Fantastique ! Les estampes présentées à Paris et à Bordeaux

Cette exposition concentre le regard sur une production d’un genre très symptomatique du début du XIXe siècle. En effet l’estampe fantastique constitue, à bien des égards, une forme de réaction romantique au magistère de la raison – qu’il s’agisse du positivisme ou du rationalisme industriel. Ce volet sombre permet paradoxalement d’éclairer l’ambivalence du XIXe siècle en présentant quelques-uns des chefs d’œuvres du genre conservé dans les collections du département des Estampes. L’itinérance que cette exposition a suscitée, du Petit-Palais à Paris (du 30 septembre 2015 au 16 janvier 2016) au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux (du 29 juin au 26 septembre 2016), est tout à fait exemplaire du dispositif de valorisation des collections et ce sous quatre aspects :

Légende ci-dessous
Araignée par Odilon Redon (estampe)
Gallica / BnF
  • Valorisation scientifique des collections, puisque, à travers cette anthologie de l’estampe thématique, la BnF opère une coupe transversale dans la production du premier XIXe siècle en mettant en relief le rôle majeur que les techniques de l’estampe en noir et blanc ont pu jouer dans l’invention d’un langage « fantastique ».
  • Valorisation à Paris et en région des collections nationales. Cette exposition, présentée à Paris au Petit-Palais, a ainsi touché un grand public, bien supérieur en nombre à celui auquel elle s’adresse dans ses sites habituels : 100 000 visiteurs. Avec l’itinérance à Bordeaux (12 000 visiteurs) – ville où Redon est né et où Goya est mort – l’exposition a réalisé la vocation territoriale de la BnF et a permis de nouer un lien nouveau avec une institution avec laquelle il n’y avait pas eu encore de collaboration.
  • Valorisation éditoriale par le catalogue publié par la BnF à l’occasion de cette exposition qui reproduit une centaine de pièces choisies parmi les plus emblématiques, dépassant le propos de l’exposition pour embrasser l’ensemble des artistes « fantastiques » du XIXe et de faire des focus particuliers sur les grands noms du romantisme français. Réimprimé, le tirage est de 8 000 exemplaires.
  • Valorisation financière puisque ces deux expositions ont donné lieu à des conventions commerciales.