est détentrice de la première collection publique de jeux vidéo en France, collection qui, grâce principalement au dépôt légal, s’accroît d’environ 1 000 titres chaque année. Ce fonds est accessible en rez-de-jardin (salle P) à toute personne faisant une recherche dans ce domaine. Une sélection de titres récents mise à disposition des joueurs sur PC, consoles et tablettes est également acquise pour le Haut-de-jardin (salle A), et régulièrement enrichie.